Le Devoir – Le 12 juin 2010 – Sylvain Cormier/Jacques Grenier
Diane Tell revient au jazz… via Vian
Sylvain Cormier – Le Devoir – Photo : Jacques Grenier
En France, on s’étonne qu’elle s’adonne à de vieux airs de jazz francisés façon Boris: la belle dame de Biarritz demeure dans les mémoires la groupie de La Légende de Jimmy, ou alors la star de Marilyn Montreuil, et de temps en temps la joaillière de bijoux pop — Désir, plaisir, soupir en 1996, Popeline en 2005. Ici, Diane Tell est à jamais la Diane Fortin qui descendit de Val-d’Or à Montréal pour chanter Les Cinémas-bars, et son nouveau disque de standards à la Vian ressemble à s’y méprendre à des retrouvailles. Que célébrera le spectacle aux Francos dimanche, en doublé avec Andrea Lindsay. Jasette jazzy.
Dans les entrevues, en France, depuis la sortie ce printemps de son Docteur Boris & Mister Vian, Diane Tell s’amuse bien: on lui cause jazz comme si c’était sa nouvelle passion. Virage jazz ici, escapade jazz là, c’est partout l’aventure jazz qui s’ajoute à la carrière pop. Ainsi perçoivent-ils ce disque délicat et délicieux, où Diane Tell manie un peu beaucoup à la manière Diane Tell jazzy cool de ses débuts des standards de jazz américains tels qu’adaptés en français par le prolifique Vian à la fin de sa vie, laissés en plan à la mort dudit et redécouverts au fin fond d’un recueil de textes de chansons. Perception qui s’explique: ils ne savent pas, pour la Diane Tell jazzy cool des débuts. Leur Diane Tell commence après.
«C’est drôle, hein? Ce n’est pas dans leur connaissance de Diane Tell. À l’époque où j’ai démarré en France [à l'aube des années 80, dans la foulée de Si j'étais un homme], c’est en tant que chanteuse. C’est comme si j’avais laissé mon passé de musicienne au Québec.» Petite bruine de regret dans le ton. «Tu sais, il y a beaucoup de gens qui me demandent encore qui a écrit Si j’étais un homme. Alors, c’est certain, ça les surprend, ce disque de jazz chanté. Pour eux, je suis passée de la variété au jazz.»
Chez nous, l’impression aux premières mesures de Je voudrais encore être amoureuse (I Wish I Were in Love Again) est instantanément familière et empreinte d’affection. Cette Diane Tell chantant Vian jazzant yankee, c’est la nôtre. Celle que nous avons d’abord connue, et connue les premiers. La Diane Tell de Gilberto, des Cinémas-bars, la radieuse jeune femme à la guitare en bandoulière des premiers albums. La revoilà, trois décennies plus tard, bouclant la boucle et renouant avec son jazz. La même, en mieux. «J’ai travaillé ces chansons pendant trois ans, elles font partie de moi. Même quand j’étais dans J’me voyais déjà [la comédie musicale des chansons d'Aznavour, créée à l'automne 2008], je répétais l’après-midi sur ce répertoire-là. Jusqu’à l’obsession. Il fallait absolument que j’aille au bout de ce projet…»
Puisque c’est non, c’est oui
Le projet, au départ: un album de jazz en français. Nougaro, Legrand, Jonasz? Rien ne l’inspire, surtout pas les chansons connues des uns et des autres. «J’ai cherché, cherché.» Dans sa bibliothèque, le recueil des textes de chansons de Vian l’attend. Avec sa poignée de titres jamais enregistrés par personne. Elle en avait déjà pris un, Toi qui a pris mon coeur, My One and Only Love. «Je l’avais chanté la dernière fois à Montréal, en 2005, tu te souviens?» Oh si. À nouveau s’éprendre d’elle, avais-je chapeauté le papier. «Ce qu’il y avait d’intéressant avec ces chansons, c’est précisément l’absence de référent. J’avais juste à prendre les paroles de la main gauche, et les mélodies et musiques de la main droite. Et les rapprocher au maximum… de moi.»
Voilà bien la réussite. On jurerait du Diane Tell. Même quand les mots les plus violemment Vian lui sortent de la bouche — «C’est ça, moi sans toi / Un viol sans vioque / Un roll sans rock», dans Moi sans toi —, elle les caresse, c’est la Doris Day en elle qui veut ça. De sorte qu’un autre Vian émerge tout doucement, tendre envers et contre lui-même: le docteur Boris du titre de l’album. Les arrangements, très discrets, jazz classique tout en retenue avec l’extraordinaire Laurent de Wilde au piano, accentuent encore cette impression de… dénuement. «Je n’avais pas le droit de me planter. J’essayais de m’imaginer qu’il était là dans le coin, qu’il me disait d’épurer au maximum. J’ai essayé de ne pas faire trop mon intéressante!»
Du Vian inconnu au bataillon, donné en quartet jazz de base, avec Diane en catimini: en effet, pas de quoi se rendre intéressante auprès des compagnies de disques. «Je l’ai présenté partout, ce disque, et partout on l’a refusé. La politique, c’est: les grands succès. Alors tout le monde a repris Fais-moi mal, Johnny! pour les 50 ans du décès de Vian, l’an dernier. Pas moi.» Et puisque c’était non partout, ça allait être oui quand même. Coûte que coûte. «Je l’ai produit avec mes p’tits sous. Exactement comme je le voulais. C’est peut-être pour ça qu’on a l’impression de retrouver celle que j’étais à mes débuts. Je défends ce que je suis.»
Et c’est à Maisonneuve qu’elle retournera dimanche, pour défendre Docteur Boris & Mister Vian. «Ma première grande salle! La salle de mon premier gros show, avec Uzeb, et Toulouse dans les choeurs. Alors, t’imagines le plaisir! C’est sûr que je vais aller chercher loin dans mon répertoire. Je veux que les gens capotent…»
DOCTEUR BORIS & MISTER VIAN
Diane Tell
Tuta – Statik
lire dans le contexte ici
P.S. la version papier est magnifique, annoncée en une, l’article de Sylvain et la photo de Jacques en pleine page du cahier culturel… impressionnant… mon dad qui lisait le Devoir tous les jours depuis toujours aurait été fier de sa petite fille. En arrière plan, la salle Maisonneuve de la Place des Arts.












Vrai, La photo est maginfique.
Puisque nous sommes dans le Journal du Devoir, en cette édition du samedi 12 juin, à la section Tourisme, il y a également un article:
S’accrocher aux basques:
http://www.ledevoir.com/loisirs/voyage/290687/s-accrocher-aux-basques
Il y a aussi l’article dans le Journal La Presse à lire:
Vian Vian, Diane Tell, Revient le Jazz.
http://www.cyberpresse.ca/arts/musique/201006/12/01-4289381-diane-tell-via-vian-revient-le-jazz-.php
Très bon article de Cormier, belle entrevue de Brunet. Feront-ils une critique aussi ? Nous verrons. Est-ce que Brunet en parlera sur son blogue demain ?
C’est à voir. Dommage que l’émission Fréquence Libre ne soit plus là, l’après-midi on aurait pu y entendre Cormier parler de l’album.
Très belle photo de Jacques Grenier. Le Devoir est vraiment un beau journal. La version papier est bien faite et tous les articles pratiquement sont bien écrits. Malgré, cette préférence, je l’achète occasionnellement. Mon journal de tous les jours était La Presse et maintenant c’est sur Cyberpresse.
Pour d’autres versions faites, elles ne sont pas toutes nommées mais le but d’un article de journal n’est pas d’en faire la recensement…
J’oublie l’adresse du site ou les recherches qu’on avait faites ici on notamment par Nadine…
Catherine Caps, le grand orchestre du Splendid.
http://boris-vian.net/fr/liste.html
SUPER ! Ils ont mis À JOUR CE SITE et on voit DIANE TELL… Quand elle est la seule nommée là c’est vraiment une.
Et je crois aussi que ce site super bien fait ne comporte pas toutes les versions en anglais et pour en français, il y a peut-être un oubli ou bien il faudrait pousuivre notre recherche.
Bon mais c’est du travail d’ARCHIVISTES ou de chercheurs. Ou de fans comme nous qui prenons parfois le temps mais sans en faire un site.
Ah je croyais à un oubli mais c’est une lecture rapide de ma part pour »Voyage au Paradis » c’est bien Maud (…) et c’est spécifié Grand Orchestre du Splendid à côté…
C’est parce qu’on se souvient l’avoir vue sur MusicMe par un lien peut-être donné par Nadine, je ne me souviens plus…
Tiens retournons-y :
http://www.musicme.com/Le-Grand-Orchestre-Du-Splendid/albums/J%27suis-Snob-!—Un-Voyage-Au-Paradis-Avec-Boris-Vian-3259119869023.html?play=16
Très amusante, leur version mais très différente. Vraiment, à mon goût, Diane est de loin et de beaucoup supérieure. Mais ils sont agréables, j’imagine bien cela dans un Festival de jazz et dans le programme léger dehors pour se mettre dans l’ambiance… Un bon divertissement léger et agréable et avec du beau monde dehors…
Mais DIANE… Diane… Icône populaire mais talent exceptionnel… Il faut que les gens y REVIENNENT pour voir cela… Et TOUS de tous les milieux et goûts… Le bonheur ou le soleil c’est POUR TOUT LE MONDE…
Cormier parlait de la perception comme passant du jazz à la variété…
Mais moi à écouter Le GOS c’est de la variété cela. Alors qu’une Vanessa Paradis c’est de la pop. Sur les définitions des mots on ne s’entend pas d’un pays à l’autre mais bien plus que cela d’une personne à l’autre.
Jazz-pop, jazz-vocal, jazz-fusion, jazz accessible, jazz pur il y en a beaucoup de termes…
Jazz-crooner…
Jazz-variétés aussi… Pour moi les Américains n’étaient pas loin de la variété souvent. Et au départ c’est issu souvent de comédies musicales. Là c’était très variété.
Les chansons ont plusieurs dimensions mais nous nous serons propulsés je ne sais dans quelle dimension demain… Le dimension du bonheur suprême… Du moins pendant un instant c’est certain et beaucoup de joie à venir…
Bonjour
J’ai acheté ton CD à Bordeaux lors de mon passage cette semaine.
Vraiment, je suis conquise. Félicitations Diane!
Quelle belle ambiance! Rue de la Flemme, J’en ai marre de l’amour, mes chansons favorites………
Prochain rdv sur les Plaines d’Abraham en juillet.
A+
Voir petit video avec Diane au lien suivant:
http://fr.video.canoe.tv/video/divertissement/arts-et-culture/2045321001/une-chanson-pourdiane-tell/91353028001
Une chanson pour…Diane Tell
11 jun 2010, 11:42
De Frédéric Perreault
Canoe.ca rencontre quelques artistes présentés aux Francofolies 2010 pour savoir quelles sont les meilleures chansons assurer le contexte musical de certaines situations. Diane Tell nous confie ses choix.
Musique
Docteur Boris & Mister Vian
Le coup de foudre de Diane Tell
Vanessa Guimond / 7Jours
2010-06-08 15:51:40
Diane Tell © Daniel Auclair
C’est un véritable trésor qui est tombé entre les mains de Diane Tell, au début des années 90, lorsqu’elle a découvert une foule de chansons inédites signées par le célèbre auteur Boris Vian. Celle qui affirme être d’abord «restée scotchée» à la pièce My One and Only Love (Toi qui as pris mon coeur), qu’elle joue sur scène depuis 1995, a décidé de consacrer son plus récent album aux textes de Vian, tous composés sur des standards de jazz américain.
«Les autres chansons de Vian me sont revenues en tête que plus tard, explique-t-elle. En 2007, j’ai eu vraiment envie de faire un album de jazz, en français, et comme je ne trouvais pas ce qu’il me fallait comme répertoire, j’ai décidé de me replonger dans mon bouquin de Vian. Ç’a été une révélation.»
Lancé en novembre dernier dans l’Hexagone, où la chanteuse a élu domicile il y a plus de 20 ans déjà, l’album baptisé Docteur Boris & Mister Vian comprend 11 pièces, dont la fameuse Toi qui as pris mon coeur, le premier coup de foudre de l’artiste.
«C’est cette pièce qui m’a amenée à me lancer ce projet, même si je les aime tous finalement, confie-t-elle. Tout me plaît dans ces chansons, car ce ne sont pas des poèmes chantés. Ce sont des textes qui ont été écrits pour aller avec des mélodies magnifiques et qui sonnent bien. C’est pour cette raison que je n’ai pas enlevé un mot, ni même ajouté une virgule à ce qu’a écrit Vian.»
Ne se contentant pas de présenter uniquement ses chansons sur disque, l’auteure-compositrice-interprète foulera les planches du Théâtre Maisonneuve de la Place des arts le 13 juin prochain, dans le cadre des FrancoFolies de Montréal.
«Afin que les gens puissent bien se plonger dans l’univers de l’album, mes musiciens et moi allons le jouer en entier. Nous allons assumer complètement le concept du disque et allons même présenter deux autres pièces de ce répertoire qui ne sont pas sur l’album, explique-t-elle. Pour ce qui est de mes anciennes chansons, je vais essayer d’en jouer quelques-unes. Comme je ne veux pas présenter un spectacle dilué, je les ferai en bonus si le temps nous le permet.»
Diane Tell fera le voyage entre la France et le Québec à deux autres reprises cet été, puisqu’en plus de se produire dans le cadre des FrancoFolies, elle sera du spectacle d’ouverture du Festival d’été de Québec, le 8 juillet, ainsi que des célébrations entourant les 75 ans de Val-d’Or, le 14 août.
«Nous allons voir comment va réagir le public, car je ne sais pas ce que sera la suite. Je n’ai pas encore de projets en tête. Il faut dire qu’avec le temps, je suis devenue de plus en plus perfectionniste et “difficile” dans mes choix, conclut-elle. De toute façon, même s’il a été lancé en France en novembre, cet album est encore tout neuf dans mon esprit. Je suis encore vraiment dedans.»
L’album Docteur Boris & Mister Vian est en vente dès maintenant.
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On parle souvent dans le milieu des retombées économiques engendrées par les Festivals ou les artistes… Mais nous qui sommes formés selon une autre école, ne croyons pas à cela ou à cette méthode calcul. Par contre, pour les externalités, les effets externes positifs. METTEZ-EN !!!
Tiens, Le Journal Le Devoir, qui est mon préféré mais d’occasion comme un genre de luxe ou petit plaisir. Je viens de l’acheter ce soir comme je le fais environ une fois par deux ou trois mois mais là je l’ai acheté plus tôt pour Diane… Et tiens étant de BONNE HUMEUR. Je me suis acheté, une bière d’Unibroue que je vais boire un peu plus tard cette semaine…
Et c’est Diane qui fait profiter ces commerçants là, bien sûr. Il y a leurs produits qui sont bons mais aussi le bonheur de Diane et du concert de demain…
Donc c’est un bien public, nos artistes et nous les adorons, surtout Diane dans notre cas mais plusieurs autres. Je me demande s’ils seront nombreux dans la salle ? Nous verrons bien.