28 novembre 2011

Du Voir au Devoir – Rideaux ouverts – critiques – novembre 2011

Diane Tell
Rideaux ouverts
2011(Musicor/Select)

24 novembre 2011

par Patrick Baillargeon

La plus française des chanteuses québécoises a quitté sa tanière de Biarritz pour pondre ce disque à Montréal en compagnie de plusieurs musiciens locaux. Un album aux accents country, pop et jazz, avec quelques saveurs locales (notamment Il m’chatouille les papilles) où la fille de Val-d’Or laisse poindre ses origines. Moins chatoyante et jazzée, la voix de la chanteuse demeure néanmoins toujours aussi sensuelle car tout son album tourne autour de l’amour: l’amour passion, l’amour déraison, l’amour absolu, l’amour perdu… Rideaux ouverts est un disque bien écrit, poétique; le disque d’une femme d’âge mûr, réfléchie, raisonnée mais toujours fragile et vulnérable. Musicalement par contre, c’est toujours aussi sage…

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Chanson
RIDEAUX OUVERTS
Diane Tell
2011(Musicor/Select)

24 novembre 2011

Par Sylvain Cormier
Les photos au bord de la mer, c’est à Biarritz, son chez-elle depuis 28 ans déjà. Les musiques, elles, ont Val-d’Or dans le corps. C’est de là que vient Diane Tell, née Fortin; là qu’elle est retournée, invitée aux Fêtes du 75e en 2010; là qu’elle a rencontré un autre Fortin, Serge, le chansonnier; là qu’elle a eu envie d’un disque qui la ramène au point de départ. Réunion de la diaspora des Fortin du boomtown, le nouveau frère de musique et elle se sont concocté un album façon va-et-vient Internet, et les chansons ont été couchées manière pas compliquée, tout québécois dans le maniement. Une histoire d’amour qui ne va plus, une autre qui naît, des chansons le plus souvent en folk-rock 4/4, on y trouve une Diane rapaillée, de ses racines familiales jusqu’à son bord de mer. Le disque assume sa québécitude (Il m’chatouille les papilles), ses refrains gagnants aussi (J’te laisse un mot), ses émois encore plus (Je sais bien qu’un jour). Le premier album de… Diane Fortin.

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28 décembre 2010

Le devoir – Sylvain Cormier – Les dix meilleurs spectacles québécois de 2010

Yann Perreau: certainement le plus extatique.

Photo : Jacques Grenier – Le Devoir

Les dix meilleurs spectacles québécois de 2010 – Cent ans et un seul Yann

Sylvain Cormier 28 décembre 2010  Musique

Bien sûr, la fabuleuse bringue des Francos, Yann Perreau et ses amis les étoiles, est au sommet de ce palmarès. N’empêche, ma cime à moi, mon grand vertige, sans doute mon plus grand soir de chanson québécoise en vingt ans au Devoir, c’est le soir que le centenaire dudit Devoir a permis, que Pierre Beaulieu et moi avons fomenté, qu’avec Mouffe et Meissoon Azzaria et Lise Raymond et Monique Giroux et Julie Martel et plus de vingt artistes de toutes époques et allégeances nous avons présenté en novembre au Métropolis: le spectacle Le Devoir: 100 ans de chansons. Hors palmarès, mais tout près du cÅ“ur encore, et pour longtemps. Merci à tous. Gloire à Yann, maintenant.

1. Yann Perreau et ses amis les étoiles à la place des Festivals (FrancoFolies de Montréal). Son meilleur show à vie? C’est souvent son meilleur show à vie. Le plus extatique, certainement. Il était littéralement fou de joie, Yann Perreau, devant Jeanne-Mance bondée. Machine à danser, Yann Perreau, le dira-t-on assez? Rave à lui tout seul. Mais il n’était pas tout seul, justement. Et «ses amis les étoiles» n’étaient jamais de simples invités, mais de vrais de vrais copains de jeu, qui profitaient comme lui du grand carré de sable. Le plus formidable jeu de chaise musicale de l’histoire des Francos.

2. Plume Latraverse avec les Mauvais Compagnons All Dressed au Métropolis (FrancoFolies de Montréal). Plume était content, à sa manière pas souriante d’être content. Ça se voyait dans la mobilité elvissienne de la jambe, dans la jouissance manifeste à plaquer les riffs de rock’n'roll chuckberryiens sur sa guitare électrique. Ça se voyait dans les regards complices envoyés aux trois pros qui constituent avec l’as guitariste Jean-Claude Marsan et lui la nouvelle bande de Mauvais Compagnons. Plume était… comment dire? Rock’n'reconnaissant.

3. Donald Lautrec au Théâtre Maisonneuve de la PdA. Ça a démarré exactement comme il fallait. Alléluia (les fleurs du soleil), puissance dix. Derrière le chanteur, en projection, les danseuses à gogo d’époque se déhanchaient. C’était parfait. C’était le même Lautrec, électrisant et moustachu comme en 1970. À deux mois de fêter ses 70 ans, Lautrec aura accompli l’exploit: soutenir la comparaison avec le Lautrec d’avant. Splendeur et paix! Ouais!

4. Daniel Bélanger au Métropolis. C’était ce genre de spectacle qui ne vous laisse pas vraiment le choix: la musique en impose au corps. Les chansons, nouvelles et anciennes, avaient abdiqué leur indépendance pour suivre l’obsédant rythme, subjuguées, envoûtées, pour ne pas dire vaudouisées. C’était à ce point le groove d’abord que Bélanger en oubliait un peu de s’occuper des gens, au service lui aussi de sa transe intransigeante.

5. Claire Pelletier au Gesù. Le plein accomplissement. Il y avait tout Claire Pelletier dans ce spectacle, tout ce qu’elle était dans ses spectacles précédents, porteuse d’histoires, amoureuse de la terre et des mers, chanteuse au timbre d’exceptionnelle chaleur. Et plus. Une Claire de proximité, osant enfin s’approprier la scène et parler d’elle-même. Une Claire entière, radieuse, heureuse.

6. Paul Piché à la salle Wilfrid-Pelletier de la PdA. Voulait-on encore autant de lui, de ses convictions, de son rock nord-américain? Au premier accord de la troisième chanson, Wilfrid debout entonnait Y a pas grand-chose dans le ciel à soir. La salle était exaltée, la profession de foi envers le pays à venir bienvenue, la force de frappe des musiciens encore plus frappante qu’avant. On appelle ça un retour triomphal.

7. Toutes les filles au Cabaret du musée Juste pour rire (FrancoFolies de Montréal). C’était joie de les entendre harmoniser à deux, à trois, à six, égale félicité de les voir, Catherine Durand, Gaëlle, Ginette, Sylvie Paquette, Amélie Veille et Magnolia, sur la trop petite scène du bientôt défunt Cabaret, s’échangeant les instruments et les places dans une sorte de petit ballet délicat. Une pour toutes, et toutes pour une.

8. Diane Tell et Andrea Lindsay au Théâtre Maisonneuve de la PdA (FrancoFolies de Montréal). Dans la salle des premiers temps heureux, elle est revenue, chantant Boris Vian et quelques belles de la Diane d’avant. Jazzy cool, comme on l’aimait, comme on l’aime encore autant. La reprise de Gilberto était exquise, le duo avec Andrea Lindsay absolument gracieux. La tendresse de vraies retrouvailles.

9. Carte blanche à Renée Martel à la PdA (FrancoFolies de Montréal). Cela se sait un peu: j’aime Renée Martel d’amour. Mais je l’aime encore plus quand elle ose des choses. Ce soir-là, Catherine Durand et Mara Tremblay se sont amenées, et elles ont partagé la Complainte pour Sainte-Catherine des McGarrigle, en hommage à Kate. Et tout un monde de possibilités s’est ouvert. Bientôt la suite.

10. Jonathan Painchaud au Club Soda. C’est en spectacle que l’on comprend: ce gars-là est un film d’action avec du contenu: un Bruce Willis introspectif, un Stallone cohérent, un Buzz Lightyear à la rescousse. Du muscle, du coeur, et toute une mâchoire.

Ici : l’article publié sur le site Le Devoir.com

Ici : Lire la critique de Sylvain Cormier du concert de la PDA

Merci Sylvain !!! ça touche dans le mil !!!

14 juin 2010

Le Devoir – le 14 juin – Sylvain Cormier – critique du concert de la place des arts

Une Diane Tell jazz – Chacune sa place

Le Devoir - Sylvain Cormier – le 14 juin 2010

Deux générations d’auteures-compositrices-interprètes se rencontraient hier sur la scène du théâtre Maisonneuve dans le cadre d’un programme double aussi inspiré que résolument doux: Andrea Lindsay, la jeune Ontarienne à la pop enchantée, et la pionnière Diane Tell, qui renouait avec le jazz de ses débuts et ses fans de toujours.

(photo : Jacques Grenier/Le Devoir)

«Celle-là, la dernière fois que je l’ai faite, c’était ici», a lâché Diane Tell comme on lâche un immense soupir de soulagement et de satisfaction à la fois. Radieuse, elle et son beau petit orchestre de jazz acoustique ont démarré Les trottoirs du boulevard Saint-Laurent. Swing leste, swing joyeux, c’était bonheur à vivre, mais il était grand temps que je parte. En retard, j’étais en retard, tellement en retard.

Tellement c’était bon. Tellement elle était bien avec nous et nous avec elle. Certains d’entre nous étaient d’ailleurs de retour, comme elle: à son appel aux anciens de son premier Maisonneuve, en 1980, des cris ont fusé. Des fidèles, des vrais. Prêts à la suivre où elle voudrait.

Et ce qu’elle demandait n’était pas rien: partager les trouvailles de son dernier album, ce Mister Boris & Mister Vian où elle ravive des standards américains tels qu’adaptés à la Vian par le grand Boris, belles oubliées de derrière les fagots, jamais enregistrées sauf une ou deux jusqu’à ce que Diane les déniche. Son spectacle d’hier à Maisonneuve, c’était ça pour l’essentiel: les onze titres de l’album et deux en plus. Sacré pari? Pas tant que ça. Diane Tell jazzy cool, c’est tellement elle, ça lui va si naturellement, c’est tellement la Diane Tell dont nous nous sommes d’abord entichés qu’on aurait dit la suite des premiers albums, avec trois décennies d’hiatus. Lectures plus que senties, plus que subtiles, des Moi sans toi, J’en ai marre de l’amour et autres Celui qui tient le monde dans ses mains («Ça, c’est pour ma maman!», a crié Diane avec le coeur sur la main).

Son retour au rappel, avec sa seule guitare, était souhaité, bienvenu et goûté, forcément, Gilberto était exquise, le duo avec Andrea Lindsay était absolument gracieux et harmonieux (sur Liaisons nombreuses, joli choix), et l’incontournable Si j’étais un homme n’a jamais été aussi brillamment jazzifiée, mais le spectacle était déjà une pleine réussite. Diane Tell était à sa place, sa meilleure place, dans sa «maison… neuve», comme elle a dit.

Bien assis pour Andrea, trop assis pour Emmanuelle

Les quinze minutes attrapées au vol de l’heure d’Andrea Lindsay disaient aussi ça: je suis à ma place sur cette grande scène. Charmante et adorable Andrea? Ça on savait, la grande classe aussi, mais on constatait en plus hier que sa voix et ses chansons se trouvent magnifiées dans un grand espace et des conditions idéales d’écoute. Merveilles que Les sentinelles dorment, Lune de papier, Le Dernier des cosmonautes, dans ce noble contexte. Véritable graduation pour l’Ontarienne.

Et Emmanuelle Seigner, plus tôt en soirée à la Cinquième salle de la même PdA? Bon show, à ne pas s’y tromper. Mais show rock quasi punk dans l’attitude, pas à sa place à la PdA, même pas dans le bon festival. À Pop Montréal, dans une boîte tout le monde debout, ses versions vitaminées de Dutronc et de Nico auraient cartonné. Hier, c’était un peu beaucoup raté. Erreur du lanceur.

Sylvain Cormier – Photo : Jacques Grenier

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PLUS PLUS – RETOUR SUR LES FRANCOS

Des chansons pour aller mieux

Sylvain Cormier 21 juin 2010  Musique
Ces Francos auront été les plus assises de ma carrière, sciatique oblige. Plus intérieures qu’extérieures, forcément. Ça n’a pas tout empêché, tant s’en faut. Entre les instants d’éternité et l’irritant bête, c’est la chanson qui l’a emporté. Échantillons.

- Le moment le plus Michel Latraverse dans le formidable spectacle rock’n'roll de Plume: Le cher homme se souhaitant également à lui-même une bonne santé (et non seulement à sa «gang de ciboires»). Longue vie!

- Le moment le plus simplement beau de ces Francos: Diane Tell et sa guitare acoustique renouant avec Gilberto et nous…….

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