12 mars 2013

DIANE TELL – UNE/BIO 2013

Diane Tell – Une/Bio

Des débuts

diane au conservatoire

au conservatoire de Val d’Or, Québec

Si vous avez eu l’occasion d’assister à l’un de ses tout derniers spectacles en solo au Québec ou en France, vous connaissez l’histoire de ses débuts de musicienne. Tout sourire, entre deux chansons, Diane Tell raconte au public attentif les heureuses circonstances qui ont mené la petite Québécoise d’Abitibi sur le chemin de ses premiers succès d’artiste auteur-compositeur-interprète.

Diane Tell « Un ami de mon père, Edgard Davignon, désirait fonder un conservatoire de musique à Val d’Or où nous habitions. Dans mon souvenir, il lui fallait un minimum de 26 élèves pour réaliser son rêve. Mes frères et moi avons été élus d’office « élèves fondateurs » de cette toute petite école de musique installée au sous-sol du poste de police ! J’y ai étudié le violon quelques temps mais n’aimais pas ça… En revanche, j’adorais mon professeur Luis Rebello qui décela chez moi un don pour la musique et m’encouragea à changer d’instrument et à poursuivre mes études musicales. Ma première guitare entre les mains, je me suis mise à écrire et à composer des chansons. À 17 ans, j’avais déjà créé une cinquantaine de pièces originales avant d’entamer l’enregistrement de mon tout premier album. »

Le Kamouraska 1978Au Québec, le jazz a maintenant une voix : celle de Diane Tell ! Ce petit bout de femme aux superbes yeux verts est une disciplinée qui croit à l’effort soutenu. Elle écrit les paroles et la musique de ses chansons depuis l’âge de douze ans. Le sérieux avec lequel Diane entreprend sa carrière nous permet de bénéficier d’une musique et d’arrangements aptes à soulever l’attention du grand public par leur qualité…

80’s – Entre nous, En flèche, Chimères, On a besoin d’amour, Faire à nouveau connaissance, Dégriff’moi.

diane tell 1985

1985 photo : Bettina Rheims

Le Devoir – 1981 – Nathalie Petrowski Nommée découverte de l’année mais aussi auteur-compositeur de l’année au Gala de l’ADISQ l’automne dernier (pour l’album Entre nous), Tell devint ce jour-là l’enfant chérie de l’industrie. Ses prix et plus particulièrement son titre de meilleur auteur-compositeur de l’année souleva néanmoins un certain scepticisme dans le milieu, non pas celui des producteurs mais celui des musiciens et des artistes qui ont mal digéré qu’une jeune débutante vole la vedette et les honneurs à des institutions comme Gilles Vigneault et Jean-Pierre Ferland.

Pis encore, Diane Tell remporta à nouveau l’année suivante ce même prix « d’auteur-compositeur » de l’année et ceux de meilleur album, meilleure chanson et meilleure interprète féminine pour « En Flèche » où figure la chanson « Si j’étais un homme »!

Un tel succès ne peut être accompagné que d’éloges. Après la sortie de son quatrième album « Chimères » et les incontournables et très nombreux concerts qui suivirent, Diane Tell partit s’installer en France, pour une année sabbatique, où elle vit encore aujourd’hui.

Les albums, les concerts à l’Olympia de Paris et les collaborations se succèdent. Diane compose sur les textes d’auteurs choisis comme Françoise Hardy, Boris Bergman, Maryse Wolinski et Maryline Desbiolles

90’s – La légende de Jimmy, Marilyn Montreuil, Désir Plaisir Soupir.

diane tell et jerome savary

1992 Avec Jérôme Savary – photo : Diane Tell

La décennie démarre fort en France pour Diane avec « deux coups de théâtre » ! Elle décroche les rôles principaux dans deux nouvelles comédies musicales mises en scène par Jérôme Savary : « La légende de Jimmy » (Berger/Plamondon) et « Marilyn Montreuil » (Savary/Tell) dont elle signe la musique. Plus de 300 représentations sont données au théâtre Mogador pour Jimmy, à Chaillot et en tournée pour Marilyn. De quoi satisfaire une envie de s’exprimer à travers des spectacles portés par des troupes d’acteurs, de musiciens et de chanteurs exceptionnelles.

Le Monde – 1990 – Danièle HeymannRock requiem pour JimmyJérôme Savary met en scène « La Légende de Jimmy », de Michel Berger et Luc Plamondon, une évocation de James Dean, funèbre et belle. Le spectacle a une force qui finit par emporter une adhésion, une émotion un peu lentes à s’installer. Les interprètes sont très bien. Diane Tell, (la fan), ronde et rose, tient la note avec une santé d’airain, et l’Américaine Nanette Workman, un peu raide, un peu méchante fée, un iris noir, est ravissante. Le plus étonnant : Tom Novembre en clergy-man-récitant. Glabre, inquiétant, racé, il impose sa présence, son timbre de catacombes… Des lyrics efficaces, sensibles, une musique confortable où pour l’instant rien ne dépasse. Pas de tube à l’horizon. Sans doute faut-il attendre que le disque soit enregistré, que les radios le « matraquent »… Ce qui déjà éclate, c’est la qualité des éclairages de Jacques Rouveyrollis, la densité nostalgique des toiles hyperréalistes de Guy Peellaert, l’extraordinaire énergie funèbre de la mise en scène de Jérôme Savary.

Diane Tell a Chaillot

1992 Diane Tell à Chaillot dans Marilyn Montreuil – Costume : Mine Barral Vergez – photo : Pascal Béjean

Le Canard enchaîné – 1991 – Bernard Thomas – Marilyn MontreuilRavissante idée que de raconter les mésaventures d’une Marilyn des faubourgs, l’une de ces mômes à la guitare qui rêvent d’Hollywood et de coucher avec le Président, dans l’arrière-salle d’un bistro, aux puces de Montreuil, parce qu’elles ont une jolie frimousse et un charmant filet de voix. Diane Tell est, en effet, ravissante, sa blondeur prend la lumière et son sourire pétille. Le portrait qu’en trace l’auteur-metteur en scène, patron des lieux (Chaillot), est d’ailleurs aussi alléchant que véridique : « C’est vrai qu’elle ressemble à Marilyn, mais à une Marilyn raccourcie, comme si elle avait été compressée par César… »

Après trois ans de travail intense au sein de ces grands spectacles/hommages aux mythiques James Dean et Marilyn Monroe, Diane Tell retourne chez elle au pays basque et surtout revient à l’écriture et à la composition pour « Désir Plaisir Soupir ». Cet album sera enregistré à Londres où elle fera la connaissance d’un musicien exceptionnel, Robbie McIntosh (ex membre du groupe The Pretenders et guitariste de Paul McCartney) avec lequel elle se liera d’amitié et travaillera sur plusieurs projets pour la scène et en studio.

Diane Tell Biarritz 1995

1995 photo : David Scheinmann

Le Devoir – 1996 – Sylvain Cormier – Faire à nouveau connaissance avec Diane Tell - Quand je dis et redis autour de moi qu’il faut absolument écouter « Désir Plaisir Soupir », que ce disque est l’un des plus forts de l’année, qu’il propose un rarissime et ravissant mélange de sensibilité toute latine et de brillante musique pop à la britannique, on fait la moue. Diane Tell ? La (maudite) Française ? Si je voulais vous encourager, je vous dirais qu’elle a renoué sur cet album avec la guitare. Chez nous, c’est entendu, on l’a aimée qu’avec une six-cordes entre les mains, comme au temps de « Gilberto » et « Si j’étais un homme ». Mais bon, au fond, je m’en fous. Frappez-la d’ostracisme si vous voulez. Mais si vous osez écouter l’album, je vous défie de ne pas succomber à ces mélodies, à ces arrangements, à cet exquis quatuor de cordes, à cette voix impossiblement douce à travers laquelle tout passe sans qu’il n’y paraisse, à cette exploration systématique de l’aventure amoureuse qui va de la joie pure à la souffrance indicible. C’est trop réussi. Trop beau. Trop juste.

Voir – 1996 – Laurent Saulnier – La traversée du désir – Éviter « Désir Plaisir Soupir », c’est passer à côté d’un des meilleurs disques parus cette année, tous pays confondus. C’est bouder son plaisir de la chanson pop à son meilleur…

Les années 2000 – Tout de Diane, Popeline, Les Louves sur France Inter, Je m’voyais déjà, Docteur Boris & Mister Vian.

diane tell popeline 2005

2005 – photo : Mélanie Elbaz

« Tout de Diane » (2003), un best of qui aura comme de bien entendu le succès réservé aux compilations gonflées de hits, « Popeline » (2005), un nouvel album de chansons originales réalisé par elle dans les meilleurs studios de Londres, avec ses talentueux amis anglais Robbie McIntosh et Pino Palladino, « Les Louves » (2006), une émission de radio sur les ondes de France Inter, « Je m’voyais déjà » (2008), nouveau premier rôle dans une comédie musicale de Laurent Ruquier d’après les chansons d’une légende vivante, Charles Aznavour, et enfin l’album « Docteur Boris & Mister Vian » (2009) dont le répertoire n’est autre que l’adaptation française par l’écrivain Boris Vian de quelques-uns des plus grands standards de jazz américains… Que dire de plus en une décennie ? Que rêver de mieux pour une artiste ? Qu’attendre d’autre de celle qui continue d’étonner par ses choix, de surprendre par sa ténacité et d’innover dans sa manière d’aborder le métier d’artiste-producteur ?

Le Point – 2003 – Patrick Besson – Toute Diane TellLes septième, huitième et neuvième titres – « Savoir » (1984), « Faire à nouveau connaissance » (1986) et « Je pense à toi comme je t’aime » (1988) – sont mes préférés. Trois discours tendres et déstructurés sur la condition humaine féminine depuis dix mille ans. « Et c’est comme si/T’avais moins envie. » J’aime aussi beaucoup : « Faire à nouveau connaissance / À Montréal ou à Paris. » C’est simple et neigeux comme deux vers posthumes de Pouchkine retrouvés sur une lettre d’amour du poète écrite en français. L’important, dans une chanson, c’est la quantité de désir et la densité du chagrin. La nostalgie compte aussi pas mal. Impossible d’écouter Diane Tell sans penser aux êtres qu’on a perdus par notre faute. C’est toujours notre faute quand on perd quelqu’un, comme les cartes de crédit. Le manque d’attention !

Voir – 2005 – Carlo Sancho – Quoi de 9Diane Tell, après neuf ans d’absence, refait surface avec « Popeline », un superbe album concocté à la maison, dans le Sud de la France, et finalisé dans plusieurs studios, dont le mythique Abbey Road. Si certains chanteurs désirent être omniprésents dans les palmarès et les médias, Diane Tell, elle, préfère s’accorder du temps pour la réflexion, pour sa vie privée et surtout pour la réalisation du meilleur album possible. Elle refuse de décevoir ou de se décevoir, joue sa vie sur chacun de ses disques. Si son nouvel opus était prêt depuis déjà longtemps, son perfectionnisme a fait qu’elle l’a revu jusqu’à en être satisfaite, d’où l’interminable attente infligée à ses fans malgré la sortie d’un best of et la réédition de ses anciens disques pour les faire patienter.

Télérama – 2006 – Anne-Marie Gustave – Tell QuelleDiane Tell anime « Les louves », sur France Inter, pendant l’été. Depuis juillet, armée de son seul micro, Diane Tell chasse « Les louves », des femmes qui attrapent la vie avec leurs crocs et leurs griffes, et surgissent où on ne les attend pas. Des Fanny Ardant, Bianca Li, chorégraphe, Claire Gibault, chef d’orchestre, Miss Kittin… (45 femmes en tout). Spontanée et blagueuse avec ses invitées, la chanteuse casse les codes de l’interview. Chaque jour, elle trouve une idée qui colle à la personnalité de son invitée, imite Arletty ou les speakers hurlants des shows américains. Et elle conçoit cette émission comme une expérience artistique, un coup de projecteur sur sa vedette… Ses interlocutrices, mises en confiance, livrent des confidences très différentes de celles recueillies par les porteurs de micro professionnels. Diane Tell casse les codes. Elle conserve les bruits parasites – et même une conversation téléphonique pendant l’enregistrement de Martine Monteil à la PJ. Elle pose des questions saugrenues, affiche sa jubilation et, surtout, n’hésite jamais à dévoiler des anecdotes intimes. Et cela passe auprès des auditeurs comme une lettre à la poste. Sans doute parce que, aux yeux du public, elle est avant tout une artiste, l’immarcescible interprète de « Si j’étais un homme », la star de plusieurs comédies musicales. Toujours est-il que l’animatrice des Louves a transformé ses « lacunes » en marque de fabrique.

Diane Tell au Gymnase

2008 Diane Tell au Gymnase dans J’ m’voyais déjà – Costume : Mine Barral Verges- photo : Tony Franck

France soir – 2008 – Pour une première, c’est une réussiteAu théâtre du Gymnase, « Je m’voyais déjà »… a donné sa première représentation. Diane Tell et les autres chanteurs ont été ovationnés… Les spectateurs qui sortent du théâtre semblent ravis du moment qu’ils viennent de passer. « C’était génial, j’ai adoré », lance une femme. « Ca va faire un carton », s’exclame un autre. On peut leur opposer le fait qu’avec des chansons de Charles Aznavour, que tout le monde connaît, c’était gagné d’avance. Pas si sûr, c’était surtout le meilleur moyen de rencontrer un cuisant échec. En effet, il est tout de même question d’un monstre sacré de la chanson française. Or cette comédie musicale joue la modernité. Elle met en avant les différences (origine, physique, orientation sexuelle, âge…) de la société actuelle. Et surtout ce sont de jeunes talents qui entourent Diane Tell pour interpréter les classiques du maître… À noter la magnifique présence de Diane Tell qui encadre tous ces jeunes. Son retour dans une comédie musicale est un vrai bonheur.

Libération – 2009 – Bruno Pfeiffer – Diane chante Vian tel queUn météore a explosé la surface tranquille de la lune : son dernier disque “Docteur Boris et Mister Vian”. Le travail enduit de baume les oreilles, puis le reste de la carcasse. C’est tout simplement extra… Un régal. Vian n’aurait sans doute pas hésité à applaudir « Rue de la flemme ». Quel concentré de swing relâché! Quel modèle de grande chanson (tour de force de la traduction)! Pourquoi  citer seulement  le savoureux « Voyage au Paradis » ? Les onze valent le coup. Le disque passe comme un remède à l’imbécillité de la période actuelle… La profondeur légère de l’interprétation s’offre comme un cadeau. Les chorus de Laurent de Wilde, huit ou seize mesures maxi, ne goinfrent pas la mise en place. La complicité de l’ensemble se ressent du respect flagrant que se portent les artistes. Le prochain qui me classe Diane Tell dans la variété, je l’enjoins : jazzons les idées préconçues.

A lire aussi : Alain Brunet, Concert à la place des arts, Sylvain Cormier, et plus et un peu plus

Depuis 2010 – Rideaux ouverts, Jamais su, Les duos improbables, Brel, En continu, Michèle, Histoire de novembre, Une.

DIANE TELL LA PRESSE PAPIER

2011 – en concert Salle Glenn Gould à Toronto – photo : Serge Fortin

Sucrepop – 2011 – Rideaux ouvertsUne petite vignette sonore en introduction où on l’entend fredonner, avant de passer aux choses sérieuses et d’office, ça cogne sec. «  En pointillé », pop song redoutablement efficace, son meilleur titre depuis des lustres. Le son est plus sec, moins sophistiqué qu’à l’accoutumée, mais cela lui sied bien… Diane semble délaisser le son de la vieille Europe pour laisser l’Amérique du Nord prendre le pas et ce changement d’atmosphère donne un coup de fouet bienvenu à son inspiration… « Je sais bien qu’un jour », cette fois non fredonné, futur probable classique de Miss Popeline, au texte émouvant. Les textes d’ailleurs, tournent tous, peu ou prou autour de l’amour et ses différentes déclinaisons. Au final ces rideaux s’ouvrent sur une bien jolie oeuvre, la collaboration avec les Canadiens a revigoré Diane qui nous propose l’un de ses meilleurs disques et à coup sûr l’un de ses plus équilibrés. La légère touche country/rock lui va comme un gant, sa voix est de plus en plus belle…

Le Point – 2012 – Patrick Besson – Chanteuses de charmes Diane Tell est l’intello du showbiz franco-canadien. Elle a commencé dans le jazz, aimé Nabe et chanté Vian. Elle a écrit plusieurs chansons immortelles, ce qui doit faire un drôle d’effet, comme si on entrait de son vivant dans la postérité. Il y a des moments où on doit avoir l’impression de se réveiller dans une tombe. Raison pour laquelle, à la fin du siècle dernier, Diane a eu besoin du grand air de Biarritz ? Surfer n’est pas jouer. « Rideaux ouverts » est l’album de son retour au Canada, en Abitibi exactement. Ne me demandez pas où c’est, j’ai une dent contre les Canadiens : ils descendent toujours mes livres. C’est peut-être parce que mon grand-père avait un bordel à Vancouver. Il y a dans  « Rideaux ouverts » une gaieté brusque et un vague abandon. L’amour vécu laisse des rides légères sur les mots et on marche sur les notes comme sur des oeufs. On entend la délicatesse peureuse de l’âge mûr, qui précède la décontraction absolue de l’âge mort.

En 2010, Serge Fortin et Diane Tell font connaissance à Val d’Or pour les célébrations du 75ème anniversaire de la ville témoin de leur enfance. Ce qui devait être une collaboration éphémère s’est transformé en traversée au long cours de la scène musicale des deux côtés de l’océan. De ces bords tirés à quatre mains naît un album de chansons enregistré à Montréal. À peine sorti en France « Rideaux Ouverts », Diane rencontre par le biais de complices bien inspirés, le DJ/créateur et performer Olaf Hund. Elle lui propose de remixer « En Pointillé », lui donne un enregistrement de sa voix et carte blanche. Le résultat est absolument irrésistible. « En Pointillé » devient « En continu » avec ses trois versions délirantes « Berlin », « Milano » et « Buenos Aires ». La décennie amorcée sous le signe de la collaboration se poursuit de rencontres en rencontres. « Jamais su » d’Anodajay, chanson construite autour du refrain de son succès « Souvent Longtemps Énormément », s’est hissée jusqu’à la première place des palmarès radio et télé pour la vidéo. Diane retrouve Boris Vian sur « L’amour en cage » enregistrée avec l’artiste Dumas pour l’album « Les duos improbables ». Elle chante « Michèle » auprès de Gérard Lenorman pour son album québécois « Les duos de mes chansons ». Elle participe à l’hommage à Brel à la maison symphonique de Montréal avec de nombreux artistes québécois, un spectacle qui partira en tournée en 2014. Elle réalise avec son complice Serge Fortin « Histoire de novembre », premier extrait d’un album à paraître et se lance avec bonheur dans la réalisation de vidéoclips. Trois films ont vu le jour depuis l’été 2012. Enfin, en 2013 sort l’album « Une », une douzaine de chansons de son répertoire interprétées en solo, guitare-voix, comme elle le fait sur scène depuis « Gilberto « jusqu’à « Une », chanson inédite, écrite tout spécialement pour l’album.

Diane Capt Bardenas S

2013 Sur le tournage de Une dans le désert des Bardenas (Espagne) – photo : Diane Tell

Diane Tell « UNE fois pour toutes, je l’ai fait cet album en solo, ce retour sur quelques-unes de mes plages sans l’harmonieuse compagnie de musiciens. Pour UNE fois, je suis partie sans équipage aux alentours de mon île enchantée y prendre l’air de mes chansons pour leur offrir un autre souffle.

Le traitement d’ UNE chanson, l’arrangement musical, la qualité sonore d’un instrument, la couleur d’un effet, voilà tout ce qui souvent donne le ton d’UNE époque. Débarrassées de leur costume de style, les chansons prennent une tout autre tournure, tantôt profonde, tantôt légère.

Pourquoi UNE ? Parce que la voix d’UNE seule femme et le son d’UNE seule guitare se sont unis pour ne faire qu’ UNE. Parce que le mot UNE est l’anagramme de Nue. Parce qu’aucun Anglo-Saxon n’arrive à prononcer correctement cette syllabe. Parce que j’aime la forme que prennent les lèvres quand on dit UNE. »

Albums studio

Premier Album (1977)

Entre Nous (1979)

En Flèche (1980)

Chimères (1982)

On a besoin d’amour (1984)

Faire à nouveau connaissance (1986)

Dégriff’-moi (1988)

La légende de Jimmy (1990) album multi-artistes

Marilyn Montreuil (1992)

Désir Plaisir Soupir (1996)

Popeline (2005)

Docteur Boris & Mister Vian (2009)

Rideaux ouverts (2011)

Une (2013)

Affiche Album W

Compilations et rééditions

Paris/Montréal – Ses plus belles chansons (1987) Polygram

Collection Or et Double Collection Or (1992) Sony

Morceaux Choisis (1993) Sony Music

Tout de Diane (2003) BMG

Les 7 premiers albums en version CD (2003) BMG

Souvent longtemps énormément – Coffret (2007-2009) Sony

Original Album Classics – Coffret 5 CD (2009) Sony

Récompenses

Félix du meilleur auteur compositeur (1980)

Félix du meilleur espoir (1980)

Félix de la meilleure chanson pour Si j’étais un homme (1981)

Félix du meilleur album pour En Flèche (1981)

Félix du meilleur auteur compositeur (1981)

Félix de l’interprète de l’année (1981)

Juno Awards interprète de l’année (1981)

Midem Awards interprète de l’année (1982)

Victoire de la musique pour l’album francophone de l’année avec Faire à nouveau connaissance (1986)

Scènes (principales)

1977 : Débute à l’Évêché de Montréal

1980 : La Place des Arts de Montréal

1982 : Le Théâtre Saint-Denis

1983 : L’Olympia de Paris

1986 : L’Olympia de Paris

1986 : Le Spectrum de Montréal

1989 : L’Olympia de Paris

1996 : Le Spectrum de Montréal

2003 : Le Palais Royal

2003 : Les FrancoFolies de Montréal au Club Soda de Montréal

2003 : Le Théâtre du Petit Champlain à Québec

2005 : Les FrancoFolies de Montréal au Spectrum

2005 : Le Cabaret Music-Hall à Montréal et tournée En Solo mais pas Single

2005 : Le Grand Théâtre de Québec

2006 : L’Européen de Paris

2010 : Les FrancoFolies de Montréal à La Place des Arts de Montréal

2012 : L’Astral, festival Montréal en lumières

2012 : Tournée du Roseq, Festival d’été, Québec

2012 : Les FrancoFolies de Montréal, grande scène.

Comédies musicales

1990 : La Légende de Jimmy de Michel Berger et Luc Plamondon, mise en scène Jérôme Savary, Théâtre Mogador (1990-1991) – 100 représentations

1991 : Marilyn Montreuil, de Jérôme Savary et Diane Tell – interprète et compositeur (1991-1992)

2008 : Je m’voyais déjà, de Laurent Ruquier autour du répertoire de Charles Aznavour – interprète (2008-2009)

Radio

Les Louves sur France Inter, 45 émissions (concept, production, animation) (2006)

Liens

Diane Tell sur ITunes

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28 août 2011

Un peu de son Histoire – Biographie – Août 2011

Diane Tell

Un peu de son histoire

photo : Benoit Charlot

Dans les années 60, la famille de Diane Tell déboule à Val d’Or en Abitibi-Témiscamingue. Michel Fortin, diplôme en poche, compte s’y installer en tant que chirurgien. Ce sera toute sa vie. Cosmopolite région d’en haut accrochée à l’étoile du nord, ses bases sont posées sur un immense plateau incrusté d’or et percé de milliers de lacs gavés de poissons. D.T. « Les façades du centre ville de Val d’Or (fondée en 1935) avaient de faux airs de Far West. La population était composée de québécois d’origine française, de canadiens anglo-saxons, des premières nations, d’invisibles soldats américains dont les avions transperçait le ciel, de ressortissants européens de toutes nationalités. Mon professeur de violon était portugais, le directeur du conservatoire belge et mon premier amour d’origine polonaise… A la maison papa chantait Strangers in the night en s’accompagnant au piano, écoutait Brel en pleurant, Félix Leclerc religieusement et recevait Pauline Julien de passage à souper. Maman aimait la musique classique et l’opéra. Mes grands frères m’initiaient au rock anglo-américain. A 12 ans j’ai écris et composé mes premières chansons. A 13 ans, je les chantais sur la scène de l’école avec mon groupe ! »

A ses débuts

L’adolescente devenue montréalaise fréquente les musiciens de jazz et leurs niches, chante dans les hootenanies et les bars de l’ouest de la ville. Elle poursuit ses études de guitare classique au conservatoire de Montréal et de guitare jazz au C.E.G.E.P. St-Laurent. A 14 ans, grâce à une amie de classe, l’auteur compositeur enregistre une série de 12 chansons de son cru dans les studios d’RCA Victor. De cette matière sera tiré le premier album de Diane devenue Tell. En 4 ans, 3 albums et 2 futurs standards, elle devient l’artiste no° 1 dans son pays. Un 4ème  album Chimères (1982) ne manquera pas de confirmer ce qui déjà n’était plus un essai.

Dès 1981 Diane Tell touche le cœur des Français avec Si j’étais un homme. « Je suis venue à Paris en 1983 pour une année sabbatique et suis restée 4 ans dans la capitale. » Les albums, les passages à l’Olympia et les collaborations se succèdent. Diane compose avec les textes d’auteurs choisis : Françoise Hardy, Boris Bergman, Maryse Wolinski, Marilyn Desbioles… Elle quitte Paris en 88 mais pas la France. A peine installée au Pays Basque, Luc Plamondon et Michel Berger la contactent pour un projet de comédie musicale ambitieux : La légende de Jimmy. « Michel Berger, sa musique, la qualité de son  univers, celle de l’équipe engagée dans l’aventure (Luc Plamondon, Tom Novembre, Nanette Workman, Jérôme Savary, Guy Pellaert…), j’avais très envie d’en être et j’ai adoré l’expérience. » Au point de récidiver avec Marilyn Montreuil au Théâtre National de Chaillot. Un spectacle écrit et mis en scène par Savary qui lui confie le rôle principal et celui de compositeur de la musique. Deux grands spectacles, plus de 300 représentations et 3 ans de navette entre sa base privée de Biarritz et la scène des lieux publics.

Je m’voyais déjà 2008-09, La légende de Jimmy 1990-91, Marilyn Montreuil 1991-92

Diane redevient l’auteur compositeur de ses débuts pour les albums Désir Plaisir Soupir (1996) et Popeline (2005). On comprend à les écouter que l’expérience acquise par l’artiste ne lui a rien fait perdre de sa fraicheur du temps des Gilberto, Si j’étais un homme, Souvent Longtemps Enormément, Savoir, Faire à nouveau connaissance, La légende de Jimmy. Au contraire. La mélodiste se surpasse, le compositeur ne se copie pas, l’auteur et l’interprète ont mûri. Diane Tell arrange, réalise et produit Popeline, offrant ainsi au public son album le plus personnel.

Elle donne des concerts en solo, en duo avec Robbie McIntosh ou avec des musiciens dirigés au Canada par Louis-Jean Cormier et Laurent de Wild en France…  Elle fait de la radio. Un rêve réalisé. Celui de créer un programme pour France Inter ! Ce sera Les Louves (2006), une série de 45 émissions sur 44 femmes d’exceptions dont : Fanny Ardant, Blanca Li, Madame Courrèges, Sarah Moon, Florence Arthaud, Assia Djébar, Agnès Varda… En 2008, elle joue et chante dans la comédie musicale Je m’ voyais déjà au Gymnase à Paris, un livret de Laurent Ruquier autour des chansons de Charles Aznavour… Elle produit et enregistre un album de jazz : Docteur Boris & Mister Vian (2009), une collection de grands standards de jazz adaptés et surtout déstandardisés par l’unique Boris Vian. « Le résultat? Un régal. – Ecrit Bruno Pfeiffer dans Libération – Vian n’aurait sans doute pas hésité à applaudir “Rue de la flemme”. Quel concentré de swing relâché! Quel modèle de grande chanson (tour de force de la traduction)! Pourquoi  citer seulement  le savoureux “Voyage au Paradis”. Les onze valent le coup.  Le disque passe comme un remède à l’imbécillité de la période actuelle. Editée finalement sur le label Celluloïd, chez  la start-up parisienne Believe, la profondeur légère de l’interprétation s’offre comme un cadeau. Les chorus de Laurent, huit ou seize mesures maxi, ne goinfrent pas la mise en place. La complicité de l’ensemble se ressent du respect flagrant que se portent les artistes. »

Popeline, Tout de Diane, Docteur Boris & Mister Vian

A peine s’achève une série de concerts avec le bon Docteur Boris, un nouveau projet se dessine: la réalisation d’un album au Québec. L’idée lui tombe du ciel avant même de savoir à quelle source puiser l’inspiration. Par ces hasards qui n’en sont jamais, cette source, Diane va la découvrir sur les rives de l’Harricana en Abitibi. Invitée à participer aux célébrations du 75ème anniversaire de Val d’Or (août 2010), Diane y fait la rencontre de l’auteur compositeur interprète Serge Fortin à qui fut confié la mission d’imaginer le plus grand spectacle jamais réalisé dans la ville. La fête l’emporte sur le rêve et la soirée emporte tout le monde ! Les deux Fortin chantent ensemble Sur la grande côte, une chanson de Serge. Mais quel maringoin a piqué ces deux-là ? Avant de quitter l’Abitibi, Diane laisse une musique à Serge, il lui écrit J’te laisse un mot. Dans l’intervalle qui suit, s’installe l’appétit d’écrire, la machine à faire des chansons s’emballe. Les mots et les notes ricochent sur la grande flaque. Mélodie et poésie fusionnent au grand large. Entre les pauses vaillantes à Montréal autour de micros, d’amplis, d’instruments, de musiciens et de collaborateurs convaincus et convaincants, ils travaillent ensemble chacun sur leur rive. Moins d’un an après la rencontre, Rideaux Ouverts est achevé. Onze chansons y racontent une seule histoire d’amour mais dans tous ses états. Etat de grâce, état second, état de guerre, état de paix, en drôle d’état… toujours sur le fil tantôt solide souvent fragile, l’amour ne tombe jamais dans le vide, il se métamorphose. D’une plage à l’autre. Les chansons de l’album ont tout en commun sur le papier, à l’écoute elles n’ont rien ou presque de semblables. Homogène mais pas monotone, l’album est un état d’union entre les personnes, les histoires, les états de l’âme, du cœur, des lieux et des liens qui s’en suivent.

Diane, Serge Fortin, Dan Cinelli à Montréal pour les enregistrements de Rideaux Ouverts

Comme Elisabeth d’Autriche, Emile Nelligan, Howard Hughes, Louis Jouvet et Ava Gardner, Diane Fortin est née un 24 décembre. Elle est le troisième enfant d’un père québécois et d’une mère américaine d’origine française. 11 générations et 3 siècles la séparent de ses ancêtres français. « Au début des années 60, papa prit la décision de poursuivre et terminer ses études de chirurgie à Paris et en famille. Nous avons traversé l’atlantique à bord de l’Homéric, un paquebot suisse au pavillon panaméen qui liait la France au Canada à l’époque. Je suis née à Québec, j’ai vécu à Paris ma première rentrée scolaire mais Val d’Or, c’est le domaine de mon enfance, la maison où j’ai grandi, le cercle de mon père, mes origines…. » On ne peut pas dire jusqu’où iront ni pour qui sont faites les chansons de Rideaux Ouverts, mais on sait de qui elles sont et d’où elles viennent.

Août 2011

31 décembre 2008

Mes 00′s

00’s

Bientôt 2010… la décennie est passée comme un train à haute vitesse dans ma courte vie ! Qu’ai-je fait ? De la musique, de la radio, des concerts… j’ai fait mon travail. J’ai signé en 2001 chez BMG, devenu Sony entre temps, un contrat de licence qui entraîna la sortie de 7 rééditions : mes premiers LP’s, d’une compilation : Tout de Diane et d’un nouvel album : Popeline en 2005. Le mariage Sony Bmg a permis la réunification de mon répertoire phono puisque 2 CD figuraient au catalogue Columbia au départ concurrent du label RCA… deux Labels mythiques aujourd’hui distribués par Sony. Le monde a connu ces 10 dernières années de grands changements, l’industrie de la musique s’est transformée sous la pression de l’évolution d’Internet et de la numérisation des contenus. Je travaille toujours avec l’équipe de Sony. J’ai retrouvé dernièrement aux commandes de Columbia Frédéric Rebet qui a suivi de prés en tant que DA la réalisation de Désir Plaisir Soupir.

Enfin, j’ai pu renouer avec mon public québécois et La Tribu de Claude Larrivée m’a fait tourner au Québec en solo et avec le musicien Louis-Jean Cormier et ses copains musiciens… Le cabaret, les Francofolies, le grand théâtre de Québec… une quarantaine de dates, pour la première fois depuis des lustres, au pays qui m’a vu naître, c’était très émouvant. A Paris en 2003, le Théâtre du Palais Royal nous a accueilli avec Robbie Mc Intosh, Paul Beavis et quelques invités et en 2006, j’ai pu réaliser une courte série de concerts en solo à l’Européen…

… et cette même année réaliser un rêve : produire et animer une émission de radio sur France Inter. Les Louves. Une série de 45 émissions sur 44 femmes d’exceptions dont : Fanny Ardant, Comédienne – Martine Monteil, Directeur de la Police Judiciaire – Satchie Noro,  Danseuse, Chorégraphe Aérienne – Blanca Li, Chorégraphe, danseuse d’origine espagnole – Madame Courrèges, Concepteur de prototype de voitures électriques, fondatrice de la maison Courrèges (avec André Courrèges) – Yasslam, Slammeuse, poète – Valérie Mréjen, Vidéaste, auteure et plasticienne – Marie-Christine Barrault, Comédienne, interprète – Clara Halter, Dessinatrice, créatrice de monuments pour la paix à Paris, St Petersburg, Hiroshima, Jérusalem – Sarah Moon, Photographe, vidéaste – Miss Kittin, DJ – Rona Hartner, Comédienne et chanteuse – Eugénie Bachelot Prévert, Petite fille de Jacques Prévert, s’occupe de la Société Fatras, peintre, plasticienne et vidéaste – Sandrine Piau, Cantatrice et musicienne, spécialiste de l’époque baroque – Florence Arthaud, Navigatrice – Claire Gibault, Députée européenne, chef d’orchestre – Assia Djébar, Ecrivain, de l’Académie Française – Catherine Maunoury, Écuyère du ciel, voltigeuse – Elsa Montagnon, Ingénieur responsable de la mission Rosetta – Catherine Destivelle, Alpiniste, championne du monde d’escalade – Claude Sarraute, Journaliste, écrivain, chroniqueuse – Chantal Thomas, Historienne, écrivain et essayiste – Hélène Hazéra, Journaliste, productrice et animatrice à France Culture – Claire Hivroz, Directrice de recherche à l’inserm (institut Marie Curie) – Florence Cestac, Auteur et dessinateur de BD – Muriel Abadie, Peintre, illustratrice, dessinatrice – Mine Barral Verges, Créatrice de costumes – Laurence Viallet, éditrice, fondatrice des éditions Désordres – Agnès Varda, Cinéaste, photographe, vidéaste et plasticienne – An Pierlé, Auteur compositeur et interprète Belge… et quelques autres. Toutes ces rencontres furent inoubliables.

En 2008, c’est l’aventure « Je m’ voyais déjà » qui occupe la plus grande partie de l’année, une comédie musicale de Laurent Ruquier autour des chansons de Charles Aznavour. J’interprète le rôle de Francesca sur la scène du Gymnase à Paris une petite centaine de fois et redécouvre l’immense répertoire d’un grand monsieur de la chanson française.

Pour terminer cette décennie, j’entame la concrétisation d’un autre vieux rêve, celui de produire un album de jazz en français… Son titre  : Docteur Boris & Mister Vian. Le répertoire : de grands standards de jazz adaptés et surtout « déstandardisés » par l’unique Boris Vian. L’album, dont Laurent de Wilde assure la coréalisation et la direction musicale est sortie en novembre 2009.

J’ai écouté cette musique entre autre :

Mirwais – Production 00
Madonna – Music 00
Stina Nordenstam  This is Stina Nordenstam 01
Susanne Abbuehl – April 01
Rubin Steiner – Wunderbar drei 02
Sussan Deyhim et Bill Laswell – Shy angels 02
Thelonious Monk -  85th Birthday Celebration 02
Andrew Bird – Weather Systems 03
April March – Triggers 03
Arcade Fire – Funeral 04
Beck – Guero 05
Arthur H – Adieu Tristesse 05
Troy Von Balthazar – Troy Von Balthazar 05
Ariane Moffatt – Le cœur dans la tête 06
Anni di Franco – Reprieve 06
Laurent de Wilde – The présent 06
John Mayer – Continuum 06
Tortoise – A Lazarus Taxon 06
Thomas Dybdahl – Damn Heart 06
Miss Kittin – Batbox 07
Marianne Faithfull – Easy Come, Easy Go 08

… et beaucoup de Jazz

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24 décembre 2005

Si j’étais un homme – L’épopée d’une pop song

Diane Tell chez Marilyn, backstage de l’Olympia en 1983

L’ÉPOPÉE D’UNE POP SONG

L’album Entre nous vient de sortir au Québec. A11 heures AM j’ai rendez-vous à Radio-Canada avec l’homme qui va changer ma vie sans le vouloir ! J’ai oublié le nom, le visage et la fonction exacte de celui qui me confia ce jour-là la flatteuse mission de représenter en tant qu’auteur compositeur le Canada au festival de la chanson de Spa en Belgique! Ni habituée de concours d’amateurs, ni amateur de compétitions professionnelles j’ai tout de même accepté ce rôle d’ambassadrice sans hésiter. Les participants devaient présenter des œuvres inédites. J’entrepris immédiatement la création de 2 nouvelles chansons ! Et c’est grâce à cette proposition de Radio-Canada, que Si j’étais un homme est née !

A cette époque joyeuse, je vivais à New York et c’est sur le bord de la route de Montréal à Manhattan que l’idée, le mélodie, le titre et le sujet me sont venues. Ce sera un slow… J’avais tout en tête mais rien encore de fixé sur la bande ou sur le papier ! L’air à peine ébauché dans la voiture prit la forme d’une chanson au 2350 Broadway où j’habitais, fière comme une fille de 19 ans qui habite une grande avenue d’une ville trop grande pour elle. Fraîchement libérée de l’école de musique du CEGEP St-Laurent de Montréal mais toujours imprégnée de jazz, je n’allais pas coucher sur deux ou trois accords minables mon thème majeur de concours ! Je me suis appliquée. Modulation comprise, la ballade s’étend sur une série de 26 accords et dure près de 5 minutes !

Il est 7 heures PM sur Broadway. Ma chanson terminée, voix chauffée et bières au frais, je fais entrer mon meilleur ami musicien de pallier. Je l’installe sur le divan et lui chante avec ma guitare pour la toute première fois la chose : Si j’étais un homme.  « So ! You like it Michael ? » (M.Holmes, réalisateur de l’album Entre nous) Pour toute réponse, j’ai le souvenir d’un commentaire très flou donnant l’impression très clair qu’il n’avait pas beaucoup aimé ! Ca tombe bien, j’ai écrit cette chanson pour le festival de Spa, pas pour Broadway !

Quelques semaines plus tard : Spa vers 2 heures PM. Quelle ambiance ce festival de Spa ! Show-biz  à l’ancienne, de vraies vedettes de la variété française posent pour les photographes, de vraies attachés de presse se remuent dans tous les coins pour personne, des producteurs accros, des éditeurs reconnus… en pleine expansion, tout le métier se déplace pour ce type d’événement à l’époque ! Je suis venue pour m’amuser et je me régale.

Sur scène au festival de Spa autour de 9 heures PM. L’heure à laquelle je suis programmée. Je vais enfin pouvoir chanter avec un orchestre pour la première fois en public Si j’étais un homme. Je ne sais plus quels autres titres j’ai choisi pour mon premier passage mais je suis passée… au second tour ! Entre les deux prestations j’ai retrouvé un membre du jury québécois que je connaissais bien et nous avons discuté sans gêne du concours. « C’est bien Diane ! C’est bien ! Formidable ! Tu as tes chances ! Ils ont beaucoup aimé ta voix. Tu devrais peut-être remplacer une ou deux chansons pour ton deuxième passage…

- Et quelle chanson dois-je supprimer en priorité d’après toi ?

- Celle qu’ils ont le moins aimée je crois, c’est comment déjà – Si j’étais capitaine – heu, tu vois laquelle ?

- Si j’étais un homme ?

- C’est ça ! C’est celle-là. Remplace-là par une autre chanson et c’est gagné. »

J’ai suivi son conseil, ai éliminé la chanson du capitaine au second tour au terme duquel j’ai été éliminée tout court. J’étais vexée comme une gamine de 19 ans à qui l’on propose un destin trop petit pour elle. Jean Falissard, artiste Barclay à l’époque, remporta en 1980 le grand prix du Festival de Spa avec le hit “Ca va”. Ca tombe bien, je n’ai pas écrit cette chanson pour un jury, je l’ai faite pour les gens ! Et puis il n’y a pas que la Belgique dans la région, il y a Paris et Barclay justement !

4 heures PM dans les bureaux de la maison d’édition Eddy Barclay. Paris enfin. Nous y entrons comme on entre dans l’histoire : par la petite porte toujours entrouverte aux victorieux spécimens à fort potentiel et aux perdants du festival de Spa. A peine entrée dans la pièce ou je suis reçue, j’ouvre solennellement mon étui de guitare et m’apprête à chanter quand l’éditeur qui n’était pas Eddy Barclay m’interpelle :

« Mademoiselle, qu’est-ce que vous faites ? hum ! C’est une… hum… c’est votre guitare ? »

-Il faut bien que je m’accompagne si je veux vous chanter mes nouvelles chansons.

-Vous n’avez pas de bandes ?

-Ah non, la chanson est inédite, je ne l’ai pas enregistré ! C’était la règle du festival !

-Bon bon, allez-y.  »

Il avait l’air gêné des gens qui veulent écourter un rendez-vous sans détruire vos rêves. J’ai fait mon numéro de chanteuse et il a fait son devoir d’éditeur. Il a démontré point par point tout ce qui dans ma chanson n’allait pas et m’en a fait écouter une autre qui elle était parfaite !

Rentrée à Montréal, le doute s’est installée dans ma tête et propagé dans mon entourage. Je ne souhaitais plus enregistrer Si… Et puis, dans la foulée, on m’invita à la télévision pour chanter ce que je veux. J’ai choisi d’interpréter guitare voix Si j’étais un homme pas encore enregistrée. Le présentateur l’a dit. Le public l’a senti. Tout le monde l’a vu à la télé « Wow ». Un vrai succès annoncé, un gros tube bien rond. L’album est sorti lancé comme une flèche il toucha sa cible dans le mil !

Nous avons eu beaucoup de succès ces trois soirs d’automne à la Place des arts. Les Français sont venus au concert puis au restaurant. Nous avons bu beaucoup de champagne et avons signé un contrat pour la France et l’Europe avec les Editions Barclay. Je m’en rappelle parce que  je ne me souviens plus de rien. C’est vous dire l’importance du moment ! Plus qu’inoubliable !

Le 11 mai 1981, l’avion atterrit à l’aéroport Charles de Gaules. Paris s’éveille avec une bonne gueule de bois de gauche. Le bon Mitterrand gagne à la loterie électorale et pour remercier ses fidèles d’avoir joué avec lui le bon numéro, il libère les ondes hertziennes d’un long silence et donne la parole aux citoyens sur les fréquences des radios libres. Le moment est tout bien choisi pour moi d’entrer en campagne dite de promotion. Stéphane Collaro m’invite le premier sur son plateau-show de la SFP et comme il a beaucoup d’esprit et tellement d’humour, il a conçu pour ma chanson un joli décor hollywoodien inspiré d’Autant en emporte le vent ! Rien que ça ! On me propose de m’habiller en Scarlett O’Hara. Je me vexe comme une fille de 20 ans qui ne veut pas y aller. C’est au tour de Michel Drucker de me recevoir, cette fois-ci en live avec 25 musiciens. Magnifique.

On entendit beaucoup d’airs sur les ondes de Paris avant que la chanson ne rencontre son public vraiment. Quatorze ou quinze mois plus tard, la bonne fée Monique Lemarcy eût l’idée salvatrice de me programmer à l’émission   « stop ou encore » sur RTL. Le jeu consiste à demander aux auditeurs de changer le programme musical plutôt que de changer de fréquence et coup de chance pour moi, ils en ont redemandé encore et encore. La chanson est entrée au Hit-Parade. L’Olympia m’ouvrit ses portes.

Si  j’étais un homme, je n’aurais pas écrit cette chanson. Cette chanson que je portais à bout de bras à mes débuts, me porte toujours aujourd’hui. On me répète tout le temps qu’un pareil succès fait de l’ombre à toutes les autres chansons. C’est vrai. Mais y’a pire dans l’existence que de vivre dans l’ombre d’un Soul romantique.

Diane Tell – aout 2011

01 janvier 2005

Elisa Point – La légende de Diane

La légende de Diane
Par Elisa Point
(auteur, compositeur, artiste chanteuse)

Reprenons du départ…

L’histoire commençait par « Si j’étais un homme », le livre eût un succès fou, best-seller musical il sacra Diane Tell « reine des déclarations amoureuses ». Chacun avait ce refrain en poche et Diane un talisman pour la conquête du Graal radiophonique.

Voix royale, timbre d’Ange, Damoiselle Diane prit son envol pour une jolie suite d’albums : Suivons « en flèche » Diane Chasseresse : « entre nous » « on a besoin d’amour » même si tout est « chimères » quoi qu’il arrive « faire à nouveau connaissance » : légende de Jimmy ou « Marylin Montreuil » la femme aux deux visages n’est pas que « désir plaisir soupir » : elle a le « degriff’ moi » d’une catwoman.

Apparaître disparaître réapparaître Princesse Diane n’est jamais là où on l’attend, d’un ciel à l’autre, le temps de réinventer son destin, elle poursuit sa course aux étoiles, solaire et intemporelle.

Figure libre de la chanson inspirée, au cœur de l’indicible jazz des émotions, Diane l’inclassable n’a jamais boxé selon les rituels du ring discographique. Elle a cet uppercut vocal qui met K.O. les plus sceptiques là au premier round.

Petit soldat sensuel armé d’une volontaire joie de vivre.

Peter Pan féminin à la mélancolie lumineuse ou vraie fausse Marylin au swing lyrique, Diane Tell, toujours la même, a mille et une femmes en elle : auteur, compositeur, arrangeur, réalisatrice, productrice mais toutes ces casquettes ne lui ont jamais fait la grosse tête.

Diane l’aérienne garde les pieds sur terre mariant le regard changeant de la mer à ses yeux de solitaire.
Elle nous livre aujourd’hui dans un écrin ce diamant de chair qu’est « Popeline », bijou de ballades sensorielles ciselé à l’or fin d’un roc taillé dans la pop, à ne porter qu’aux oreilles dans sa luxueuse simplicité.

Derniers rappels : Un soir d’hiver au Palais Royal, Diane l’Enchanteresse réveillant les rêves endormis de sa guitare pour nous offrir un bouquet d’inédits au parfum enchanteur.

Secrète dédicace à ceux qui la suivent dans l’ombre ou la lumière… L’histoire continue…Et la petite sirène de Biarritz, célébrée par les dieux anonymes, nous parle de ce que la vie lui chante de vagues en vagues contre vents et marées, inlassablement présente.

01 janvier 2005

Patrick Besson – Toute Diane Tell

Patrick Besson

(Ecrivain)

Toute Diane Tell

L’album « Tout de Diane « (BMG) s’ouvre sur une superbe version acoustique de « La légende de Jimmy », paroles de Luc Plamondon et musique de Michel Berger. J’étais allé voir à Mogador, « La légende de Jimmy », en 1991. Le spectacle ne marchait pas, je me suis dit que ça devait être bien. En effet, ça m’a beaucoup plu. La mise en scène funèbre de Berger annonçait sa mort, comme la chanson « Le paradis blanc ». F… était assise à côté d’un gros type qui lui faisait du genou. C’est de là que date ma manie, au spectacle, de placer toujours la fille qui m’accompagne au bout d’une rangée. Il y en a qui se plaignent, protestent qu’elles voient mal. Je fais celui qui n’entend pas.

Le deuxième titre « Souvent longtemps énormément » est de Diane Tell, paroles et musique. Il a été créé en 1981, dans l’album « Chimères ». C’est beau, de ne pas vieillir. Chance réservée aux grands livres et aux bonnes chansons. Tous les films vieillissent, même les meilleurs. Les tableaux c’est pareil. C’est parce qu’on les regarde. Le regard abîme, et à la fin il tue. C’est pour ça qu’il ne faut pas faire de télé.

« Si j’étais un homme » (1980). Vingt-trois ans n’ont pas passé sur cette ballade – cette ballade ? – d’une femme qui, par une étrange déformation de la nature, aime les hommes et veut les rendre heureux. C’est une plainte sérieuse, intelligente et romantique. Quelle force il faut pour créer, ne serait-ce qu’une fois dans sa vie, une œuvre qui touche tout le monde pour toujours.

Les septième, huitième et neuvième titres – « Savoir » (1984), « Faire à nouveau connaissance » (1986) et « Je pense à toi comme je t’aime » (1988) – sont mes préférés. Trois discours tendres et déstructurés sur la condition humaine féminine depuis dix mille ans. « Et c’est comme si / T’avais moins envie. » J’aime aussi beaucoup : « Faire à nouveau connaissance / A Montréal ou à Paris. » C’est simple et neigeux comme deux vers posthumes de Pouchkine retrouvés sur une lettre d’amour du poète écrite en français. L’important, dans une chanson, c’est la qualité de désir et la densité du chagrin. La nostalgie compte aussi pas mal. Impossible d’écouter Diane Tell sans penser aux êtres qu’on a perdus par notre faute. C’est toujours notre faute quand on perd quelqu’un, comme les cartes de crédit. Le manque d’attention ! « Je pense à toi comme je t’aime » raconte une amitié qui a un peu trop viré à l’amour, ce qui arrive souvent quand on embrasse son meilleur pote sur la bouche. Ça doit être la chanson gay culte de Montréal. Pourquoi les Canadiens français perdent-ils leur accent quand ils chantent ? Cela aurait-il un sens fondamental, genre : le chant est universel ?

Dans cette exquise compilation, où passe en 71 minutes et 8 secondes toute la vie d’une femme et où surtout son œuvre tendre, délicate et nouvelle est rassemblée dans ce qu’elle a de meilleur, une curiosité : « Les cinémas-bars », une chanson tirée du premier album de Diane, inédit en France (1978). C’était l’époque où elle faisait du jazz. Où elle était pure, comme me l’ont dit une fois des Québécois rencontrés en voyage. Elle a eu raison d’arrêter. Par la suite, elle a fait du Diane Tell, ça lui allait mieux. Cette fille est plus guitare que trompette ou saxophone. Il faut qu’on puisse entendre, quand elle chante, les battements de son cœur gros. C’est une chanteuse abandonnée, fière comme d’Artagnan. Provinciale et sportive, elle dure. J’ai déjeuné avec elle il y a quelques années en compagnie de l’homme qu’elle aimait. C’était en face de l’Olympia. Elle avait pris place à côté de sa guitare, nous laissant, à Nabe et à moi la banquette.

01 janvier 2004

Frédéric Shiffter – Lettre à Diane

Frédéric Schiffter
(écrivain, philosophe)
Lettre à Diane

Ton prénom, Diane, évoque pour moi le titre d’un album de Chet Baker que j’écoute quand le ciel bas et lourd de la mélancolie m’enveloppe. Or je sais, à tes regards, à tes sourires, à tes lectures aussi, que ce ciel, parfois, se pose sur toi. Si la musique est d’abord un air, c’est l’air qui nous manque pour lisser comme du velours nos brouillards intimes et nous donner la chair de poule.
Je ne t’apprendrai pas que les intempéries de l’âme, certains musiciens les appellent le blues. Or pour moi, Diane, tu es une chanteuse de blues. Dans chacune de tes chansons où tu mets ton cœur à nu, il m’apparaît comme un sniper solitaire qui se blesse au lieu de faire mouche : « Désir, plaisir, soupir, écris-tu, c’est une règle de trois, on vise et on tire vers le bas. » Tu chantes pour réparer tes lésions nombreuses. Ta voix les habille du taffetas de la pudeur et tes paroles les parent du charme que présentent certaines cicatrices.
Le sublime de ton blues c’est qu’on le partage avec joie – avec volupté, dirais-je quant à moi, la même que j’éprouve à la lecture de ces écrivains qui égrènent en quelques phrases courtes les moments de leur vie. D’ailleurs, toi, tu choisis tes mots comme une enfant solitaire ramasse sur une plage des coquillages brisés pour en faire un collier à sa poupée. Et sans doute ta musique vient-elle de là, du regret qu’on ne chante plus de belles ballades à la petite fille que tu étais il n’y a pas si longtemps.
Tout cela pour te dire, Diane, que même si tu n’es pas un homme, tu es mon crooner préféré.

31 décembre 1999

Mes 90′s

90′s

L’année 1990 débute par une télé au Brésil et la lecture au retour de mon répondeur saturé de messages de Luc Plamondon. Il me propose un rôle dans  » La légende de Jimmy « .

J’ai bien failli faire  » Starmania  » plusieurs fois, au Canada comme en France, mais je n’y ai jamais participé. Je voulais un rôle original dans une nouvelle production et je l’ai dit fièrement à Michel. Il a répondu « chiche ». Un an plus tard, dans l’avion pour Biarritz, je tombe sur une interview de Michel Berger qui raconte les grandes lignes de son projet de comédie musicale sur la vie de James Dean… Je me souviens m’être dit :  » on verra bien s’il tient parole !  » Il l’a fait et m’a engagée pour jouer le rôle de la groupie et surtout, il m’a donné la chanson titre  » La légende de Jimmy « .

Le metteur en scène de  » La légende !  » Jérôme Savary, avait en tête depuis ses années  » Grand Magic Circus  » d’écrire une version moderne de  » Certains l’aiment chaud  » de Billy Wilder avec Marilyn Monroe, Tony Curtis et Jack Lemmon . Il m’a proposée de jouer le rôle de  » Marilyn Montreuil  » petite chanteuse de banlieue, et de composer la musique de la pièce. Mine Verges m’a fait des robes sublimes, j’ai descendu l’escalier en tenue légère brillante et plumes roses façon Moulin Rouge cent quatre-vingts fois et ne suis pas tombée.

On m’a donnée un petit rôle au cinéma. J’apparais quelques minutes dans un moyen métrage de Jean Becker au côté de Fabrice Luchini et Lio. Rien de rare mais l’expérience m’a plu et chaque fois que je revois Fabrice… comme des retrouvailles !Fabrice Luchini Diane Tell en scène

C’était aussi la période des années Sony. Céline Dion cartonnait dans la même maison et les budgets d’enregistrement semblaient illimités. Pour  » Marilyn Montreuil  » nous avons mixé à Paisley Park, les studios de Prince et pour l’album suivant, je me suis installée 6 mois à Londres. Philippe Gondoin et Frédéric Rebet se sont occupés de moi et de tout. Robbie McIntosh, Gerard Presencer, Ian Thomas ont joué sur l’album, Steven Duffy m’a offert un duo magnifique, Caroline Dale a écrit des arrangements pour quatuor à cordes et nous avons enregistré à Metropolis, Maison Rouge et Withfield studios! la classe !

En 95, je me suis inscrite à l’aéroclub de Biarritz et j’ai appris à piloter dans l’espoir de partir en Afrique avec Air Solidarité aux commandes d’un monomoteur et en compagnie de mon instructeur. (Voir la rubrique Voyages sur le site dianetell.com)

L’association Zeruko Txalupa (Les pirogues du ciel) et son équipage, Gabriel Dartaguiette et moi-même, avons participé ensemble à 2 périples dont l’un nous emmena jusqu’à Zanzibar. Le président d’Air Solidarité Ted Marsaleix m’a fait marraine de l’association et prenant mon rôle à coeur, je suis retournée plusieurs fois en Afrique pour soutenir les actions humanitaires d’ASI (Action de Solidarité Internationale). J’ai renoué également avec la photographie et participé à quelques expositions, le plus souvent autour de l’Afrique.

A la même époque, avec Robbie Mc Intosh, nous avons créé à Accra au Ghana un spectacle en duo  » voix et guitares  » présenté ensuite dans toute la France et à Prague. En 99, accompagnés par Robbie à la guitare, Pino Palladino à la basse et Paul Beavis à la batterie, nous avons enregistré un concert acoustique à l’Église de Bidarray, ce fut tout simplement angélique. Je tenais mon groupe pour le prochain album !

Dangerous – Michael Jackson – Columbia 90
Nevermind – Nirvana – Geffen 92
Björk – Début 93
Massive Attack – O protection 94
Satellites – Les pieds orange 94
Serge Gainsbourg – De Gainsbourg à Gainsbarre L’intégrale 94
Bran Van 3000 – Glee 98
Emiliana Torrini – Love in the time of science 99

et tout aussi fort !!!

Come as you are – Nirvana – album : Unplugged in New York 1994
All I Wanna Do – Sheryl Crow – album : tuesday night music club 1993
Sarah McLachlan – Adia – album : Surfacing 1997
Le répondeur – Les Colocs – album : Dehors novembre – 1998
Cap enragé – Zachary Richard – album : cap enragé 1997
Quand j’aime une fois j’aime pour toujours – Richard Desjardins – album : Tu m’aimes-tu 1990

01 janvier 1996

Kriss Graffiti – Portrait

Kriss Graffiti
(écrivain, journaliste sur France Inter)
« Diane Tell est une créature qui a voulu devenir Créateur.
C’est un très grand blasphème dans le monde où nous vivons mais qui aurait pu lui être pardonné si elle n’avait poursuivi sa course vers l’abîme en y ajoutant d’autres forfaits, plus terribles les uns que les autres. Quelques exemples suffiront à vous permettre d’évaluer l’étendue de ses fautes.
Pendant que son interprétation de La légende de Jimmy restait 26 semaines au Top 50, elle citait publiquement Platon qui n’est pas, comme je l’avais d’abord cru, un choriste des Queen, mais un philosophe grec né 600 ans avant JC.
Vous avez entendu La Folie? Sur le dos d’un dinosaure s’est posée une alouette… L’alouette pécheresse s’est installée sur le monstre Show-Bizz c’est Diane, qui préfère l’écriture et la composition à l’exhibition en scène, et la cohérence avec elle-même aux arrangements faciles et aux tentations lucratives.
Mais la liste de ses crimes ne s’arrête pas là, c’est à peine croyable, Diane a quitté papa maman depuis l’âge de seize ans, et personne ne l’a dénoncée à la DDASS ou au juge des mineurs? On devrait la priver de télé pour la punir ! Impossible, elle ne communie pas avec les enchaînés, elle ne bronze pas devant l’écran chaotique. En un mot, ELLE N’A PAS DE TÉLÉ !!! Pire encore, elle préfère les librairies et elle est capable de lire plusieurs heures de suite SANS Y ETRE OBLIGEE !!!
Non, je ne peux pas continuer l’énumération de ses comportements asociaux, car cela pourrait provoquer des troubles de l’ordre public. Je ne vous dirai donc rien de sa vieille voiture brinquebalante, garée en pente pour pouvoir démarrer, ni des rendez vous qu’elle annule
les jours de pluie de peur de rester en rade. Je ne veux rien savoir non plus de la maison qu’elle bricole et repeint de couleurs vives à longueur de saisons, des collages qu’elle poursuit à l’encontre de
la « façon de vivre » socialement correcte.

Messieurs les jurés, vous savez maintenant à quel monstre vous avez à faire. Le procureur de la République requiert à l’encontre de l’accusée une vie de travaux d’intérêt public, consistant à gratter
le vernis des hommes qu’elle rencontre pour voir ce qu’il y a dessous. Affaire jugée ? Pas si sûr, car…
…quand on écoute la voix de Diane Tell, alchimie de murmures de jeune fille et de sensualité de femme, on est poussé à l’indulgence. La finesse de ses compositions (mais oui mais oui c’est elle qui compose), la douceur nostalgique ou enflammée de son interprétation, la force à vivre qui jaillit d’elle nous surprennent, au point qu’on oublie ses péchés et ses chagrins. Les mots de Diane sont comme les baisers doux amers qu’on échange avec la mer, juste après que l’écume de la vague soit passée sur nos têtes.
Qu’arrive t il donc dans ce monde entre ces électrons si différents, les femmes et les hommes ? « Ça devrait marcher, ça ne marche pas toujours… » Et puisqu’elle aime les philosophes et qu’elle est curieuse des idées, j’ai envie de lui répéter ce qu’inspirait à Lacan, grand psychanalyste devant l’éternel de nos inconscients, la question suivante : Vous qui avez entendu les témoignages intimes de milliers d’hommes et de femmes, qu’en retenez vous ? Après un long silence, il avait répondu « Je crois avoir compris qu’entre les hommes et les femmes euh quelque chose ne marche pas. »

Alors, on lui pardonne Platon et Alain, on ne lui en veut plus de n’avoir pas regardé le dernier assassinat en direct à la télé, on oublie Anglet et la frontière si proche, sa voiture nase, sa passion pour les films russes, les taches de peinture sur ses mains, toutes ses révoltes émouvantes et surtout de voir si clairement dans nos coeurs mis à nu, en nous montrant le sien.
Diane Tell, c’est le contraire de l’esbroufe. »