12 mars 2013

DIANE TELL – BIO AUTOMNE 2013

Diane Tell – Bio d’automne

Des débuts

diane au conservatoire

au conservatoire de Val d’Or, Québec

Si vous avez eu l’occasion d’assister à l’un de ses tout derniers spectacles en solo au Québec ou en France, vous connaissez l’histoire de ses débuts de musicienne. Tout sourire, entre deux chansons, Diane Tell raconte au public attentif les heureuses circonstances qui ont mené la petite Québécoise d’Abitibi sur le chemin de ses premiers succès d’artiste auteur-compositeur-interprète.

Diane Tell « Un ami de mon père, Edgard Davignon, désirait fonder un conservatoire de musique à Val d’Or où nous habitions. Dans mon souvenir, il lui fallait un minimum de 26 élèves pour réaliser son rêve. Mes frères et moi avons été élus d’office « élèves fondateurs » de cette toute petite école de musique installée au sous-sol du poste de police ! J’y ai étudié le violon quelques temps mais n’aimais pas ça… En revanche, j’adorais mon professeur Luis Rebello qui décela chez moi un don pour la musique et m’encouragea à changer d’instrument et à poursuivre mes études musicales. Ma première guitare entre les mains, je me suis mise à écrire et à composer des chansons. À 17 ans, j’avais déjà créé une cinquantaine de pièces originales avant d’entamer l’enregistrement de mon tout premier album. »

Le Kamouraska 1978Au Québec, le jazz a maintenant une voix : celle de Diane Tell ! Ce petit bout de femme aux superbes yeux verts est une disciplinée qui croit à l’effort soutenu. Elle écrit les paroles et la musique de ses chansons depuis l’âge de douze ans. Le sérieux avec lequel Diane entreprend sa carrière nous permet de bénéficier d’une musique et d’arrangements aptes à soulever l’attention du grand public par leur qualité…

80’s – Entre nous, En flèche, Chimères, On a besoin d’amour, Faire à nouveau connaissance, Dégriff’moi.

diane tell 1985

1985 photo : Bettina Rheims

Le Devoir – 1981 – Nathalie Petrowski Nommée découverte de l’année mais aussi auteur-compositeur de l’année au Gala de l’ADISQ l’automne dernier (pour l’album Entre nous), Tell devint ce jour-là l’enfant chérie de l’industrie. Ses prix et plus particulièrement son titre de meilleur auteur-compositeur de l’année souleva néanmoins un certain scepticisme dans le milieu, non pas celui des producteurs mais celui des musiciens et des artistes qui ont mal digéré qu’une jeune débutante vole la vedette et les honneurs à des institutions comme Gilles Vigneault et Jean-Pierre Ferland.

Pis encore, Diane Tell remporta à nouveau l’année suivante ce même prix « d’auteur-compositeur » de l’année et ceux de meilleur album, meilleure chanson et meilleure interprète féminine pour « En Flèche » où figure la chanson « Si j’étais un homme »!

Un tel succès ne peut être accompagné que d’éloges. Après la sortie de son quatrième album « Chimères » et les incontournables et très nombreux concerts qui suivirent, Diane Tell partit s’installer en France, pour une année sabbatique, où elle vit encore aujourd’hui.

Les albums, les concerts à l’Olympia de Paris et les collaborations se succèdent. Diane compose sur les textes d’auteurs choisis comme Françoise Hardy, Boris Bergman, Maryse Wolinski et Maryline Desbiolles

90’s – La légende de Jimmy, Marilyn Montreuil, Désir Plaisir Soupir.

diane tell et jerome savary

1992 Avec Jérôme Savary – photo : Diane Tell

La décennie démarre fort en France pour Diane avec « deux coups de théâtre » ! Elle décroche les rôles principaux dans deux nouvelles comédies musicales mises en scène par Jérôme Savary : « La légende de Jimmy » (Berger/Plamondon) et « Marilyn Montreuil » (Savary/Tell) dont elle signe la musique. Plus de 300 représentations sont données au théâtre Mogador pour Jimmy, à Chaillot et en tournée pour Marilyn. De quoi satisfaire une envie de s’exprimer à travers des spectacles portés par des troupes d’acteurs, de musiciens et de chanteurs exceptionnelles.

Le Monde – 1990 – Danièle HeymannRock requiem pour JimmyJérôme Savary met en scène « La Légende de Jimmy », de Michel Berger et Luc Plamondon, une évocation de James Dean, funèbre et belle. Le spectacle a une force qui finit par emporter une adhésion, une émotion un peu lentes à s’installer. Les interprètes sont très bien. Diane Tell, (la fan), ronde et rose, tient la note avec une santé d’airain, et l’Américaine Nanette Workman, un peu raide, un peu méchante fée, un iris noir, est ravissante. Le plus étonnant : Tom Novembre en clergy-man-récitant. Glabre, inquiétant, racé, il impose sa présence, son timbre de catacombes… Des lyrics efficaces, sensibles, une musique confortable où pour l’instant rien ne dépasse. Pas de tube à l’horizon. Sans doute faut-il attendre que le disque soit enregistré, que les radios le « matraquent »… Ce qui déjà éclate, c’est la qualité des éclairages de Jacques Rouveyrollis, la densité nostalgique des toiles hyperréalistes de Guy Peellaert, l’extraordinaire énergie funèbre de la mise en scène de Jérôme Savary.

Diane Tell a Chaillot

1992 Diane Tell à Chaillot dans Marilyn Montreuil – Costume : Mine Barral Vergez – photo : Pascal Béjean

Le Canard enchaîné – 1991 – Bernard Thomas – Marilyn MontreuilRavissante idée que de raconter les mésaventures d’une Marilyn des faubourgs, l’une de ces mômes à la guitare qui rêvent d’Hollywood et de coucher avec le Président, dans l’arrière-salle d’un bistro, aux puces de Montreuil, parce qu’elles ont une jolie frimousse et un charmant filet de voix. Diane Tell est, en effet, ravissante, sa blondeur prend la lumière et son sourire pétille. Le portrait qu’en trace l’auteur-metteur en scène, patron des lieux (Chaillot), est d’ailleurs aussi alléchant que véridique : « C’est vrai qu’elle ressemble à Marilyn, mais à une Marilyn raccourcie, comme si elle avait été compressée par César… »

Après trois ans de travail intense au sein de ces grands spectacles/hommages aux mythiques James Dean et Marilyn Monroe, Diane Tell retourne chez elle au pays basque et surtout revient à l’écriture et à la composition pour « Désir Plaisir Soupir ». Cet album sera enregistré à Londres où elle fera la connaissance d’un musicien exceptionnel, Robbie McIntosh (ex membre du groupe The Pretenders et guitariste de Paul McCartney) avec lequel elle se liera d’amitié et travaillera sur plusieurs projets pour la scène et en studio.

Diane Tell Biarritz 1995

1995 photo : David Scheinmann

Le Devoir – 1996 – Sylvain Cormier – Faire à nouveau connaissance avec Diane Tell - Quand je dis et redis autour de moi qu’il faut absolument écouter « Désir Plaisir Soupir », que ce disque est l’un des plus forts de l’année, qu’il propose un rarissime et ravissant mélange de sensibilité toute latine et de brillante musique pop à la britannique, on fait la moue. Diane Tell ? La (maudite) Française ? Si je voulais vous encourager, je vous dirais qu’elle a renoué sur cet album avec la guitare. Chez nous, c’est entendu, on l’a aimée qu’avec une six-cordes entre les mains, comme au temps de « Gilberto » et « Si j’étais un homme ». Mais bon, au fond, je m’en fous. Frappez-la d’ostracisme si vous voulez. Mais si vous osez écouter l’album, je vous défie de ne pas succomber à ces mélodies, à ces arrangements, à cet exquis quatuor de cordes, à cette voix impossiblement douce à travers laquelle tout passe sans qu’il n’y paraisse, à cette exploration systématique de l’aventure amoureuse qui va de la joie pure à la souffrance indicible. C’est trop réussi. Trop beau. Trop juste.

Voir – 1996 – Laurent Saulnier – La traversée du désir – Éviter « Désir Plaisir Soupir », c’est passer à côté d’un des meilleurs disques parus cette année, tous pays confondus. C’est bouder son plaisir de la chanson pop à son meilleur…

Les années 2000 – Tout de Diane, Popeline, Les Louves sur France Inter, Je m’voyais déjà, Docteur Boris & Mister Vian.

diane tell popeline 2005

2005 – photo : Mélanie Elbaz

« Tout de Diane » (2003), un best of qui aura comme de bien entendu le succès réservé aux compilations gonflées de hits, « Popeline » (2005), un nouvel album de chansons originales réalisé par elle dans les meilleurs studios de Londres, avec ses talentueux amis anglais Robbie McIntosh et Pino Palladino, « Les Louves » (2006), une émission de radio sur les ondes de France Inter, « Je m’voyais déjà » (2008), nouveau premier rôle dans une comédie musicale de Laurent Ruquier d’après les chansons d’une légende vivante, Charles Aznavour, et enfin l’album « Docteur Boris & Mister Vian » (2009) dont le répertoire n’est autre que l’adaptation française par l’écrivain Boris Vian de quelques-uns des plus grands standards de jazz américains… Que dire de plus en une décennie ? Que rêver de mieux pour une artiste ? Qu’attendre d’autre de celle qui continue d’étonner par ses choix, de surprendre par sa ténacité et d’innover dans sa manière d’aborder le métier d’artiste-producteur ?

Le Point – 2003 – Patrick Besson – Toute Diane TellLes septième, huitième et neuvième titres – « Savoir » (1984), « Faire à nouveau connaissance » (1986) et « Je pense à toi comme je t’aime » (1988) – sont mes préférés. Trois discours tendres et déstructurés sur la condition humaine féminine depuis dix mille ans. « Et c’est comme si/T’avais moins envie. » J’aime aussi beaucoup : « Faire à nouveau connaissance / À Montréal ou à Paris. » C’est simple et neigeux comme deux vers posthumes de Pouchkine retrouvés sur une lettre d’amour du poète écrite en français. L’important, dans une chanson, c’est la quantité de désir et la densité du chagrin. La nostalgie compte aussi pas mal. Impossible d’écouter Diane Tell sans penser aux êtres qu’on a perdus par notre faute. C’est toujours notre faute quand on perd quelqu’un, comme les cartes de crédit. Le manque d’attention !

Voir – 2005 – Carlo Sancho – Quoi de 9Diane Tell, après neuf ans d’absence, refait surface avec « Popeline », un superbe album concocté à la maison, dans le Sud de la France, et finalisé dans plusieurs studios, dont le mythique Abbey Road. Si certains chanteurs désirent être omniprésents dans les palmarès et les médias, Diane Tell, elle, préfère s’accorder du temps pour la réflexion, pour sa vie privée et surtout pour la réalisation du meilleur album possible. Elle refuse de décevoir ou de se décevoir, joue sa vie sur chacun de ses disques. Si son nouvel opus était prêt depuis déjà longtemps, son perfectionnisme a fait qu’elle l’a revu jusqu’à en être satisfaite, d’où l’interminable attente infligée à ses fans malgré la sortie d’un best of et la réédition de ses anciens disques pour les faire patienter.

Télérama – 2006 – Anne-Marie Gustave – Tell QuelleDiane Tell anime « Les louves », sur France Inter, pendant l’été. Depuis juillet, armée de son seul micro, Diane Tell chasse « Les louves », des femmes qui attrapent la vie avec leurs crocs et leurs griffes, et surgissent où on ne les attend pas. Des Fanny Ardant, Bianca Li, chorégraphe, Claire Gibault, chef d’orchestre, Miss Kittin… (45 femmes en tout). Spontanée et blagueuse avec ses invitées, la chanteuse casse les codes de l’interview. Chaque jour, elle trouve une idée qui colle à la personnalité de son invitée, imite Arletty ou les speakers hurlants des shows américains. Et elle conçoit cette émission comme une expérience artistique, un coup de projecteur sur sa vedette… Ses interlocutrices, mises en confiance, livrent des confidences très différentes de celles recueillies par les porteurs de micro professionnels. Diane Tell casse les codes. Elle conserve les bruits parasites – et même une conversation téléphonique pendant l’enregistrement de Martine Monteil à la PJ. Elle pose des questions saugrenues, affiche sa jubilation et, surtout, n’hésite jamais à dévoiler des anecdotes intimes. Et cela passe auprès des auditeurs comme une lettre à la poste. Sans doute parce que, aux yeux du public, elle est avant tout une artiste, l’immarcescible interprète de « Si j’étais un homme », la star de plusieurs comédies musicales. Toujours est-il que l’animatrice des Louves a transformé ses « lacunes » en marque de fabrique.

Diane Tell au Gymnase

2008 Diane Tell au Gymnase dans J’ m’voyais déjà – Costume : Mine Barral Verges- photo : Tony Franck

France soir – 2008 – Pour une première, c’est une réussiteAu théâtre du Gymnase, « Je m’voyais déjà »… a donné sa première représentation. Diane Tell et les autres chanteurs ont été ovationnés… Les spectateurs qui sortent du théâtre semblent ravis du moment qu’ils viennent de passer. « C’était génial, j’ai adoré », lance une femme. « Ca va faire un carton », s’exclame un autre. On peut leur opposer le fait qu’avec des chansons de Charles Aznavour, que tout le monde connaît, c’était gagné d’avance. Pas si sûr, c’était surtout le meilleur moyen de rencontrer un cuisant échec. En effet, il est tout de même question d’un monstre sacré de la chanson française. Or cette comédie musicale joue la modernité. Elle met en avant les différences (origine, physique, orientation sexuelle, âge…) de la société actuelle. Et surtout ce sont de jeunes talents qui entourent Diane Tell pour interpréter les classiques du maître… À noter la magnifique présence de Diane Tell qui encadre tous ces jeunes. Son retour dans une comédie musicale est un vrai bonheur.

Libération – 2009 – Bruno Pfeiffer – Diane chante Vian tel queUn météore a explosé la surface tranquille de la lune : son dernier disque “Docteur Boris et Mister Vian”. Le travail enduit de baume les oreilles, puis le reste de la carcasse. C’est tout simplement extra… Un régal. Vian n’aurait sans doute pas hésité à applaudir « Rue de la flemme ». Quel concentré de swing relâché! Quel modèle de grande chanson (tour de force de la traduction)! Pourquoi  citer seulement  le savoureux « Voyage au Paradis » ? Les onze valent le coup. Le disque passe comme un remède à l’imbécillité de la période actuelle… La profondeur légère de l’interprétation s’offre comme un cadeau. Les chorus de Laurent de Wilde, huit ou seize mesures maxi, ne goinfrent pas la mise en place. La complicité de l’ensemble se ressent du respect flagrant que se portent les artistes. Le prochain qui me classe Diane Tell dans la variété, je l’enjoins : jazzons les idées préconçues.

A lire aussi : Alain Brunet, Concert à la place des arts, Sylvain Cormier, et plus et un peu plus

Depuis 2010 – Rideaux ouverts, Jamais su, Les duos improbables, Brel, En continu, Michèle, Histoire de novembre, Une, Passé simple…

 

DIANE TELL LA PRESSE PAPIER

2011 – en concert Salle Glenn Gould à Toronto – photo : Serge Fortin

Sucrepop – 2011 – Rideaux ouvertsUne petite vignette sonore en introduction où on l’entend fredonner, avant de passer aux choses sérieuses et d’office, ça cogne sec. «  En pointillé », pop song redoutablement efficace, son meilleur titre depuis des lustres. Le son est plus sec, moins sophistiqué qu’à l’accoutumée, mais cela lui sied bien… Diane semble délaisser le son de la vieille Europe pour laisser l’Amérique du Nord prendre le pas et ce changement d’atmosphère donne un coup de fouet bienvenu à son inspiration… « Je sais bien qu’un jour », cette fois non fredonné, futur probable classique de Miss Popeline, au texte émouvant. Les textes d’ailleurs, tournent tous, peu ou prou autour de l’amour et ses différentes déclinaisons. Au final ces rideaux s’ouvrent sur une bien jolie oeuvre, la collaboration avec les Canadiens a revigoré Diane qui nous propose l’un de ses meilleurs disques et à coup sûr l’un de ses plus équilibrés. La légère touche country/rock lui va comme un gant, sa voix est de plus en plus belle…

Le Point – 2012 – Patrick Besson – Chanteuses de charmes Diane Tell est l’intello du showbiz franco-canadien. Elle a commencé dans le jazz, aimé Nabe et chanté Vian. Elle a écrit plusieurs chansons immortelles, ce qui doit faire un drôle d’effet, comme si on entrait de son vivant dans la postérité. Il y a des moments où on doit avoir l’impression de se réveiller dans une tombe. Raison pour laquelle, à la fin du siècle dernier, Diane a eu besoin du grand air de Biarritz ? Surfer n’est pas jouer. « Rideaux ouverts » est l’album de son retour au Canada, en Abitibi exactement. Ne me demandez pas où c’est, j’ai une dent contre les Canadiens : ils descendent toujours mes livres. C’est peut-être parce que mon grand-père avait un bordel à Vancouver. Il y a dans  « Rideaux ouverts » une gaieté brusque et un vague abandon. L’amour vécu laisse des rides légères sur les mots et on marche sur les notes comme sur des oeufs. On entend la délicatesse peureuse de l’âge mûr, qui précède la décontraction absolue de l’âge mort.

En 2010, Serge Fortin et Diane Tell font connaissance à Val d’Or pour les célébrations du 75ème anniversaire de la ville témoin de leur enfance. Ce qui devait être une collaboration éphémère s’est transformé en traversée au long cours de la scène musicale des deux côtés de l’océan. De ces bords tirés à quatre mains naît un album de chansons enregistré à Montréal. À peine sorti en France « Rideaux Ouverts », Diane rencontre par le biais de complices bien inspirés, le DJ/créateur et performer Olaf Hund. Elle lui propose de remixer « En Pointillé », lui donne un enregistrement de sa voix et carte blanche. Le résultat est absolument irrésistible. « En Pointillé » devient « En continu » avec ses trois versions délirantes « Berlin », « Milano » et « Buenos Aires ». La décennie amorcée sous le signe de la collaboration se poursuit de rencontres en rencontres. « Jamais su » d’Anodajay, chanson construite autour du refrain de son succès « Souvent Longtemps Énormément », s’est hissée jusqu’à la première place des palmarès radio et télé pour la vidéo. Diane retrouve Boris Vian sur « L’amour en cage » enregistrée avec l’artiste Dumas pour l’album « Les duos improbables ». Elle chante « Michèle » auprès de Gérard Lenorman pour son album québécois « Les duos de mes chansons ». Elle participe à l’hommage à Brel à la maison symphonique de Montréal avec de nombreux artistes québécois, un spectacle qui partira en tournée en 2014. Elle réalise avec son complice Serge Fortin « Histoire de novembre », premier extrait d’un album à paraître et se lance avec bonheur dans la réalisation de vidéoclips. Trois films ont vu le jour depuis l’été 2012. Enfin, en 2013 sort l’album « Une », une douzaine de chansons de son répertoire interprétées en solo, guitare-voix, comme elle le fait sur scène depuis « Gilberto « jusqu’à « Une », chanson inédite, écrite tout spécialement pour l’album.

Diane Capt Bardenas S

2013 Sur le tournage de Une dans le désert des Bardenas (Espagne) – photo : Diane Tell

Diane Tell « UNE fois pour toutes, je l’ai fait cet album en solo, ce retour sur quelques-unes de mes plages sans l’harmonieuse compagnie de musiciens. Pour UNE fois, je suis partie sans équipage aux alentours de mon île enchantée y prendre l’air de mes chansons pour leur offrir un autre souffle.

Le traitement d’ UNE chanson, l’arrangement musical, la qualité sonore d’un instrument, la couleur d’un effet, voilà tout ce qui souvent donne le ton d’UNE époque. Débarrassées de leur costume de style, les chansons prennent une tout autre tournure, tantôt profonde, tantôt légère.

Pourquoi UNE ? Parce que la voix d’UNE seule femme et le son d’UNE seule guitare se sont unis pour ne faire qu’ UNE. Parce que le mot UNE est l’anagramme de Nue. Parce qu’aucun Anglo-Saxon n’arrive à prononcer correctement cette syllabe. Parce que j’aime la forme que prennent les lèvres quand on dit UNE. »

Blog – Francis Hebert – mai 2013 – Epurée Il y aurait plusieurs raisons de passer à côté du nouvel album de Diane Tell qui sort sur les tablettes ces jours-ci, mais déjà disponible en numérique depuis fin mars. Ce serait une erreur de le louper, car il est d’une grande beauté, même pour ceux qui n’ont, jusqu’à présent, jamais été touchés par son univers. Là, en enregistrant cet opus en solo, avec juste sa guitare et sa voix, elle nous touche plus que jamais.

L’épure convient bien à certains artistes, tel William Sheller ou Jean-Claude Darnal. En solitaire, certains peuvent faire des miracles d’émotion. Diane Tell y parvient ici. Elle reprend plusieurs morceaux de son répertoire dont les classiques Gilberto qui salue la bossa-nova et Si j’étais un homme. Elle chante du Vian, Aznavour ou Françoise Hardy.

C’est d’une justesse, d’une pureté, d’une délicatesse…

Passé Simple – Best Of + inédits – sortie prévue le 14 octobre 2013

Quelques mois seulement après la sortie de l’album Une, porté par un délicat single éponyme et un clip tourné en Espagne, Diane Tell prépare sa rentrée avec une compilation qu’elle a pensée de bout en bout. Le 14 octobre, l’artiste québécoise, dont personne n’a pu oublier le Si j’étais un homme, publiera Passé simple, un best of qui ne se contente pas de seulement compiler ses plus belles chansons, mais qui en révèle aussi les petits secrets… Des secrets nichés entre un Brésil rêvé, le Québec natal, Londres, Paris et Biarritz.

Si j’étais un homme reste la chanson la plus célèbre de Diane Tell. Dans le livret qui accompagne Passé simple, l’artiste raconte pourtant que les premiers pas du titre dans ce monde n’ont guère été commodes : « Au début des années 80, je fus choisie par Radio-Canada pour représenter mon pays au Festival International de la Chanson Française de Spa en Belgique. [...] C’est pour participer à cet événement outre-Atlantique que j’ai écrit Si j’étais un homme. Échec critique, la chanson fut éliminée au premier tour mais connut, par la suite, un extraordinaire volte-face en devenant de loin la chanson la plus diffusée, reprise, vendue, et toujours appréciée du public de tout mon répertoire. » Histoire classique d’une chanson mal-aimée qui devient un classique. D’autres sont plus étonnantes. Diane Tell raconte par exemple son « arrogance non voulue » face à Michel Berger qui souhaitait lui offrir un rôle dans la production canadienne de Starmania. Lors d’une rencontre, elle lui répond : « Si tu écris un jour un nouveau spectacle, Michel, je suis ton homme ! » Berger lui fera alors chanter La Légende de Jimmy, un autre de ses tubes, dans la comédie musicale inspirée de l’idole James Dean.

Coldplay et Côte d’Azur

Au fil des anecdotes, en filigrane, se dessinent les doutes, les joyeuses surprises, les voyages et les inspirations, une rencontre savoureuse avec « l’astrologue Françoise Hardy« , la bossa nova (le titre Gilberto), la pop anglaise (Reprenons du départ est une adaptation d’une chanson de Coldplay, The Scientist), et deux nouveaux départs. Diane Tell a réarrangé deux chansons de son répertoire. C’est le cas de Je pense à toi comme je t’aime qui ouvre l’album. Diane Tell raconte qu’elle a composé rapidement la musique pour ce très beau texte de Maryse Wolinski. Nous sommes en 1988 sur la Côte d’Azur, Diane n’habite pas encore Biarritz. Mais une fois en studio, impossible de faire renaître la magie. C’est donc la maquette « avec toute la fraîcheur et les défauts propres aux premiers jets » que l’on entend sur l’album Dégriff’moi (1988). Avec le pianiste Vincent Réhel, Diane Tell lui donne un nouvel écrin d’une grande douceur, qui souligne parfaitement la voix plus mûre de son interprète. Un petit bijou à redécouvrir dont on entend un extrait dans le teaser de Passé simple.

Rendez-vous

Après avoir participé au spectacle de son ami Laurent Ruquier, intitulé Je m’voyais déjà, autour des chansons de Charles Aznavour, Diane Tell a rendu hommage à Vian – Docteur Boris & Mister Vian (2009) – puis écrit et composé deux albums originaux – Rideaux ouverts (2011) et Une (2013). Passionnée de photographie et de voyages, elle appuie sur le déclencheur aussi naturellement que ses mains courent sur sa guitare.

Pour célébrer à quelques mois d’intervalle les sorties de Une et Passé Simple, elle remontera sur scène à Paris au Théâtre de la Traversière le 30 novembre. Diane sera accompagnée du quatuor à cordes Hermès. « Ils sont fabuleux ! Quatre superbes musiciens qui méritent l’attention, nous écrit Diane Tell. « Ils gagnent tous les concours auxquels ils participent dans le monde merveilleux de la musique classique ! C’est un honneur qu’ils aient accepté de m’accompagner pour ce concert unique ! »

Albums studio

Premier Album (1977)

Entre Nous (1979)

En Flèche (1980)

Chimères (1982)

On a besoin d’amour (1984)

Faire à nouveau connaissance (1986)

Dégriff’-moi (1988)

La légende de Jimmy (1990) album multi-artistes

Marilyn Montreuil (1992)

Désir Plaisir Soupir (1996)

Popeline (2005)

Docteur Boris & Mister Vian (2009)

Rideaux ouverts (2011)

Une (2013)

Affiche Album W

Compilations et rééditions

Paris/Montréal – Ses plus belles chansons (1987) Polygram

Collection Or et Double Collection Or (1992) Sony

Morceaux Choisis (1993) Sony Music

Tout de Diane (2003) BMG

Les 7 premiers albums en version CD (2003) BMG

Souvent longtemps énormément – Coffret (2007-2009) Sony

Original Album Classics – Coffret 5 CD (2009) Sony

Passé simple – Best of plus inédits (octobre 2013) IDOL – Celluloïd Rue Stendhal

Duos qui ne sont pas dans la discographie de Diane Tell

L’amour en cage – en duo avec Dumas (2012) extrait de l’album « Les duos improbables »

Histoire de novembre – en  duo avec Serge Fortin (2012) extrait de l’album « Gaspille une nuit » (à paraître)

Michèle – en duo avec Gérard Lenorman (2012) extrait de l’album « Duos de mes chansons… au Québec »

Récompenses

Félix du meilleur auteur compositeur (1980)

Félix du meilleur espoir (1980)

Félix de la meilleure chanson pour Si j’étais un homme (1981)

Félix du meilleur album pour En Flèche (1981)

Félix du meilleur auteur compositeur (1981)

Félix de l’interprète de l’année (1981)

Juno Awards interprète de l’année (1981)

Midem Awards interprète de l’année (1982)

Victoire de la musique pour l’album francophone de l’année avec Faire à nouveau connaissance (1986)

Scènes (principales)

1977 : Débute à l’Évêché de Montréal

1980 : La Place des Arts de Montréal

1982 : Le Théâtre Saint-Denis

1983 : L’Olympia de Paris

1986 : L’Olympia de Paris

1986 : Le Spectrum de Montréal

1989 : L’Olympia de Paris

1996 : Le Spectrum de Montréal

2003 : Le Palais Royal

2003 : Les FrancoFolies de Montréal au Club Soda de Montréal

2003 : Le Théâtre du Petit Champlain à Québec

2005 : Les FrancoFolies de Montréal au Spectrum

2005 : Le Cabaret Music-Hall à Montréal et tournée En Solo mais pas Single

2005 : Le Grand Théâtre de Québec

2006 : L’Européen de Paris

2010 : Les FrancoFolies de Montréal à La Place des Arts de Montréal

2012 : L’Astral, festival Montréal en lumières

2012 : Tournée du Roseq, Festival d’été, Québec

2012 : Les FrancoFolies de Montréal, grande scène.

2013 : Ne me quitte pas – hommage à Jacques Brel, Place des arts, Montréal – en tournée en 2014

2013 : Le grand bizou – hommage à Félix Leclerc, Grande scène du quartier des festivals, Montréal

Comédies musicales

1990 : La Légende de Jimmy de Michel Berger et Luc Plamondon, mise en scène Jérôme Savary, Théâtre Mogador (1990-1991) – 100 représentations

1991 : Marilyn Montreuil, de Jérôme Savary et Diane Tell – interprète et compositeur (1991-1992)

2008 : Je m’voyais déjà, de Laurent Ruquier autour du répertoire de Charles Aznavour – interprète (2008-2009)

Radio

Les Louves sur France Inter, 45 émissions (concept, production, animation) (2006)

Liens

Diane Tell sur ITunes

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19 décembre 2011

Mise en ligne aujourd’hui 19 décembre 2011 de presque tout de Diane !

Nous sommes vraiment heureux de vous annoncer la sortie « mondiale » aujourd’hui de tous mes albums et de quelques formats nouveaux sur toutes les plates-formes numériques. Mise à part au Canada ou l’album « Rideaux ouverts » est déjà disponible, celui-ci sera disponible en France (Europe) à partir du 6 mars, date de la sortie physique de l’album.

30 août 2008

Tout de Diane… Rappel

Si vous trouvez encore de mes albums dans les bacs c’est que vous habitez une grande ville…. Sachez qu’il n’existe plus que Tout de Diane et Popeline au catalogue Sony/Bmg… Pour le fun, je poste la publicité qui est passé à la télé au Québec… avec l’accent c’est top ! Le film est plutôt joli et la compilation est toujours disponible….

01 janvier 2005

Patrick Besson – Toute Diane Tell

Patrick Besson

(Ecrivain)

Toute Diane Tell

L’album « Tout de Diane « (BMG) s’ouvre sur une superbe version acoustique de « La légende de Jimmy », paroles de Luc Plamondon et musique de Michel Berger. J’étais allé voir à Mogador, « La légende de Jimmy », en 1991. Le spectacle ne marchait pas, je me suis dit que ça devait être bien. En effet, ça m’a beaucoup plu. La mise en scène funèbre de Berger annonçait sa mort, comme la chanson « Le paradis blanc ». F… était assise à côté d’un gros type qui lui faisait du genou. C’est de là que date ma manie, au spectacle, de placer toujours la fille qui m’accompagne au bout d’une rangée. Il y en a qui se plaignent, protestent qu’elles voient mal. Je fais celui qui n’entend pas.

Le deuxième titre « Souvent longtemps énormément » est de Diane Tell, paroles et musique. Il a été créé en 1981, dans l’album « Chimères ». C’est beau, de ne pas vieillir. Chance réservée aux grands livres et aux bonnes chansons. Tous les films vieillissent, même les meilleurs. Les tableaux c’est pareil. C’est parce qu’on les regarde. Le regard abîme, et à la fin il tue. C’est pour ça qu’il ne faut pas faire de télé.

« Si j’étais un homme » (1980). Vingt-trois ans n’ont pas passé sur cette ballade – cette ballade ? – d’une femme qui, par une étrange déformation de la nature, aime les hommes et veut les rendre heureux. C’est une plainte sérieuse, intelligente et romantique. Quelle force il faut pour créer, ne serait-ce qu’une fois dans sa vie, une œuvre qui touche tout le monde pour toujours.

Les septième, huitième et neuvième titres – « Savoir » (1984), « Faire à nouveau connaissance » (1986) et « Je pense à toi comme je t’aime » (1988) – sont mes préférés. Trois discours tendres et déstructurés sur la condition humaine féminine depuis dix mille ans. « Et c’est comme si / T’avais moins envie. » J’aime aussi beaucoup : « Faire à nouveau connaissance / A Montréal ou à Paris. » C’est simple et neigeux comme deux vers posthumes de Pouchkine retrouvés sur une lettre d’amour du poète écrite en français. L’important, dans une chanson, c’est la qualité de désir et la densité du chagrin. La nostalgie compte aussi pas mal. Impossible d’écouter Diane Tell sans penser aux êtres qu’on a perdus par notre faute. C’est toujours notre faute quand on perd quelqu’un, comme les cartes de crédit. Le manque d’attention ! « Je pense à toi comme je t’aime » raconte une amitié qui a un peu trop viré à l’amour, ce qui arrive souvent quand on embrasse son meilleur pote sur la bouche. Ça doit être la chanson gay culte de Montréal. Pourquoi les Canadiens français perdent-ils leur accent quand ils chantent ? Cela aurait-il un sens fondamental, genre : le chant est universel ?

Dans cette exquise compilation, où passe en 71 minutes et 8 secondes toute la vie d’une femme et où surtout son œuvre tendre, délicate et nouvelle est rassemblée dans ce qu’elle a de meilleur, une curiosité : « Les cinémas-bars », une chanson tirée du premier album de Diane, inédit en France (1978). C’était l’époque où elle faisait du jazz. Où elle était pure, comme me l’ont dit une fois des Québécois rencontrés en voyage. Elle a eu raison d’arrêter. Par la suite, elle a fait du Diane Tell, ça lui allait mieux. Cette fille est plus guitare que trompette ou saxophone. Il faut qu’on puisse entendre, quand elle chante, les battements de son cœur gros. C’est une chanteuse abandonnée, fière comme d’Artagnan. Provinciale et sportive, elle dure. J’ai déjeuné avec elle il y a quelques années en compagnie de l’homme qu’elle aimait. C’était en face de l’Olympia. Elle avait pris place à côté de sa guitare, nous laissant, à Nabe et à moi la banquette.

11 février 2004

Le Point – Patrick Besson / Tout de Diane 2003

Le Point
Jeudi 13 mars 2003

Toute Diane Tell
Patrick Besson

L’album « Tout de Diane « (BMG) s’ouvre sur une superbe version acoustique de « La légende de Jimmy », paroles de Luc Plamondon et musique de Michel Berger. J’étais allé voir à Mogador, « La légende de Jimmy », en 1991. Le spectacle ne marchait pas, je me suis dit que ça devait être bien. En effet, ça m’a beaucoup plu. La mise en scène funèbre de Berger annonçait sa mort, comme la chanson « Le paradis blanc ». F… était assise à côté d’un gros type qui lui faisait du genou. C’est de là que date ma manie, au spectacle, de placer toujours la fille qui m’accompagne au bout d’une rangée. Il y en a qui se plaignent, protestent qu’elles voient mal. Je fais celui qui n’entend pas.

Le deuxième titre « Souvent longtemps énormément » est de Diane Tell, paroles et musique. Il a été créé en 1981, dans l’album « Chimères ». C’est beau, de ne pas vieillir. Chance réservée aux grands livres et aux bonnes chansons. Tous les films vieillissent, même les meilleurs. Les tableaux c’est pareil. C’est parce qu’on les regarde. Le regard abîme, et à la fin il tue. C’est pour ça qu’il ne faut pas faire de télé.

« Si j’étais un homme » (1980). Vingt-trois ans n’ont pas passé sur cette ballade – cette ballade ? – d’une femme qui, par une étrange déformation de la nature, aime les hommes et veut les rendre heureux. C’est une plainte sérieuse, intelligente et romantique. Quelle force il faut pour créer, ne serait-ce qu’une fois dans sa vie, une œuvre qui touche tout le monde pour toujours.

Les septième, huitième et neuvième titres – « Savoir » (1984), « Faire à nouveau connaissance » (1986) et « Je pense à toi comme je t’aime » (1988) – sont mes préférés. Trois discours tendres et déstructurés sur la condition humaine féminine depuis dix mille ans. « Et c’est comme si / T’avais moins envie. » J’aime aussi beaucoup : « Faire à nouveau connaissance / A Montréal ou à Paris. » C’est simple et neigeux comme deux vers posthumes de Pouchkine retrouvés sur une lettre d’amour du poète écrite en français. L’important, dans une chanson, c’est la qualité de désir et la densité du chagrin. La nostalgie compte aussi pas mal. Impossible d’écouter Diane Tell sans penser aux êtres qu’on a perdus par notre faute. C’est toujours notre faute quand on perd quelqu’un, comme les cartes de crédit. Le manque d’attention ! « Je pense à toi comme je t’aime » raconte une amitié qui a un peu trop viré à l’amour, ce qui arrive souvent quand on embrasse son meilleur pote sur la bouche. Ça doit être la chanson gay culte de Montréal. Pourquoi les Canadiens français perdent-ils leur accent quand ils chantent ? Cela aurait-il un sens fondamental, genre : le chant est universel ?

Dans cette exquise compilation, où passe en 71 minutes et 8 secondes toute la vie d’une femme et où surtout son œuvre tendre, délicate et nouvelle est rassemblée dans ce qu’elle a de meilleur, une curiosité : « Les cinémas-bars », une chanson tirée du premier album de Diane, inédit en France (1978). C’était l’époque où elle faisait du jazz. Où elle était pure, comme me l’ont dit une fois des Québécois rencontrés en voyage. Elle a eu raison d’arrêter. Par la suite, elle a fait du Diane Tell, ça lui allait mieux. Cette fille est plus guitare que trompette ou saxophone. Il faut qu’on puisse entendre, quand elle chante, les battements de son cœur gros. C’est une chanteuse abandonnée, fière comme d’Artagnan. Provinciale et sportive, elle dure. J’ai déjeuné avec elle il y a quelques années en compagnie de l’homme qu’elle aimait. C’était en face de l’Olympia. Elle avait pris place à côté de sa guitare, nous laissant, à Nabe et à moi la banquette.

01 janvier 2004

Frédéric Shiffter – Lettre à Diane

Frédéric Schiffter
(écrivain, philosophe)
Lettre à Diane

Ton prénom, Diane, évoque pour moi le titre d’un album de Chet Baker que j’écoute quand le ciel bas et lourd de la mélancolie m’enveloppe. Or je sais, à tes regards, à tes sourires, à tes lectures aussi, que ce ciel, parfois, se pose sur toi. Si la musique est d’abord un air, c’est l’air qui nous manque pour lisser comme du velours nos brouillards intimes et nous donner la chair de poule.
Je ne t’apprendrai pas que les intempéries de l’âme, certains musiciens les appellent le blues. Or pour moi, Diane, tu es une chanteuse de blues. Dans chacune de tes chansons où tu mets ton cœur à nu, il m’apparaît comme un sniper solitaire qui se blesse au lieu de faire mouche : « Désir, plaisir, soupir, écris-tu, c’est une règle de trois, on vise et on tire vers le bas. » Tu chantes pour réparer tes lésions nombreuses. Ta voix les habille du taffetas de la pudeur et tes paroles les parent du charme que présentent certaines cicatrices.
Le sublime de ton blues c’est qu’on le partage avec joie – avec volupté, dirais-je quant à moi, la même que j’éprouve à la lecture de ces écrivains qui égrènent en quelques phrases courtes les moments de leur vie. D’ailleurs, toi, tu choisis tes mots comme une enfant solitaire ramasse sur une plage des coquillages brisés pour en faire un collier à sa poupée. Et sans doute ta musique vient-elle de là, du regret qu’on ne chante plus de belles ballades à la petite fille que tu étais il n’y a pas si longtemps.
Tout cela pour te dire, Diane, que même si tu n’es pas un homme, tu es mon crooner préféré.

01 septembre 2002

Interview Septembre 2002 – Tout de Diane

INTERVIEW

Bidart, le 1er septembre 2002
Interview réalisée par Annie Arostéguy

Rien de Tell tout de Diane… cela veut-il dire que vous nous revenez plus Diane que Tell ? Avez-vous le sentiment d’avoir deux vies parallèles ou deux personnalités jumelles ?

Si j’avais la possibilité d’avoir deux vies, je les vivrais l’une après l’autre et non en parallèle ! Je n’ai qu’une vie… malheureusement ! Ce que je peux dire c’est qu’il est très difficile d’être tout à fait naturel en public et tout à fait anonyme en privé. Ces deux facettes de ma vie se mélangent dans toutes les situations… disons que c’est Diane qui travaille le plus dur pour que Tell ait de quoi la ramener dans les interview !

Ah bon ! Vous êtes du genre à la ramener ?

Je ne sais pas, il faut demander aux autres… je suis très enthousiaste et j’aime ce que je fais alors parfois je vante mon travail et celui de mes collaborateurs… à outrance… !  Faut m’entendre lorsque je ne suis pas contente… à l’extrême opposé pour le fond mais tout aussi enthousiaste dans le ton.

Vous ne la ramener peut-être pas mais vous nous revenez en tous les cas… et ce, 7 ans après Désir Plaisir Soupir, votre dernier album, c’est un retour voulu ou forcé ?

Forcé évidemment ! Vous croyez vraiment qu’il suffit de vouloir faire ce métier pour le faire ? Pour qu’un projet aboutisse, il faut y mettre beaucoup d’énergie et d’une certaine façon, faire le forcing… S’il m’a fallu 7 ans pour revenir sur la scène musicale c’est que j’ai peut-être un peu trop laissé venir les choses…

Vous avez fait quoi durant 7 ans ?

Pour la première fois de ma vie je me suis réellement engagée dans une action humanitaire. Je suis allée plusieurs fois en Afrique, deux fois en tant que pilote d’un équipage d’Air Solidarité. Une expérience très enrichissante et très prenante. J’y ai consacré presque tout mon temps. Dans un autre registre, j’ai tourné en duo avec Robbie McIntosh dans toute la France, au Québec, à Prague et au Ghana. J’ai écrit des chansons, enregistré des maquettes et je les ai présentées aux maisons de disques. En 2000 j’ai rencontré Bruno Gerentes et Varda Kakon chez BMG et nous avons décidé de travailler ensemble. L’album Popeline est presque terminé.

Pourquoi avez-vous fait le choix  de proposer au public  une compilation avant la sortie du nouvel album ?

Précisément parce que l’album n’est pas encore terminé. Sans contrat de disques depuis un certain temps avant mon arrivé chez BMG, mes disques étaient devenus introuvables dans les magasins. Il y a un peu plus d’un an, on a découvert des CD non-autorisés de mes chansons en belle quantité chez les grands disquaires en France, en Belgique, au Canada… La situation devenait embarrassante Il fallait rééditer les enregistrements au plus vite, pour leur préservation et pour leur diffusion. En plus des titres les plus connus, le CD « Tout de Diane » comprend une chanson inédite et un enregistrement nouveau de  » La légende de Jimmy « … toutes les autres chansons sont des versions originales remasterisés.

Parlez-nous justement de cette chanson écrite en collaboration avec Laurent Ruquier. « Boule de moi  » sort pour la première fois en CD mais vous la chantez depuis un certain temps il me semble ?

Oh oui ! Je la chante depuis quelques années… Nous l’avons interprété sur scène avec Robbie McIntosh à chacun de nos concerts et lors d’une émission de Michel Druker consacré à Laurent Ruquier. Cette chanson a été enregistrée pour le nouvel album mais elle est très différente des autres titres de Popeline. Elle porte en elle quelque chose de mon passé musical et un échantillon de l’avenir puisque les musiciens sont ceux du nouvel album. Ca tombe bien, c’est une chanson sur le désir d’avoir un enfant…

La légende de Jimmy version 2002, c’est une idée de votre maison de disque ?

Cela aurait pu l’être ! Mais c’était déjà fait. Cette version a été enregistrée en 99 dans une église romane du Pays Basque, plus précisément à Bidarray. J’ai réuni mon groupe ici pour réaliser un enregistrement acoustique et en public d’un peu moins d’une dizaine de titres. J’avais tellement envie de jouer, de faire de la musique, de produire quelque chose… je sentais également que le groupe s’en porterait mieux. Difficile de conserver l’enthousiasme de musiciens avec lesquels on fait des projets si on ne les voit jamais. Ca nous a soudé un temps… mais nous ne sommes réellement retournés en studio qu’en août 2001.

Quand aurons-nous le plaisir de découvrir Popeline, votre nouvel album et pourriez-vous-nous en dire quelques mots ?

On peut prévoir sans trop prendre de risques que l’album sortira en 2003 ! Les musiciens qui jouent sur l’album sont Robbie McIntosh à la guitare, déjà présent sur mon dernier album, Paul Beavis à la batterie avec lequel je travaille depuis quelques années sur scène et Pino Palladino à la basse qui est pour moi un des meilleurs musiciens au monde tout instrument confondu. Je réalise moi-même l’album et me suis chargée des programmations, des claviers, des coeurs et de l’édition des titres sur Protools. J’ai écrit la plupart des chansons mais quelques musiques ont été composées sur les mots d’auteurs : Yann Moix par exemple. Nous avons réalisé une adaptation d’Adia, une chanson de Sarah McLachlan et une version bilingue de  » Because of you  » de Robbie… Je n’en dirai pas plus ! Après l’interview je vous fait écouter. (Elle l’a fait… )

Vous aimez ce que vous faites, on le sent bien, mais aimez-vous ce que vous avez enregistré jusqu’ici pour cet album ?

J’aime mais je ne suis pas encore satisfaite, l’album n’est pas terminé. Je suis heureuse lorsque le projet avance, je me décourage durant les périodes de stagnation… J’ai hâte de le voir sortir mais je ne suis pas pressée d’en finir car j’adore être en phase de production, être en studio. Quand aurais-je à nouveau le plaisir de revenir en studio pour le onzième album… La suite de Popeline…. je n’en sais rien alors je bichonne. Au fond, cette suite dépend en partie du succès de Popeline… le succès n’est pas le but du jeu mais sans lui pas de confiance et pour produire, il faut gagner la confiance de nos partenaires lorsqu’il y en a et celle des personnes que l’on engage dans l’aventure.