Petit jeu littéraire – texte de Mireille Havet
J’aimerais vous faire découvrir les extraits choisis d’un journal sans vous donner le nom de son auteur… Le nom de celle, car c’est une femme, qui a écrit ces pages vous sera révélé au dernier épisode. Peut-être allez-vous reconnaitre le style, l’humeur, le parfum de cette très jeune personne en lisant ses mots. Je les adore ces mots… Les images ont été cueillies au fil de mes balades dans Paris…Voici le premier extrait.
Depuis hier, j’ai une nouvelle fixité, c’est cette Petite Nicoll, si séduisante et belle, et que je sens perdue dans les mêmes limbes d’erreur où je me débattais moi-même encore l’an passé. Que veut-elle, si ce n’est l’amour comme moi-même, elle les cherche à travers le monde, ce qu’elle croit le monde, enfin, depuis Emilienne d’Alançon, Musidora et Sergine, jusqu’à Dieu sait quelle petite fine amie de sa mère, ou simplement silhouette aperçue à l’entracte du ciné ! …
… Je serais fière d’être son amie, bien que l’on doive en souffrir, mais j’envie terriblement la sécurité d’Edna Nicoll qui ne cherche rien parce qu’elle aime, et qui a tout parce qu’elle ne cherche pas ! ….
Toute la nuit j’ai pensé à elle.
Toute la journée d’hier, et j’ai parlé d’elle à Irma. Et ce matin, je suis passée deux fois avenue Mercédès afin de multiplier nos chances de rencontre ! mais rien.
Hélas ! la vie de guet et d’attente que j’avais oubliée recommence !
Vraiment je n’ai aucune liberté dès que les êtres m’attirent, aucune patience et je me consume dans l’attente, rêvant de miraculeuses concordances, de réalisations si rapides qu’elles ne seraient guère possibles, et quand l’aventure tombe enfin, comme un oiseau tué, dans ma gibecière, je suis déjà lasse, l’ayant vécu en rêve mieux qu’elle ne sera jamais !
Les femmes que j’ai le plus aimées, je ne les ai pas connues !
Elles sont au fond de moi-même. Derrière mes paupières, entre le sommeil et la vie, comme une passerelle magique faite de grâce et de féminines tendresses. La réalité, hélas ! me paraît bien incomplète à côté de tels rêves. Il manque toujours quelque chose ! On n’est jamais heureux, toujours préocccupé, craintif.
Vers mon silence ! Dans mon silence fleurissent les plus belles fleurs, souvent les plus beaux visages, les étreintes les plus souples, et j’arrive à croire que le meilleur de l’amour est l’imagination d’un amour parfait ou d’un amour ajourné par l’absence, ou bien encore son souvenir épuré des lumières laides, des tristesses, des inconforts, et des visages soudainement fatigués qu’on ne reconnaît plus !
Je crois toujours pouvoir jouer sans mettre mon cœur dans la partie, et c’est mon cœur hélas qui m’entraîne. Il y a trop de charme dans la connaissance d’un être totalement nouveau et qui vient vers vous du fond de sa vie comme un chemin de fer du fond du voyage.
La locomotive garde toujours une ombre de secret et de paysage inracontable sur ses flancs noirs, et l’être a sur son visage même le reflet de son âme invisible !
Mon désir violent de possession immédiate fait que je souffre enfantinement et comme d’une déception de ne pouvoir me lier d’amitié et pour toujours, la première fois que je vois un être pour lequel ma sympathie est ardente ! Pourquoi tant de préambules, tant de perte de temps, tant de connaissance morcelée en heures lointaines et en paroles diverses ! Ne vaudrait-il mieux pas profiter de l’auréole qui marque quelque temps l’être nouveau, profiter de l’illusion ? Hélas ! n’aurait-il mieux pas valu, au lieu de tant attendre, de tant psychologuer, coucher avec Mary quand nos désirs étaient réciproques, et quand nous nous connaissions assez peu pour que cela garde une belle saveur de scandale et d’aventure curieuse !
Attendre ! toujours attendre ! se soumettre à la vie capricieuse qui recule, jusqu’à la déception totale, les bornes du bonheur.
Nous sommes bien trop lents, et je sens monter en moi une sorte de sensualité brutale et immédiate, qui me fait désirer l’épuisement rapide de mes convoitises, et ceci sans parole et sans rémission.












Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine…
Et ce journal est de 1918-1919 ?
Oui il faut être courageuse pour avoir écrit comme cela. Je ne connaissais pas mais je pense bien que je viens de découvrir les initiales M. H.
Décédée à seulement 34 ans…
Le manuscrit a été retrouvé en 1995…
Intéressant de trouver des informations sur une auteure…
G. A. pour celui de Ley et il y a un lien avec cette auteure. Pour G.A. et ce poème on pense à Marie L. que lui avait présenté un certain Picasso…
je ne trouve pas qui est ce ?!!!
j adore sa facon d ecrire!!
qui est ce !!
ouf j ai trouvé
Si vous pensez avoir trouvé, donnez vos sources pour jouer un peu… je vous donne la réponse au cinquième épisode… d’ici là, tout le monde aura certainement trouvé mais bon… les sources ?
Si on donne les sources ou les liens bien cela donne la réponse tout de suite…
Mais moi comment ai-je trouvé tout d’abord en tapant Edna Nicoll et je me demande si c’est la même…
Ensuite c’est bien simple j’ai copié des parties du texte et les ai mises dans ma recherche Google…
Et le premier site trouvé qui semblait être bon provenait d’un Portuguais retraité vivant à Lisbonne qui travaillait dans l’administration fiscale de son pays. Sur son site il y a une revue de presse de 2003 : un article de Libération par Elizabeth LEBOVICI du jeudi 10 avril 2003, Le Nouvel Observateur de la semaine du jeudi 13 février 2003- no 1997- livres, (…) le Télérama numéro 2776 du du 29 mars 2003…
Je nomme pas la maison d’éditions car là ce sera tout trouvé…
Sur Télérama.fr maintenant en date du 2 août 2008…
Il y a un article de Fabienne Pascaud…
Je donne trop d’indices ?
Pour Edna Nicoll probablement pas la même… Et en faisant cette recherche là on voit infirmière américaine…
Bien joué Denis… ne donne pas la réponse mais je vois que tu l’as trouvé… c’est trop facile avec Internet… Edna Nicoll est bien une infirmière… Je crois qu’elle était surtout chauffeur, première guerre mondiale…
J’en ai trop donné c’est vrai…
Ici au Canada il y a un jeu la nuit pas nécessairement littéraire à l’émission »La nuit, la vie » et on les contacte pour donner nos réponses… Et ils disent en ondes qu’on a trouvé la bonne réponse sans la donner ou donnent notre prénom et notre mauvaise réponse…
Pour bien jouer il aurait quasiment fallu t’envoyer nos réponses par mails et ici tu aurais répondu…
Leys tu as la bonne réponse… Et son indice aurait pu être donné aussi… En tous les cas… Il y a des gens qui ont pu être frustrés parce que j’ai pratiquement donné la réponse…