29 mars 2012

AAH ! LES DEFERLANTES – Critique du concert à Portes-Lès-Valence

Jeudi 29 mars 2012
Par Albert Weber – I Photos – D.Tell

AAH ! LES DEFERLANTES ! : Diane Tell et Yves Lambert, efficaces locomotives au Train-Théâtre

Première soirée toute en contraste pour la 3ème édition de AAH ! Les Déferlantes !, festival de chansons francophones organisé par le Train-Théâtre à Portes-Lès-Valence. Un contraste d’autant plus saisissant que les univers musicaux et les références artistiques de Diane Tell et Yves Lambert sont vraiment très différentes. Avec cependant une évidence affichée tout au long de cette soirée offerte à un public enthousiaste dans la salle dirigée par Luc Sotiras : la fierté d’être québécois.

« Non, il n’y a pas que le sirop d’érable et l’accent au Québec »

Cette fierté, Diane Tell la cultive avec une douceur qui n’a rien de mièvre, et une détermination qui n’a rien d’agressif.

Avec d’emblée une affirmation lancée avec le sourire et avec conviction par la chanteuse établie en France depuis plusieurs années déjà, mais sans pour autant couper avec sa terre natale : « Non, il n’y a pas que le sirop d’érable et l’accent au Québec »..

Et d’ajouter un peu plus tard dans la soirée qu’elle avait l’impression que le Québec et la France se rapprochaient de plus en plus, notamment grâce à internet qui permet de demeurer en contact avec des interlocuteurs d l’autre côté de l’Atlantique pratiquement à tout moment, à l’exception – comme elle l’a lancé en substance à l’auditoire , « d’une période plus calme vers 5 heures du matin, quand on se couche au Québec et qu’on n’est pas encore debout en France ».

Tendre et lucide Diane Tell, entre refrains d’hier et nouvelles chansons

Non, pas question pour Diane Tell d’oublier ses racines. En témoigne son nouvel album, « Rideaux Ouverts », en l’occurrence le premier opus 100% écrit, composé et réalisé au Québec depuis qu’elle vit en Europe ! Cette réalisation menée à bien avec Serge Fortin recèle de p’tits trésors dont certains ont été livrés au public du Train-Théâtre, tels « Il m’chatouille les papilles ».

Cliquez sur le lien suivant pour écouter la chanson, c’est vraiment le post rêvé pour vous faire découvrir mon humble incursion sur la plage country de la planète Québec, la P.Q. du western. Toute mon enfance j’ai entendu cette musique, c’est mon petit rot tarif de bébé abitibien, j’assume !

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De Françoise Hardy à Duke Ellington en passant par Boris Vian

Alternant avec aisance entre chansons récentes et antiquités – selon sa propre expression – l’artiste a ainsi proposé un tour d’horizon des plus éclectiques, avec notamment un retour à ses débuts d’auteur-compositeur-interprète avec « Oh Gilberto », une de ses plus anciennes chansons.

« Les chansons, ce sont comme des enfants qu’on présente aux autres. Et ce n’est pas facile de présenter des nouvelles chansons » : l’artiste sait s’y prendre pour inciter le public à se laisser séduire par ses nouveaux refrains.

Seule sur scène avec ses deux guitares, vêtue d’une « robe dorée », Diane Tell s’offre aussi une escapade dans l’univers de Françoise Hardy dont elle reprend «La maison où j’ai grandi » avant d’inviter l’assistance à explorer d’autres voies musicales, du côté du country-western, et même du rap …

Mention spéciale pour les chansons aux textes signés Boris Vian sur des musiques surgies du jazz, tel « je suis mordue et ça fait mal » sur une musique de Duke Ellington et des paroles de l’auteur de « J’irai cracher sur vos tombes ». Sans oublier « Ma chansonnette » autre chanson de Vian enregistrée par Henri Salvador, mais inconnue du grand public. Salvador qui aurait pu enregistrer « Rue d’la flemme », autre chanson inédite de Vian reprise par Diane Tell au Train-Théâtre.

Dédiant à son père disparu « L’astre qui veille », Diane Tell a par ailleurs fait plaisir au public en reprenant ses chansons les plus connues, dont « Si j’étais un homme » et « la ballade de Jimmy » extrait d’une comédie musicale consacrée à James Dean.

En près d’une heure et demie de concert, tantôt debout, tantôt assise sur un tabouret, Diane Tell a donné libre cours à un répertoire ni gris ni rose ; juste les choses de la vie comme on les ressent, comme on les vit comme ces fameux « happy fews » aux accents de blues pour rappeler que tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, entre problème de santé et d’argent par exemple…en somme une artiste bien moins lisse que ne l’imagine le grand public, celui qui n’a jamais entendu ses chansons toutes en nuances distillées dans les 13 albums enregistrés depuis 1977.

En piste pour près de deux heures face au public conquis

Infatigable Yves Lambert, redoutable multi-instrumentiste

Changement d’ambiance après l’entracte avec Yves Lambert et ses deux compères : Olivier Rondeau (guitare électrique et acoustique, voix) et Robin Boulliane (violon, bouzouki, mandoline et voix).

En piste pour près de deux heures de voyage dans un monde musical enraciné dans la tradition québécoise. Celles des chansons à répondre, des instrumentaux offerts par les trois artistes qui ne ménagent ni leur peine ni leur plaisir à jouer.

Et l’on sent entre ces trois Québécois une sacrée joie de vivre et de se produire sur scène. D’autant plus qu’à l’invitation d’Yves Lambert, le public se lèvera plus d’une fois pour taper dans les mains, voire chanté.
Infatigable Lambert qui alterne entre ses accordéons, ses maracas, sa « musique à bouche » pour ne citer que quelques-uns des divers instruments dont le jovial barbu se sert à tour de rôle.

Le fait d’expliquer en quelques mots nombre de ses chansons, de les situer dans leur contexte permet sans aucun doute au public de les apprécier avec davantage d’entrain. Un exemple parmi d’autres avec « Le père Tanasse », chanson de Jean-Paul Fillion dont il chante aussi un extrait de «La parenté », un des titres les plus connus de l’artiste québécois disparu.

« Vive le Québec libre »

Evidemment, impossible pour Lambert de ne pas glisser – en quelques mots mais avec suffisamment de voix et de conviction pour que le message passe – quelques allusions à des thèmes qui lui sont chers.

Pas question pour lui de jouer au moralisateur ou au provocateur, mais simplement de dire haut et fort quelques vérités lui tenant à cœur ; de là à entendre résonner un vigoureux « Vive le Québec libre » dans la salle du Train Théâtre, il n’y a qu’un pas franchi allègrement …

« Ca va ben chez nous » affirme aussi, un peu plus tard, Lambert en évoquant avec humour la situation politique au Canada, demandant au public s’il a entendu parler de Harper, avant de lancer un peu plus tard quelques passerelles verbales du côté du respect de l’environnement et de l’importance de la culture dans un monde soumis à l’économie …

Reste au final le souvenir d’un superbe « concert lambertien » avec une bonne dose d’humour … d’où entre autres, sa version d’un refrain brésilien des plus connus, après avoir affirmé qu’il allait peut-être se lancer dans la variété qui aura sans doute plus de succès que le répertoire traditionnel et folklorique. « 

L’urgence de s’amuser et d’en profiter » dont il parle au détout d’une chanson lui colle d’autant plus à la peau qu’elle n’est pas feinte. Sur scène, secondée par deux musiciens des plus talentueux, Lambert s’amuse à parler, à chanter, à jouer de la musique avec une bonne huleur comunicative.

Citoyen québécois fier de son pays, Lambert sait aussi jouer – avec tendresse et efficacité – la carte d’une poésie engagée, en reprenant les mots de Gaston Miron, incontournable auteur québécois avec lequel il achève son spectacle, sous les applaudissements très nourris de l’assistance debout. Des applaudissements qui fusent après un dernier « clin d’oeil lambertien » au Québec d’aujourd’hui … et de demain. Il explique en effet que dans la langue française deux négations valent une affirmation : alors pourquoi pas une réponse positive au prochain référendum sur la souveraineté ?

Incorrigible Lambert : on ne le changera jamais. Et c’est tant mieux car son talent au service d’un répertoire traditionnel va de pair avec un franc-parler qui dérange sans doute plus d’une personne. Mais ce n’est pas demain que cet artiste se contentera de jouer avec passion de sa « musique à bouche » sans s’exprimer. Son spectacle offert tambour battant au Train-Théâtre en témoigne avec une réjouissante efficacité.

A lire aussi sur ce site le long entretien accordé par Yves Lambert en mars 2010 : un tour d’horizon sans langue de bois entre réalités artistiques, culturelles et politiques; A découvrir pour mieux comprendre la vie et l’oeuvre de cet artiste unique à bien des égards au Québec.

Pour en savoir plus sur le festival et Le Train-Théâtre : cliquez ici

Lire dans le contexte là

Dans les coulisses du Théâtre, il y avait sur les murs des affiches, celles d’artistes venus, applaudis, fêtés, passés.

Passer sur scène, passer la rampe, passer sur les antennes des spectateurs.

 

09 juin 2011

Le devoir : dans la bibliothèque de Diane Tell

« Il y a quelques mois, on s’en rencontré dans le lobby d’un hôtel de Montréal pour parler livres et lecture. Le temps a passé et le résultat de cette rencontre est désormais en ligne (depuis aujourd’hui) par abonnement gratuit via iTunes ou encore sur le site du Devoir, plus tard dans la journée.

Merci encore pour cette rencontre, pour ce voyage dans les bouquins qui ont marqué votre vie et pour votre participation à ce projet de balado du Devoir.

Vous pouvez bien sûr largement diffuser ce lien »

DANS LA BIBLIOTHÈQUE DE DIANE TELL

Fabien Deglise
Journaliste
Le Devoir

Je viens de recevoir ce mot de Fabien et d’écouter l’entretien qu’il a réalisé dans le hall de l’hôtel Germain à Montréal le 9 août 2010, la veille de mon départ pour Val d’Or à l’occasion du 75 ème anniversaire de MA ville ! Je me souviens de cette rencontre, quelques minutes après l’atterrissage ! Quel bonheur de redécouvrir ces livres ! Tendez l’oreille, ça vaut le coup ! Il suffit de cliquer sur le premier lien : Dans la bibliothèque de Diane Tell.

Les 5 livres de Diane

1 Friedrich Nietzsche – Poésies – Editions Gérard Lebovici 1984

2 José Ortega y Gassset – Ecrits en faveur de l’amour – Distance 1986

3 Mireille Havet – Journal (en plusieurs volumes) Editions Claire Paulhan – 2003/2010

4 Boris Vian – En avant la zizique – Le livre contemporain – 1958

5 Nik Cohn – A wop bop a loo bop a lop bam boom – Editions Allia – 1969 -1999 pour l’édition française.

04 février 2010

Je chante Magazine – Spécial Boris Vian – Décembre 2009

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Diane Tell enregistre des standards

de jazz adaptés par Boris Vian

Surprenante Diane Tell ! Cinq ans après « Popeline », elle se lance dans une aventure dans laquelle on ne la voyait pas a priori : un album entièrement consacré à Boris Vian, joliment intitulé « Docteur Boris et Mister Vian » !

Pour Diane, le projet d’enregistrer un disque de jazz en français remonte à trois ans. Sur son site, dianetell.com, la chanteuse tient un blog régulièrement actualisé. Le 23 juin 2009, date anniversaire de la mort de Vian, elle lui « poste » une lettre de Biarritz, sa ville adoptive… La sublime version de My one and only love de Johnny Hartman, enregistrée avec John Coltrane en 1963 sur le label Impulse, a été le déclencheur…

« Mon premier réflexe fut de chercher dans ton oeuvre d’autres merveilleuses adaptations de standards de jazz et sans faute, j’en ai trouvé tout un lot ! Une quarantaine peut-être. Venant de toi, je ne fus pas surprise. Tu aimais tellement cette musique. Que tu te sois penché sur elle, ta plume à la main, ne me surprend pas. Ce qui m’étonne encore aujourd’hui c’est qu’il existe très peu d’enregistrements de ces chansons. Quel beau travail Mister Boris. Une des plus belles matières qu’il m’ait été donné de chanter, cher Docteur Vian ! J’en ai choisi 16 et j’ai contacté le musicien, compositeur, arrangeur et auteur le plus brillant que je connaisse. L’homme de la situation. Celui qui allait créer l’ambiance musicale du projet la plus parfaite. Un son qui devrait te plaire. Ce monsieur est Laurent de Wilde. Par chance, il a accepté d’enregistrer avec moi des maquettes piano-voix et de là, nous avons construit étape par étape ce qui va devenir un des très rares albums de chansons françaises de jazz réalisés depuis les années 60. »

Prévue pour le mois de juin 2009, la sortie de l’album est reportée de quelques mois… pour cause d’ « encombrement médiatique » mais aussi pour des questions de droits. « Tu connais la musique ! Il faut une autorisation pour adapter une chanson. Plus exactement pour enregistrer et publier une adaptation d’une chanson. »

Toi qui a pris mon coeur

« Tu te souviens de My one and only love ? Cette si jolie chanson de Robert Mellin et Guy Wood ? La première fois que j’ai écouté ce morceau, c’était dans une version de John Coltrane avec Johnny Hartman. Un chef d’oeuvre ! Je l’ai apprise en anglais et l’ai même chantée à la télévision en 1991 ou 1992, je ne sais plus. Je me souviens de la belle robe longue bleue nuit que je portais ce jour-là. Une création pour l’occasion de Mine Vergès… C’est à cette époque que j’ai rencontré ton frère Alain ! Je cherchais un orgue de Barbarie pour le spectacle Marilyn Montreuil. Il m’a recommandé d’en faire fabriquer un tout neuf par monsieur Oudin. Je l’ai fait. J’ai suivi son conseil, mais je n’ai pas eu le plaisir de le revoir pour parler de toi. Il disait avoir tout un tas de textes dans ses malles… Quelle idiote de ne pas avoir pris le temps de repasser à sa boutique. Je m’en veux encore… Et puis un jour, par hasard, j’ai trouvé dans un bouquin une adaptation de cette chanson en français : Toi qui a pris mon coeur… Des nues, je suis tombée sous terre ! Depuis, je la chante à chacun de mes concerts. Figure-toi qu’aujourd’hui même, jour de cet anniversaire si célébré, le tien, j’ai reçu de l’éditeur de My one and only love l’autorisation de publier l’enregistrement que nous venons tout juste de terminer ! Drôle de coïncidence non ? »

Des seize chansons prévues, Diane Tell en propose onze. Sur l’album enregistré à Paris au studio Acousti par Alain Cluzeau, elle est accompagnée par un quatuor dirigée par Laurent de Wilde (piano, arrangements et direction musicale), Christian Brun (guitare), Darryl Hall (contrebasse), Laurent Robin (batterie). Ce sont onze superbes ballades de jazz adaptées par Vian, dont quelques unes furent enregistrées du vivant de Boris, comme J’en ai marre de l’amour (Catherine Caps), Celui qui tient le monde dans ses mains (Stephen Bruce), Ma chansonnette (Henri Salvador), Nana’s lied (Catherine Sauvage)… Les autres, souvent des standards des années 20 et 30 remis au goût du jour dans les années 50, sont — sauf erreur — parfaitement inédits en français et c’est à Diane Tell qu’il revient de les créer : Rue d’la flemme, J’voudrais encore être amoureuse, Voyage au paradis, Vous auriez bien pu, Moi sans toi, Lui, toi et moi, Toi qui a pris mon coeur… Des titres rares et un répertoire peu couru : bienvenue, Diane, au club des interprètes de Vian !

R. B.

• « Docteur Boris et Mister Vian », CD Rue Stendhal. Digital : Believe

JE CHANTE MAGAZINE N° 5 — 2ÈME ET 3ÈME TRIMESTRES 2009 — PAGE 59

28 janvier 2010

Ursula Vian Kübler a rejoint les étoiles

Je viens tout juste d’apprendre la disparition d’Ursula  Vian Kübler ce 18 janvier. Je survolais pourtant les journaux autant que possible en Amérique du sud mais ce communiqué de l’AFP m’a échappé.

Mort de la veuve de Boris Vian, la danseuse et artiste Ursula

Vian-Kübler

La veuve de Boris Vian (1920-1959), Ursula Vian-Kübler, est morte dans la nuit de dimanche à lundi, à l’âge de 81 ans, à Eus (Pyrénées-Orientales), a annoncé le directeur artistique du Festival musical d’Eus, Michel Maldonado.

Cofondatrice de la Fondation Boris Vian, devenue la Fond’action Boris Vian, engagée dans la promotion de l’oeuvre de l’écrivain, poète et musicien, Ursula Vian-Kübler, qui résidait à Eus, fut la seconde femme de Boris Vian, qu’elle épousa en 1954.

D’origine suisse, elle fut danseuse à l’Opéra de Zurich, avant de danser avec Maurice Béjart et d’être engagée par Roland Petit dans « Les ballets de Paris ». Après l’opéra et le théâtre, elle tint des rôles importants dans plusieurs films, dont des oeuvres de Louis Malle, Agnès Varda et Roger Vadim.

Ursula Vian-Kübler, également « régente » au Collège de pataphysique, s’est attachée depuis 1960 à faire connaître l’oeuvre de Boris Vian, mort le 23 juin 1959 à 39 ans, et à promouvoir la création chez les jeunes artistes, notamment via la Fond’action.

« Ursula était une grande dame, une personne fantastique qu’on aimait énormément. Il y avait toujours de la fantaisie dans ses yeux, dans ses mouvements. C’était une forte personnalité, secrète mais toujours présente », a déclaré à l’AFP Michel Maldonado.

L’hommage rendu à l’écrivain inclassable en 2009, à l’occasion du cinquantième anniversaire de sa disparition, « c’est ce qui la faisait vivre », a ajouté le directeur artistique du festival d’Eus.

La Fond’action Boris Vian dispose de deux centres culturels, l’un à Paris, Cité Véron, dans le 18e arrondissement, où il vécut, l’autre à Eus, petit village médiéval catalan classé, surplombant la vallée du Conflent, face au Canigou, à proximité de Prades. AFP

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Je n’ai pas eu le privilège de la rencontrer mais je sais par Nicole Bertold qu’elle suivait de près la réalisation de notre projet. C’est Nicole qui m’a fait parvenir cette photo prise dernièrement chez elle à Eus.

Je propose d’envoyer à Nicole et à tous les proches de la famille et du fond d’action tous les message de sympathie que vous laisserai ici.

Pour compléter ce post et si vous voulez entendre la voix d’Ursula parler de Vian, voici une très sympatique interview du Nouvel Observateur réalisée en 2003.

Didier Jacob : quel bon Vian vous amène?
Le Nouvel Observateur du 19 juin 2003 : Ursula Vian Kübler parle

Alors que paraissent les deux derniers volumes de son oeuvre complète, Ursula Vian Kübler, la veuve de l’auteur de «l’Ecume des jours», évoque devant Didier Jacob le génial prince de Saint-Germain-des-Prés, mort à 39 ans.

Boris Vian est vaincu: terrassé sous le poids de ces 15 tomes bien ventrus, de ces 9662 pages et 1524 notes de bas de page, de ces 35 préfaces et introductions, de ces quarante ans d’efforts enfin déployés par ses amis, disciples et la seconde femme de l’auteur, mandataire légale de la succession, pour tenter d’élever un monument au Facteur Cheval de la littérature. Facteur ? Un bureau de poste, plutôt : ingénieur zazou, compositeur de tubes (le mot est de lui), trompettiste, mécanicien, écrivain français et auteur américain, traducteur, bricoleur, équarrisseur de 1re classe au Collège de Pataphysique, réformé des armées et déserteur pour la rime, chroniqueur de jazz et directeur de maisons de disques, dramaturge, poète, ambassadeur des caves de Saint-Germain-des-Prés. Manque seulement l’armoire à cuillères, qu’il eût inventée du reste, s’il en avait eu le temps.

Le mystère Vian, c’est bien sûr d’avoir su mettre autant de talents dans un si petit bocal – sa vie. Mais il est aussi dans l’incroyable appel que ses livres lancent encore à la jeunesse. Vian demeure, parce qu’il était, non pas de, mais, son époque. Moins existentialiste que libertaire et fantaisiste, il marque le triomphe de l’esprit de calembour sur la langue de plomb des grands binoclards de son temps – «Merloir de Beauvartre», «Pontartre de Merlebeauvy», «Sarvoir de Perteaumilon», «Beaupont de Sarmertrelepy», «Ponbeaumerle de Sarvoirtre», «Merboitre de Ponteausavoir». Dans «engagé», il y a «âgé». Vian mourut de ne pas vieillir, pétitionnant seulement pour la vie, au moins l’allongement de la durée de la sienne. «Quoi de plus seul qu’un mort, de plus tolérant, de plus stable, de plus adapté à sa fonction, de plus libre de toute inquiétude? Un mort, c’est bien. C’est complet. Ça n’a pas de mémoire. C’est terminé. On n’est pas complet quand on n’est pas mort.»

Vian complet ?

Presque, répond Ursula Vian Kübler, la seconde épouse de Boris, dans le petit village d’Eus où elle réside, à quelques kilomètres de Prades, dans les Pyrénées : seules manquent les comédies musicales, et la correspondance, qu’il est trop tôt pour publier. «Mais je n’ai rien déchiré. Pas le moindre papier. Je ne suis pas une veuve abusive», explique-t-elle, régnant sur le souvenir dans une maison nichée sous une église, la dernière avant que le chemin ne se perde dans les rochers. Elle est méfiante, recluse, lassée. N’empêche: les souvenirs reviennent, la surprise-partie reprend.

Le Nouvel Observateur. – Comment avez-vous rencontré Boris Vian?

Ursula Vian Kübler. – C’était lors d’un cocktail, chez Gallimard. J’habitais alors à Paris, après avoir vécu en Suède et à Zurich. Je logeais dans une pension pour jeunes filles de bonne famille, avenue des Champs-Elysées. J’avais 19 ans, je prenais des cours de danse au studio Vacaire, où tous les danseurs allaient s’entraîner. Il y avait Roland Petit, Maurice Béjard, Zizi Jeanmaire.

N. O. –Quelle a été votre première impression en le voyant?

U. Vian Kübler. – Il était très séduisant, très pâle, grand, avec un beau sourire. Je ne savais pas encore qui il était. Je l’ai revu chez lui, avec Django Reinhardt. Parlotte de ceci, petite parlotte de cela. Il avait une réputation très sulfureuse à l’époque. On m’avait dit: c’est le diable.

N. O. –Et vous l’avez épousé…

U. Vian Kübler. – Oui. Ça n’a pas été toujours facile. D’abord on n’avait pas un rond. On habitait au 8e étage dans une seule pièce-cuisine. Moi, je dansais, j’avais mon métier. J’étais souvent en tournée, ou bien sur scène. Et lui-même a commencé à chanter, donc on se voyait après le spectacle. C’était la nuit, on se racontait notre soirée, s’il y avait eu du monde…

N. O. – Vous viviez dans une seule pièce, mais Boris Vian allait d’un talent à un autre.

U. Vian Kübler. – C’est vrai. Par exemple il était très bricoleur. Il avait fait des aménagements lui-même, pour mettre le lit, le pick-up. Il travaillait beaucoup; il faisait des traductions pour vivre. Je me souviens qu’il avait traduit en deux semaines les 900 pages des «Mémoires» du général Bradley. Comme il n’écrivait pas à la machine, mais à la main, il avait la crampe de l’écrivain. Après, il s’est vengé en écrivant «le Goûter des généraux».

N. O. – Il a beaucoup souffert des attaques dont il a été l’objet, à la sortie de «J’irai cracher sur vos tombes»?

U. Vian Kübler. – C’est un titre maudit. Il a essayé de se défendre, mais en vain. On était moralement épuisés, il était malade, et on vivait toujours dans ce studio minuscule. Donc j’ai dit qu’on ne pouvait plus rester là. On a déménagé pour aller habiter cité Véron. C’est ainsi qu’on est devenus les voisins de Jacques Prévert. Il y avait une terrasse, où l’on a organisé les grandes soirées pataphysiques.

N. O. – Vous vous souvenez de ses concerts, des folles nuits de Saint-Germain-des-Prés?

U. Vian Kübler. – Quand je l’ai connu, cette époque était déjà presque terminée. Je l’ai entendu une seule fois jouer de la trompette, à un bal de banlieue, avec Abadie. Comme il était gravement malade du cœur, il ne pouvait plus jouer, il avait donc fait cadeau de son instrument au fils d’un ami. Ça le rendait triste de ne plus pouvoir jouer, alors son frère Alain lui a offert une guitare lyre, et il a appris à jouer là-dessus, et à composer.

N. O. – Il avait aussi la passion des voitures de sport.

U. Vian Kübler. – Il adorait ça. On a eu la fameuse Brasier de 1911, qu’il avait trouvée chez un vieux monsieur qui s’en est séparé en pleurant. Boris s’occupait de l’entretien du moteur, moi j’étais préposée aux cuivres. Seulement quand on l’a sortie, pour la première fois, on s’est aperçu qu’elle buvait 40 litres aux 100. On a fait des virées mémorables à Saint-Tropez, où on louait une petite maison de pêcheurs. Après il s’est acheté une Morgan. Je l’ai toujours ici dans un garage. Moi, j’avais une BMW. Et attention, toutes des voitures décapotables. Il aimait conduire très vite, mais il détestait les voyages. Il n’a jamais été aux Etats-Unis, par exemple, alors qu’il était immergé dans ce décor et cette mythologie. Mais le jazz lui suffisait. Quand il avait besoin de renseignements, pour un livre, sur telle ou telle ville américaine, on achetait la carte et il se repérait sur le plan.

N. O. –Pourquoi a-t-il arrêté d’écrire des romans?

U. Vian Kübler. – A cause de ce silence autour de son œuvre. Personne n’en parlait. Donc il s’est mis à écrire des chansons, d’abord parce que ça va plus vite, et puis parce qu’on peut écrire un roman dans une chanson. Il était dégoûté du milieu littéraire. C’est difficilement imaginable aujourd’hui, mais ses romans étaient totalement inconnus de son vivant. Sauf d’une poignée d’admirateurs et d’amis, comme Raymond Queneau.

N. O. – Il a également assuré la direction musicale de plusieurs grosses maisons de disques.

U. Vian Kübler. – Oui, pour gagner sa vie. Il est entré chez Fontana, où il s’occupait du catalogue de jazz. Puis chez Phillips, où il a enregistré des tas de jeunes complètement inconnus, au désespoir de la maison.

N. O. – Depuis sa disparition, vous avez lutté pour que son œuvre soit accessible dans son intégralité. C’est maintenant chose faite.

U. Vian Kübler. – Quand Boris est mort, j’ai commencé à classer, à chercher, à mettre de l’ordre. Ce qui m’a le plus ému, c’est quand j’ai retrouvé «Je ne voudrais pas crever». J’ai retrouvé aussi «Quand j’aurai du vent dans mon crâne», un manuscrit à l’écriture un peu désespérée avec en bas une signature qui descendait. J’ai tout fait taper, tout classer, puis Nicole Bertolt a repris le flambeau. C’est un travail qui a pris quarante-cinq ans.

N. O. – Ce qui frappe, c’est l’ampleur de l’œuvre, qui est à la fois celle d’un moraliste et d’un touche-à-tout, d’un humoriste et d’un grand sentimental. Comment parvenait-il à concilier toutes ces écritures différentes, de la comédie musicale à la traduction, de la chanson à la critique de jazz?

U. Vian Kübler.– C’est le signe d’une vraie liberté d’esprit. Je ne sais pas comment il faisait. Il passait de l’un à l’autre, il était toujours en retard pour remettre la copie. Je me souviens que les gens de «Jazz Hot» attendaient à la porte pendant qu’il finissait ses articles. Il les écrivait d’une traite, vite et bien, sans ratures, sans fautes.

N. O. – Vous sentiez, vers la fin, qu’il allait mourir?

U. Vian Kübler. – Il m’avait toujours dit de ne pas trop m’attacher à lui. Il avait même senti, je ne sais pas comment, qu’il ne vivrait pas jusqu’à 40 ans. Et en effet il faiblissait. Je restais près de lui. Il regrettait que la médecine ne puisse rien pour lui. Je me souviens qu’il m’avait dit: «Si je pouvais changer de cœur, je le ferais tout de suite.» Mais on n’a rien pu faire. Vous savez qu’il est mort dans une salle de cinéma, à la projection de «J’irai cracher sur vos tombes», un film contre lequel il s’était beaucoup battu. C’était un crève-cœur pour lui d’assister à cette chose qu’on lui avait volée. Il m’avait dit de ne pas venir. Voilà. Ça l’a tué, ce film, ce livre, tout le reste. Après sa mort, j’ai reçu une lettre anonyme où il y avait seulement ces quelques mots écrits: «Si j’allais cracher sur sa tombe maintenant?» Vous voyez, toujours ce titre maudit.

Propos recueillis par Didier Jacob

Retrouvez ici le site du Fond’action Boris Vian

03 novembre 2009

Le petit spécimen bleu tisse la toile and I Buzz like a Bee !

Le petit spécimen bleu fait son chemin sur le net ! Heureux comme un insecte sur une toile ! It buzzes like a Bee ! Voilà un titre de post qui ne risque pas d’attirer les foules, les mouches peut-être ! Justement, je veux être discrète sur ce coup ! Car j’ai un peu honte de… c’est que… on est très content de… ! C’est nul de dire l’air fier… :(

:) Hier est sortie la version digitale de l’album. J’ai été bluffée ! Le même jour ou presque apparaît sur les pages des principaux magasins français en ligne la pochette de l’album et le superbe spécimen bleu de Rancinan ! C’est joli et on le remarque non ? N’ai pas pu m’empêcher de photographier en quelque sorte cet instant un peu rare ou plusieurs sources au même moment se font l’écho d’un album auquel j’ai participé…

Docteur Boris & Mister Vian te voilà ! Sur I Tunes, dans une vingtaine de pays. En France sur toutes les plate-formes. Pour ceux qui suivent la progression du projet depuis le Japon, St-Germain ou le Live, une étape est franchie. L’album est né. D’une certaine manière je ne peux plus rien pour lui ! Ne peux plus intervenir. C’est ce passage qui est difficile à supporter. L’album est ce qu’il est ni plus ni moins. Espérons ni trop ni pas assez ! Mais revenons à ces dernières 24 heures dans la vie d’un album !

Il faut tout de même reconnaître au monde numérique certaines qualités et autres avantages… Une telle synchonisation est techniquement possible pour la mise en place d’un CD mais presque irréalisable. En ligne on ne parle pas de mise en place mais de mise en avant. Le magasin édite une sorte de magasine de ses produits et affiche ses choix. L’album est mis en avant, c’est à dire : visible à l’oeil distrait ! La tête de gondole du net pour un artiste musicien francophone c’est un gros pavé sur la page d’accueil VF d’I Tune le jour de la sortie ! Voilà ! C’est dit ! Merci I Tune France !

C’est une première pour un de mes disques cette sortie en avant-première numérique, pas pour le Label Believe qui a fait toutes les connections ! Hum… 5 e-toile !

Dr Boris 2 et 3 novembre 2009

02 novembre 2009

Sortie digitale de l’album aujourd’hui !

sortie digitale de DrBoris MrVian

La version digitale de l’album Docteur Boris & Mister Vian sort aujour’hui. Sur I tune store : (pour faire court) en Europe, en Amérique du nord, dans le Commonwealth… Je l’ai aussi repéré sur Virgin Mega en France… Il n’est pas partout… Au Japon par exemple où je n’ai pas encore signé les droits, il faudra attendre. On le trouve sur Deezer si vous aimez le streeming… mais le son n’est pas celui de la version proposé à la vente… Je suis heureuse…Bonne vie au Docteur Boris !

08 octobre 2009

Docteur Boris & Mister Vian – Album Jazz – 2009

Front Docteur Boris Mister vian

1 J’voudrais encore être amoureuse

2 Rue d’la flemme

3 Voyage au paradis

4 J’en ai marre de l’amour

5 Ma chansonnette

6 Vous auriez bien pu

7 Moi sans toi

8 Nanna’s lied

9 Lui toi et moi

10 Toi qui a pris mon cœur

11 Celui qui tient le monde dans ses mains

Crédits

Auteurs, compositeurs et leurs éditeurs

Tous les textes sont de Boris Vian

J’voudrais encore être amoureuse – Titre original : I wish I were in love again (Richard Rogers/Lorenz Hart) © Warner Chappell Music France

Rue d’la flemme – Titre original : Easy Street (Alan Jones Rankon) © Mellin Robert Music Publ. Corp C/O EMI Music Publishing France/Caravelle Editions Musicales Sa C/O Universal Mca Music Publishing France

Voyage au paradis – Titre original : Get Happy (Harold/Ted Koehler) © Societe P.E.C.F C/O Warner Chappell Music France

J’en ai marre de l’amour – Titre original : I’m through with love (Joseph Livingston/Matt Malneck/Gus Kahn – adaptateurs : Boris Vian/Paul Pique) © Publications Francis Day C/O EMI Music Publishing France

Ma chansonnette – Titre original : Sam’s song (John M Elliott/Lew Quadling) © Warner Chappell Music France/Semi Societe

Vous auriez bien pu – Titre original : Bewitched Bothered and Bewildered (Richard Rogers/Lorenz Hart) © Warner Chappell Music France

Moi sans toi – Titre original : ‘Deed I do (Walter Hirsch/Fred Rose) © Publications Francis Day C/O EMI Music Publishing France

Nanna’s lied – Titre original : Nanna’s lied (Kurt Weill/Berthold Brecht) © Droits réservés

Lui toi et moi – Titre original : This song is you  (Jerome Kern/Oscar II Hammerstein) © Universal Music Publishing/Warner Chappell Music France

Toi qui a pris mon cœur – Titre original : My one and only love (Robert Mellin/Guy Wood) © Colgems-EMI Music Inc /Avec l’aimable autorisation d’EMI Music Publishing France

Celui qui tient le monde dans ses mains – Titre original : He’s got the whole world in his hand (« traditional » adapté par Geoff Love) © Warner Chappell Music France

Textes reproduits, adaptations interprétées avec l’aimable autorisation de la Coherie Boris Vian, Warner Chappell, EMI et Universal UK.

Musiciens

Laurent de Wilde : piano

Christian Brun : guitare

Darryl Hall : contre basse

Laurent Robin : batterie

Studios & ingénieurs

Prise de son : Alain Cluzeau aux studios Acousti Paris France.

Ingénieur Pro-tools : Ludovic Palabaud.

Assistants : Jérémi Derruppe et Charlie Sénécaut.

Mixage : Goh Hotoda à Atami City Japan

Mastering : Simon Davey au studio The Exchange London UK

Artwork & photographie

Photographie : Gérard Rancinan assisté de Vincent Tavernier et Aurélia Thevenin

Artwork : Vu Intégral

Stylisme : Ricardo Martinez Paz

Costumes : Victor Férès

Coiffure : Alain Luzy

Maquillage : Aline Chassé

En couverture de l’Artwork, la photographie Specimen # est extraite de l’Å“uvre de Gérard Rancinan : Metamorphose exposée au Palais de Tokyo à Paris en novembre 2009.

WWW & Vidéo

Pages Web 2.0 & Site Internet : Jean Pierre Joignant, Julie Lesgourgues et Céline Carini pour Rezo21 www.rezo21.net

Film d’animation « Rue d’la flemme » :  Bastien Cheval

Réalisation & Production

Réalisation : Diane Tell et Laurent de Wilde

Arrangements et direction musicale : Laurent de Wilde

Production exécutive : Diane Tell

Production : Tuta Music Inc.

 

21 septembre 2009

J’en ai marre de l’amour – WARNING !

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Premier extrait du master définitif de l’album. « J’en ai marre de l’amour », version française par Boris Vian de « I’m through with love » (Levingston/Kahn,/Malneck)

J en ai marre de l amour

09 septembre 2009

Rue D’la Flemme – Diane Tell – Animation : Bastien Cheval

Rue d’la Flemme – Diane Tell – VF Boris Vian from Diane Tell on Vimeo.

Rue D’la Flemme

La vidéo ! J’ai le plaisir non dissimulé de vous faire partager ces images, ce son, cette chanson… Qu’une envie, féliciter tous ceux qui ont participé à l’ensemble du projet ! Milesker !

Les autres vidéos de Bastien Cheval sur Daily Motion

Animation : Bastien ChevalTexte : Boris Vian – Titre original : Easy Street (Words and music by : Alan Jones Rankon) © Mellin Robert Music Publ. Corp C/O EMI Music Publishing France/Caravelle Editions Musicales Sa C/O Universal Mca Music Publishing France – Musiciens : Laurent de Wilde : piano / Christian Brun : guitare / Darryl Hall : contre basse / Laurent Robin : batterie - Prise de son : Alain Cluzeau aux studios Acousti Paris France / Ingénieur Pro-tools : Ludovic Palabaud /Assistants : Jérémi Derruppe et Charlie Sénécaut – Mixage : Goh Hotoda à Atami City Japan – Mastering : Sam Davey assisté de Chris Johnson at The Exchange London UK – Master vidéo réalisé par Lionel Julien chez Télétota Paris France.

Arrangements et direction musicale : Laurent de Wilde – Réalisation (audio) : Diane Tell et Laurent de Wilde

Production exécutive : Diane Tell – Production : Tuta Music Inc. ©Tuta Music Inc.