18 octobre 2009

LE NET EN CLAIR (première partie)

« Comment No Comment » la presse écrite sous le coup des commentaires.

Le fond, la forme, le modèle économique… la presse écrite évolue avec son temps, pour le meilleur : XX1 et pour le pire : Closer… Les supports, off-line, on-line ou les deux mon capitaine, le buzz, la COM, l’intox, les sites communautaires, participatifs, etc… Le grand mixeur médiatique brasse aujourd’hui beaucoup d’information dont il ne reste au final pas grand chose de concret. Attention aux courants d’air, ça va souffler force 8 sur les plates-formes et c’est la faute au réchauffement médiatique !

Quelle différence y a-t-il entre Libé d’hier et Libé d’aujourd’hui, et c’est vrai pour la plupart des journaux et hebdomadaires ? Pour moi, c’est la place des lecteurs ou plutôt celle qu’occupent leurs commentaires. (Idem à la radio où les réactions d’auditeurs remplacent de + en + l’analyse de personnes compétentes. Au JT : témoignages et commentaires dominent l’information.) Parmi tous ces commentaires : à boire et à manger, à vomir et du saoulant. Voyage au pays des brèves Comment No Comment.

La presse Santiago-D.TellAvant le WEB 2.0, l’espace « courrier des lecteurs » d’un quotidien se limitait à quelques réactions triées sur le volet autour de sujets évoqués dans les numéros précédents. Aujourd’hui, à peine publié sur le net, un papier se voit commenté presqu’instantanément par des dizaines voire des centaines de lecteurs pressés de partager leurs impressions avec le monde entier. C’est impressionnant cette revue de presse permanente qui prend le dessus sur l’information. Le papier publié n’est plus que la rampe de lancement d’un débat incontrôlé (quoi que) où se mélangent propos idiots et remarques sensées… On ne peut plus lire un article aujourd’hui sans entendre l’écho du peuple résonner dans une cacophonie raisonnable ou déraisonnée balayant d’un trait d’humour ou d’un coup de couteau dans le cœur du sujet l’information elle-même. Tout le monde veut faire du Stéphane Guillon. Parfois, certains commentaires volent bien au dessus du niveau de l’article « officiel » mais c’est assez rare et ce qui frappe, c’est la quantité des réactions et la place qu’on lui accorde. Oublié le propos, le commentaire du commentaire s’impose sur un ton et avec un vocabulaire qu’aucun journaliste n’oserait utiliser. Derrière son écran, sous couvert d’un pseudo, des ovnis non identifiables se lâchent, lapident, dénigrent, encensent, déconnent… Peut-on s’étonner ensuite de l’arrogance avec laquelle s’expriment les politiques, y compris le chef de l’état, lorsqu’ils répondent sur le même ton ?… Nous vivons dans un monde ou la réaction massive écrase toute action… On en arrive à commenter les commentaires des lecteurs. (épisode : Edito d’Etienne Mougeotte – lynché par les lecteurs du Figaro)

Deux exemples, pas très exemplaires je l’avoue, de commentaires aux sujets du jour… On est dimanche, la machine médiatique sommeille…

Sujets : Les fichiers de la police nouvelle formule et le droit des femmes…

LIBÉRATION

Fichiers, Facebook et ta mère

En général, ceux qui crient au loup dès que l’on aborde le sujet des fichiers sont les mêmes qui exposent leurs vies sur Facebook et alimentent leurs blogs de conneries sans nom.

Facebook est le plus grand fichier de monde, bande de crétin.

En réaction à Deux nouveaux fichiers de police créés

Ginette, qu’est ce que l’on mange ce soir?

Ouais…bof..Ginette? Tu fais quoi à manger ce soir?

Andouillette purée? Tu te fous de moi, chérie.

J’amène pas une paye à la maison pour bouffer cette merde.
Sois gentille, fais nous une omelette campagnarde.

Merci ma biche.
And don’t forget the salad!

Bon…ok ok…mon accent laisse à désirer. N’oublie pas la salade.
Au boulot, maintenant, le match va commencer.

En réaction à «Les droits des femmes sont toujours mis en cause»

Le type qui a écrit ces deux crottes se « pseudo-nomme », Cash… quand je lis un truc comme ça, j’ai envie de regarder dans les yeux de la tête de cet individu, j’aimerais bien fouiller à l’intérieur pour voir de quelle matière grise, marron, rouge ou noir elle est fabriquée… que fait-il dans la vie, pourquoi ressent-il le besoin un dimanche matin de bonne heure de me traiter de crétine ou de Ginette casse-toi pauv’conne …  c’est un contributeur assidu de Libé, il écrit sur tous les sujets un peu toujours la même chose, tous des cons, moi le premier etc… il n’est pas tout seul à écrire ce qu’il pense sans réfléchir.

Autre exemple sur LE sujet PRIME TIME depuis son élection en la personne du président de la république. Ici un type, à contre courant défend le boss et la réaction ne se fait pas attendre…

MARIANNE2

En réaction à l’article : Sarkozy plus déconnecté que jamais

81. Posté par pilou le 18/10/2009 10:28


Encore une fois les frustrés et les jaloux s’expriment!!! On en veut vraiment à Nicolas SARKOZY. Les gens qui font ce qu’ils disent dérangent.
Que Jean ait 23 ans n’est pas un problème surtout quand on constate l’âge de tous les éléphants de gauche et comment ils ont amené la France dans le mur!!!
Oui pour un renouvellement de la classe politique et tant mieux si cela passe par Jean SARKOZY

89. Posté par victor57 le 18/10/2009 10:37


@ pilou
Tu es aussi aveugle et borné, coupé de la réalité et narcissique que ton dieu vivant Sarkosy 1er !! Incroyable de voir la « merde » que tu oses écrire ! Quelle connerie doublée d’une bonne dose de Sarko-narcissisme coupé de la réalité, du monde réel! La coke peut – être?

A la décharge de pilou, de victor56 et même du journaliste blogueur associé de Marianne, on ne sait plus trop quoi dire sur le sujet de sa majestueuse personne… mais c’est LE sujet qui buzz en permanence alors on continue « d’alimenter la bête », cela même que l’on reproche à l’intéressé…

Pourquoi les sociologues, les psychologues et autres spécialistes de nos parties molles n’analysent pas l’état d’esprit des anonymes qui s’expriment H 24 sur le net ? Ce serait tellement plus intéressant et révélateur que de publier les résultats de sondages dont les commanditaires, toujours les même, écrivent les réponses avant de poser les questions.

La presse pour un monde meilleur-D.TellPeut-on aujourd’hui parler de « dictature » des commentaires ? N’ayons pas peur des gros mots qui tachent, on nous le répète assez dans tous les domaines, on a ce que l’on mérite, Médiamétrie, sensée représenter la majorité des téléspectateurs, serait responsable mais pas coupable des décisions prises par tous les directeurs des programmes des grandes chaines, nous infligeant les affligeants programmes qu’on nous propose. Pardon. On ne nous propose rien, on ne nous impose rien, c’est « nous qu’on décide » puisque Médiamétrie c’est toi, c’est moi, c’est nous… Nous sommes donc les responsables des programmes à la télévision, responsables de nos élus aussi, de nos médias… Les commentaires des lecteurs sont à la presse écrite ce que le nombre des entrées du mercredi est au cinéma, ce que Médiamétrie est à la télévision. Seulement voilà. Je suis convaincue qu’il existe dans notre société une très large majorité de gens qui n’écrivent pas ou peu de commentaires sur les sites d’information qu’ils fréquentent. Je surfe tous les jours sur Rue 89, Arrêt sur image, Bakchich, The Media Trend, Libé, Marianne2, les blog de Gilles Klein, Riwal Ferry,  et beaucoup d’autres. Je lis leurs papiers ainsi que les commentaires de leurs lecteurs et je les Twitt, je fais passer. J’ai beaucoup de respect pour ces journalistes/blogueurs, pour leurs lecteurs et leurs contributions. Les premiers souvent écartés des titres officiels continuent de faire leur métier et les seconds, ne cherchent qu’à s’informer. Pour ma petite part, je soutiens mordicus le bon, le vrai, le pur journalisme et ignore ses clones.

Par ailleurs, je suis à peu près certaine que ceux qui écrivent des commentaires particulièrement odieux, compte tenu du contexte anonyme qui leur est proposé, sont d’un type très particulier et non représentatif de l’ensemble des citoyens.

La question que je me pose souvent lorsque je vais (le moins souvent possible) sur le site de Morandini prendre la température de la télévision : est-ce qu’on ne laisse pas dire n’importe quoi aux internautes pour alimenter, justifier une polémique qui ne pourrait exister sans ces commentaires violents ? Un journaliste ou un chroniqueur en a rêvé, un internaute l’a fait…

Mon impression primaire : donner une tribune aux gens c’est leur donner l’impression qu’ils agissent alors qu’en fait, on peut dire ce que l’on veut, ils (le pouvoir politique) font ce qu’ils veulent.

Oui à la liberté de la presse, non aux commentaires violents dont le but n’est pas de débattre mais d’abattre les idées.

Polémique mique mique
S’emballait tout simplement
Routiers, pauvres et puissants
D’un coup clic que clic que clic
Sur le net et en tous lieux
On n’en parle comme du Buzz dieu !

Sur le sujet « Net en clair » je recommande ces articles, ces blogs, ces trouvailles…..

1 – Pourquoi Internet agace Finkelkraut, Séguéla et les autres


lecture proposé par Enikao : In Defence of Principled Anonymous Blogging

23 mai 2009

De la cassette audio… à la loi Hadopi… »

Rue 89 propose une série d’articles : Dans le retro avec l’Ina. A voir absolument sur leur site : cette page.

De la cassette audio à Hadopi, trente ans d’anti-piratage

On y trouve quatre films d’archive de l’excellente INA sur le piratage depuis 1980 ! C’est hilarant ! Avec le recul.

Je n’imagine pas ce qui restera, dans 10 ou 20 ans, du débat actuel sur la loi Hadopi. Quelques extraits de JT peut-être ? Hâte d’y être !

Tout le monde parle d’Hadopi alors parlons d’autre chose. Par quoi peut-on remplacer une loi inapplicable, inefficace ou tout simplement inadaptée ? Par une taxe pardi évidemment. Prenez l’exemple de la prohibition aux Etats Unis interdisant la vente et la consommation d’alcool. Interdire de boire ne fait pas pour autant disparaitre la soif ! Suite à la prohibition, le marché blanc comme neige fond au soleil du marché noir. On délocalise les distilleries au Canada et la vie reprend son cours ! A la bonne votre ! Mais que fait la police ? Elle boit un coup, regarde ailleurs et prend un petit backchish au passage. Que font les politiques des années plus tard ? Ils autorisent à nouveau la vente d’alcool, reprennent la main sur ce marché liquide des plus lucratif et imposent une taxe gourmande à tous ces assoiffés. « You want to play you pay ». Idem pour la cigarette taxée à plus de 70%  pour dissuader le consommateur peut-être ?

Mais revenons à nos pirates de l’air du temps perdu. En 1984, le beau et jeune Jack Lang, alors ministre de la Culture, promet déjà « une action déterminée et impitoyable contre les pirates ». (Voir le petit film sur le site Rue89 par le lien indiqué plus haut) Un an plus tard, le gouvernement fait voter la loi dite Lang sur la copie privée. Pour faire très court (vous trouverez tous les détails sur le net) cette loi impose, entre autre, une taxe sur les supports vierges. L’argent perçu est ensuite redistribué aux ayants droits habituels : auteurs, compositeurs et éditeurs mais aussi aux producteurs et interprètes ce qui est tout nouveau à l’époque. Depuis, beaucoup de pays ont adopté la même politique. Bref. Je suis prête à parier que la loi Hadopi une fois passée et dépassée sera remplacée par une taxe. Une bonne taxe vaut tous les mauvais textes. Une de ces taxes que l’on paie sans trop s’en rendre compte. Comme lorsque l’on se fait une toile. L’industrie du cinéma pleure de concert avec l’industrie du disque, mais le cinéma français n’est-t-il pas en partie financé par la TSA, la taxe spéciale additionnelle, qui représente 10,72% du prix d’une place de cinéma ? Combien de films vont être produits grâce à la contribution généreuse des 26 millions de spectateurs du film Les Chtis ! Nous, spectateurs, sommes co-producteurs de tout le cinéma français, même si nous n’allons voir que les blockbusteurs américains ! Vous rendez-vous compte ?

Internet tape sur les nerfs fragiles du pouvoir pur et dur, qu’il soit financier ou politique, parce qu’on ne peut exercer de pouvoir sans contrôle. Si la confiance n’exclut pas le contrôle, le pouvoir non plus. Internet fait “open bar” dans un monde virtuel alors forcément, les patrons des bistrots du monde réel d’en face voient tout rouge.

Au début du siècle dernier, les “patrons de bistrot” du marché sont éditeurs de musique transcrite sur papier. A mi-siècle, les producteurs de musique enregistrée inventent l’industrie du disque et dominent à leur tour le marché de la musique. 60 ans plus tard, nous entrons dans l’ère du streeming, du bundle et du download de contenu… à la demande, à la carte, accessible à tous et à tout va. L’Age de l’accès comme l’écrit Jérémy Rifkin. « On line » c’est encore l’anarchie malgré quelques “I lots” de sauvetage. « Off line » la chute libre du chiffre va de décrochage en décrochage. Les magasins de disques du monde entier ferment leurs portes les uns après les autres. Qui prendra la place toujours bien chaude du pouvoir des maisons de disques dans l’organisation mondiale de la musique enregistrée ? Les artistes ? Il serait temps. Pour certains c’est fait mais le fait est rare. Le public ? La balle est toujours jetée dans son camp mais il ne la renvoie pas à tous les coups. Les médias ? Les fournisseurs d’accès ? Les producteurs de spectacles vivants ? Who knows. Le CD c’est certain deviendra d’ici peu au mieux un produit d’appel au pire un produit dérivé, au même titre qu’un t-shirt, un poster, un autocollant ou autre babiole à l’effigie de l’artiste. Produit dérivé d’accord mais dérivé de quoi ? Du contenu, vendu comme un parfum sans flacon. Le troisième millénaire signe la mort du contenant, de l’emballage, du paquet cadeau. Il semble que sans son emballage, le contenu musical ait perdu toute sa valeur économique. Comme quoi. L’habit finalement fait le moine.

D.T.