24 février 2013

La copie privée, à quoi ça sert ?

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a) Je m’adresse au grand public qui s’intéresse aux métiers de la musique, à tous les amateurs d’art en général, de musique en particulier et aux artistes et professionnels débutants qui souhaitent accéder à l’information leur permettant d’aborder sereinement l’organisation d’un projet artistique ou désirent se lancer à plus long terme.

b) Artiste évoluant dans le monde de la musique, je concentre mon propos sur le domaine que je connais le mieux et exclus d’autres domaines, comme le cinéma, également concernés par la copie privée.

c) Ce post est le premier d’une série à paraître au fil du temps sur la musique, ses métiers, ses acteurs, l’évolution des règles et des technologies qui façonnent son environnement.

La copie privée, à quoi ça sert ?

A une époque où le droit d’auteur est remis en question, où les industries de la musique et du cinéma sont mises en cause pour leur manières procédurières et leur façon agressive de défendre leur « infamous copyright », où la toile propose à la planète d’innombrables et d’inestimables contenus, où toute une génération de jeunes et brillants informaticiens transforment le monde et arrivent à s’approprier toutes les nouvelles technologies pour en inventer d’autres plus géniales encore et les applications qui en découlent, où chacun ressent le besoin de s’exprimer, de s’exposer, d’exister sur cette même toile, pour le meilleur et parfois pour le pire, tantôt anonyme – option mépris ou non, tantôt à la recherche de reconnaissance dans cette pêche aux « like » en ligne, le tout dans une confusion des plus certaine, où la numérisation permet la reproduction à l’infini de ces contenus…

Dans ce monde là, je crois sincèrement que la « copie privée » est un sujet/projet intéressant et probablement un moyen efficace parmi d’autres de donner aux créateurs les moyens de produire une œuvre d’abord et ensuite de vivre dignement de leur travail si cela est possible. Je crois aussi que la copie privée peut favoriser la création d’œuvres en participant à son financement sans pour autant pénaliser les amateurs, en particulier ceux si nombreux, qui survivent difficilement aujourd’hui. Je crois que l’art n’est pas qu’un produit de consommation et de divertissement destiné à alimenter en contenu les riches industriels et distributeurs d’appareils électroniques. Je crois que l’art est indispensable à l’être humain, que l’art est la nourriture de l’âme, tout ce que l’homme peut et l’animal ignore. Je crois que la copie privée fait partie de la solution et non du problème.

 (pour approfondir, cliquez sur les liens)

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Jésus multiplie les petits pains pour nourrir ses followers plus nombreux que prévus à son pot de départ… il y a 2000 ans se pose déjà la question de la copie privée !

Qu’est ce que la copie privée ?

La copie privée est une exception au droit d’auteur et une loi qui permet de rémunérer les auteurs, artistes interprètes et producteurs en contrepartie des reproductions qui sont faites des Å“uvres sur des supports tels que les DVD, clés USB, disques durs externes… Un système qui participe au financement de la culture en général et en particulier à celui des Å“uvres que l’on peut reproduire sur un support vierge pour son usage personnel ou privé. Elle a été instaurée en Allemagne en 1965, bien avant le phénomène Internet.

Ex. : on peut reproduire des Å“uvres musicales, films, jeux vidéos, textes, images – sur des supports tels que : disque dur, CD-R, DVD-W, clé USB, téléphone mobile muni d’une mémoire, baladeur etc.

La culture et la copie privée – Site Français

Perception de la rémunération pour copie privée

La copie privée participe au financement de la création d’œuvres telles que citées plus  haut mais pas seulement. Des milliers de manifestations culturelles en France profitent de la copie privée, et ça se passe tout près de chez vous.

5000 manifestations soutenues chaque année en France

Comment ça marche ?

Lorsque vous achetez un support vierge ou un appareil muni d’une mémoire, une petite partie du prix d’achat est reversée à l’ensemble des créateurs de contenus culturels. L’idée est d’obtenir des industriels une indolore diminution de leurs marges afin de contribuer au financement du contenu sans lequel les outils qu’ils vendent n’ont aucune utilité. Ils en ont les moyens. Qui paye, qui collecte ?

A noter que les sommes perçues par les ayants droits sont proportionnelles au volume des ventes ou à l’étendue de la diffusion générés par une oeuvre. Pas ou peu de diffusions ou de ventes = pas ou peu de droits versés. Pas de miracle ici… on ne prête qu’aux riches comme toujours ! Cela dit, la copie privée participe au financement des projets d’artistes en développement par le biais de l’aide à la production. Sur le sujet, la SACEM a créé un site des plus intéressants, Mon projet musique. On y trouve tous les programmes d’aide à la production, pas seulement ceux initiés par la SACEM. Ces programmes sont généralement très favorables aux jeunes artistes et pour beaucoup financés par la copie privée.

Quelle est la différence entre le droit d’auteur et la copie privée ?

Dans le domaine musical, les droits d’auteurs sont traditionnellement reversés aux auteurs, aux compositeurs et aux éditeurs d’une Å“uvre. La copie privée, en plus de rémunérer les  « A/C/E », reconnaît les droits des interprètes, des musiciens et de producteurs de phonogramme.s C’est une évolution juste et positive. (L’interprète, c’est tout de même celui qui porte la chanson dans les médias dans l’espoir d’atteindre le public. Le producteur est souvent le seul à mettre l’argent sur la table pour produire le phonogramme. Sauf erreur de ma part du gâteau, leur part à eux est justifiée !)

Quelles sociétés gèrent les revenus de la copie privée et les redistribuent aux ayants droits ?

En France

qui représente qui :

ADAMI > les interprètes

SPEDIDAM > les musiciens

SPPF > les producteurs indépendants

SCPP > les majors en général mais pas seulement

SACEM > les auteurs compositeurs et éditeurs

Au Canada

ARTISTI > interprètes et les musiciens

SOPROQ > les producteurs de phonogrammes

Les auteurs, compositeurs et éditeurs au Canada peuvent être représentés par la SOCAN ou par la SODRAC

Ces sociétés ne sont pas gérées par les gouvernements, elles sont indépendantes et leurs membres ou sociétaires en sont les propriétaires. Elles négocient avec les industriels, les diffuseurs ou autres partenaires de l’industrie au nom de l’ensemble de ses membres, les représentent également auprès des commissions gouvernementales qui rédigent les lois affectant nos métiers. Elles perçoivent une commission sur les sommes qu’elles reçoivent et redistribuent à leurs sociétaires.

Combien ça coûte ? Quel montant est destiné à la copie privée lorsque vous achetez un appareil avec mémoire intégrée ou un support externe ?

Voici quelques exemples :

Pour un support DVD-R de 4,7 G – environ 0,90 €.

Un disque dur, en fonction de sa capacité – de 8,40 €  à 20 €.

Une Clé USB – de 0,10 à 0,20 (€/Go) en fonction de sa capacité.

Mémoire intégrée à un téléphone mobile - de 0,23 à 0,70 (€/Go). Exemple, environ 8 € pour un téléphone doté d’une mémoire de 16 G.

 Tarifs applicables sur le site Copie France

La copie privée est-elle appliquée dans le monde entier ?

Non. Elle est appliquée dans tous les pays de l’Union européenne à l’exception de Chypre, du Luxembourg, de l’Irlande, de Malte et de la Grande Bretagne.

Voir la fiche Wikipédia

En Espagne, la copie privée n’existe plus depuis le 1 janvier 2012. Lire l’article de PC Inpact.

Au Canada, elle est en voie de disparition et de toutes les façons ne s’applique qu’aux CD-R. Mais qui grave encore des cd de musique ?

Sites CPCC et Socan sur le sujet.

Les États-Unis ont un droit semblable mais qui impose une contribution à seulement certains médias numériques (comme DAT). Hum… qui utilise encore un DAT ???

Cette contribution augmente-t-elle le prix d’un appareil muni d’une mémoire – un téléphone par exemple ?

J’ai fait une petite recherche, un IPhone 5 acheté sans abonnement coûte un peu moins cher en France (copie privée appliquée) qu’en Angleterre ou en Espagne (où la copie privée n’existe pas/plus).

Prix de l’IPhone 5 Sans forfait avec un opérateur en France

639€ pour le 16 Go

739€ pour le 32 Go

839€ pour le 64 Go

Source : The Hufftington post

Prix de l’IPhone 5 Sans forfait avec un opérateur en Espagne

IPhone 5 16GB: 669 €

IPhone 5 32GB: 769 €

IPhone 5 64GB: 869 €

Source : Wikinoticia

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Prix de l’IPhone 5 Sans forfait avec un opérateur en Angleterre

16GB iPhone 5 – £529 – 652.87€

32GB iPhone 5 – £599 – 739.24€

64GB iPhone 5 – £699 – 862.63€

Sources : Price Adviser et PC adviser

Prévision ?

Sale temps pour la création selon le magasine publié par la Sacem. A lire format PDF.

On imagine mal un gouvernement français sans son ministère de la Culture et ses célèbres ministres : André Malraux, Alain Peyrefitte, Françoise Giroud, Jack Lang, Catherine Tasca, Renaud Donnedieu de Vabres et aujourd’hui Aurélie Filippetti pour ne nommer qu’eux. Existe-t-il en Amérique du nord un ministère équivalent ?

Je ne suis pas spécialiste de la politique américaine mais il semble qu’aux U.S., la culture est surtout financée par le privé, les sponsors, les marques, les fondations, le mécénat et le public !

Pas de « ministère de la culture » au Canada mais un organisme qui se nomme « Patrimoine Canada ». Ca fait pas très jeune !! LOL ! C’est notre ministère de la culture au Canada ! Et une commission du droit d’auteur qui semble ne pas trop aller dans le sens des auteurs ces temps-ci d’après les échos des gazettes ! Remarquez que sur la photo, on y voit que des artistes québécois et québécoises…

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Parmi les artistes qui participent à la manifestation on reconnaît, sur la photo, Yann Perreau, Ariane Moffat, Robert Charlebois, François Cousineau, Michel Rivard, Louise Forestier, Luce Duffault, Gilles Valiquette et Luc Plamondon. – Photo : Jacques Nadeau – Le Devoir

Le gouvernement de la province de Québec a son ministère de la culture et des communications mais, hélas, le Québec n’est pas un pays ! Re-Lol !

Les gouvernements votent les lois qui régissent les droits des créateurs. A bon entendeur !

La section FAQ de la SACEM répond à quelques unes de vos questions sur la Copie Privée.

(Tous les liens vous permettent d’approfondir ce que j’explique brièvement avec de simples mots. N’hésitez pas à commenter, ajouter des informations, communiquer des liens intéressants, corriger mes erreurs, donner votre avis.)

BONUS

Image de prévisualisation YouTube

TPB AFK (The pirate bay – Away from keabord) est un documentaire sur le procès des fondateurs d’un des plus grands sites de partages de fichiers au monde : The Pirate Bay. Film très intéressant qui décrit bien les rapports conflictuels entre les « pirates » et les « copirates (corporate copyright owners) ». A voir pour mieux comprendre les enjeux et l’importance d’inventer au plus vite de nouvelles règles du jeu dans ce monde devenu terre à toile !

EXTRAITS

Captures d’écran tirées du documentaire.

MOTS DE PIRATES 01

MOTS DE PIRATES 02

La copie privée fait partie de la solution…

30 octobre 2012

Frequence Diane ! 500 articles publiés depuis le lancement de ce blog !

 
Pour ceux qui aiment les statistiques en voici en voilà ! Depuis septembre 2008 et le lancement de ce site dans cette version (nous avons réalisé plusieurs sites  avant celui-ci, sommes en ligne depuis 1996), nous avons publié 500 articles ! (celui-ci est le 501 ème) Tous toujours en ligne avec leurs 5600 commentaires.
 
En ce qui concerne la fréquentation, voici quelques chiffres…
 
Visites: 254 508
 
Visiteurs uniques: 165 774
 
Pages vues: 789 221
 
Pages/visite: 3,10
 
Durée moyenne de la visite: 00:02:50
 
Taux de rebond: 46,70 %
 
Nouvelles visites (en %): 65,13 %
 
Merci à vous d’avoir pris le temps de nous lire !!!!
06 décembre 2011

Streaming ou le patinage artistique de l’industrie musicale !

Palais Moncalm à Québec, octobre 2011 – I Art – D.Tell

Ma réaction à l’article de Martin Untersinger publié sur le site Rue 89

Musique en ligne : Spotify, pari (à moitié) réussi

Ah qu’il est beau le débat ! Le fabuleux destin de l’industrie de la musique !  Les sujets fusent (hier Hadopi aujourd’hui le Streaming) et les commentaires abusent ! Tout ce que l’on a entendu sur Hadopi jadis ! Fini le stockage de fichiers, vive le streaming ! Mais que fait donc Hadopi ?

Parlons un peu de contenu. Car pour streamer il en faut !

Pourquoi investir 50 000 € dans la réalisation d’un album ? (c’est juste un exemple : un coût estimable pour la réalisation d’un album de chansons originales, créé en studio, avec ses photos, sa pochette physique et digitale, mixage et master pro, interprété par des musiciens vivants et tutti quanti – hors promo et publicité) Pourquoi cet investissement puisque les albums ne se vendent plus ? Parce qu’un artiste doit fixer son travail pour espérer le proposer en concert, espérer passer à la radio, espérer toucher quelques droits d’auteur, voisins ou autres, espérer sortir du lot sur internet, espérer trouver son public, espérer vendre quelques exemplaires de son travail fixé à l’issue des concerts, sur I Tune ou à la Fnac… et finalement espérer vivre de sa musique ce qui n’est pas gagné.

C’est tout un ensemble de droits et revenus générés par cette exposition publique qui crée la valeur « financière » de la musique. Spotify est une source de revenus, probablement éphémère parmi beaucoup d’autres en fonction des pays, de la notoriété de l’artiste et des styles musicaux. Une chose est à peu près certaine, le modèle économique de Spotify fonctionne pour Spotify et ses actionnaires! Ce modèle n’a pas été créé pour protéger et nourrir les artistes pas plus que l’industrie de la pêche n’a été inventée pour protéger et nourrir les poissons ! L’art est une richesse exploitable comme une autre et la cupidité humaine n’a pas disparu (ni n’est apparu) dans les mailles d’Internet !

Les royalties c’est bien quand il y en a mais il existe d’autres sources de revenus pour l’artiste/producteur (souvent multifonctions !) Au Canada : SOCAN, SODRAC, ARTISTI, SOPROQ,, en France : SPPF, ADAMI, SACEM, SDRM fourmillent de personnes louables dont la mission est de protéger nos droits et nous les redistribuer ensuite. Ils font respecter les lois acquises, en proposent d’innovantes adaptées aux  nouveaux formats. C’est leur job mais là encore, pas de miracle dans les tuyaux, il faut un peu réclamer son du !

Les modèles économiques de l’industrie musicale vous dites ? Ils sont excellents pour l’industrie musicale un point c’est tout. Aujourd’hui : I Tune, hier Sony, (des exemples parmi d’autres), toutes les industries doivent générer du profit, c’est le but. Chaque branche doit porter ses fruits ! Sinon, on scie la branche quand ce n’est pas l’arbre ou la forêt toute entière. L’ancien modèle économique des « majors » que nous connaissions depuis les années 80 était excellent pour les majors dans le contexte de l’époque, pas pour l’artiste. Il ne l’est plus car nous vivons dans un autre monde. D’un côté sont mis en marché tous les jours de nouveaux jeux, consoles, applications, forfaits et autres divertissements payants et de l’autre, on dématérialise le contenu artistique dont la valeur marchande finit par échapper à tout le monde…  ou presque.

C’est la dématérialisation des choses qui chamboule tout dans notre domaine. D’autres révolutions techniques ont rayé de la carte habitudes, systèmes, savoir-faire, emplois et richesses… devons-nous les citer ? Mais deux ou trois choses n’ont pas franchement aidé la filière. 1) Le prix de la musique n’a jamais vraiment été fixé ou régulé (comme celui des livres ou des places de cinéma). Les distributeurs de musique pratiquent des politiques de prix complètement absurdes depuis toujours ! Up down up down… Gratuit, budget price, mid price, full price, prix vert, prix rose, prix d’appel, c’est dans tous les contrats de disques… Le public du coup n’a aucune idée de la valeur d’un morceau de musique. On peut le comprendre.  2) Internet est un espace virtuel à la fois distributeur et diffuseur : ici Radio France et la Fnac logent à la même enseigne.  Dans l’esprit des gens, la diffusion c’est gratuit, la distribution c’est payant ! Spotify et son streaming  est un modèle entre les deux. Un peu comme Canal + : on règle l’abonnement et on se tape la pub ! La vérité c’est que si tout n’a pas de prix fixe, tout à un coût réel. 3) Si Internet innove par l’extraordinaire accessibilité instantanée et à l’infini de tous les contenus possibles jamais fixés, les radios elles continuent d’appauvrir leur playlist en brulant quelques bons titres jusqu’à l’écoeurement, ou au contraire en passant en boucle une chanson qui nous déplait jusqu’à ce qu’on l’AIME ! Berk dans tous les cas…

Les systèmes d’exploitation des richesses, qu’elles soient naturelles ou artistiques, ont rarement pour vocation de préserver ou développer celles-ci. C’est comme ça dans tous les domaines et à toutes les époques.  Vous connaissez la règle ? 80% des profits générés par 20% des produits ! De nos jours, je crois même que l’écart se creuse, tout se passe comme avant, dans l’ancien monde analogique. Valoriser le contenu artistique et sa qualité n’a jamais été une option pour l’industrie. Seul compte le chiffre, pas le prix de vente, la quantité d’unités vendues. C’est sans doute ce qui explique la hausse colossale de la production musicale en cette période de chute libre des ventes. On vend moins d’unités, on fait moins de marge alors on produit plus. Elle est là la réaction de l’industrie à la CRISE !

Mais revenons au débat : gratuit vs payant. Est-ce que les 57 millions de « vu » sur You Tube de la chanson « Someone like you » d’Adèle a empêché l’artiste de vendre des CD, des places de concerts ou autres produits dérivés ? Non. Quand ça marche, ça marche sur toutes les plateformes payantes ou non, à tous les étages des magasins et sur toutes les fréquences. Ca n’arrive pas à tous les artistes et pour tous leurs albums ! Loin d’ici, très loin de là. C’est un petit miracle le succès ! Mais on ne peut pas construire un modèle sur la base d’un miracle à moins d’être au paradis des croyants !  Restons sur terre ! Le problème à résoudre pour la plupart d’entre nous artistes est celui-ci : ce métier peut-il être viable sans passer par la case succès massif ? Selon l’industrie non. Elle tire un trait sur tout ce qui bouge en dehors des classements.

Il suffirait aux artistes d’inventer un ou des modèles économiques équilibrés qui leur soient favorables « en croisière », mais ce serait tout comme demander aux poissons de s’emparer de l’industrie de la pêche, une utopie !

11 juillet 2010

Musique quand tu nous tiens ! Moi aussi je tiens à toi !

Aie ! Excédents de souvenirs, de plaisirs, de bagages et d’émotions assurés ! Voilà la pile de CD’s que je ramène chez moi à l’issu de ce très beau voyage au pays. Que de très bons disques par d’excellents artistes. Tous différents et à découvrir ! Et on nous dit que le métier se porte mal ! Le métier peut-être mais la musique tient le coup dur, et les durs d’oreilles n’ont qu’à mal se tenir dans le bruit de leur monde sans poésie.

J’ai fait mes achats à Québec chez Sillons « le disquaire qui connait la musique », c’est écrit sur leur site. Merci d’exister les gars. Certains albums m’ont été offerts par les artistes que j’ai rencontré et aimé au premier coup d’oreille mais la plupart choisis et recommandés par les deux passionnés qui tiennent boutique depuis 25 ans sur nos terres promises et gonflées de promesses !

Sur la 20, entre Québec et Montréal, j’ai écouté des extraits de tous ces albums, tripoté les pochettes, lu les mots, vu les images, suivi les lignes graphiques. Pour ça l’automobile, c’est super ! Surtout lorsque l’on ne conduit pas ! Ca occupe le passager et divertit (sans trop le distraire) le conducteur ! Qu’est ce que c’est beau un CD ! Comme l’écrit dans l’une de ses chansons mon cousin-fortin, (serge pas fred), je suis peut-être comme « ces beaux p’tits tétards du lac qui deviennent des gros, des moches pis des vieux crapauds » un peu passée, un peu dépassée, un chouia classée sans suite dans les idées  mais un CD c’est tout de même mieux qu’un fichier. Y’a que les cons pressés pour ne pas apprécier la belle matière. Un fichier c’est comme l’argent, ça n’a pas d’odeur, on se sent privé d’un sens.

En août, je reviens chez nous en Abitibi et vais découvrir encore toute une bande de fous de musique, de fous tout court et rentrerai avec d’autres excédents de chansons !

L’idée d’enregistrer ici ma prochaine rondelle me chipote l’esprit. Nous n’en sommes pas encore là et pourtant, il faudrait déjà s’y mettre dedans, se pendre au coup du bon sort, s’en donner le large, en avoir le goût et les c……. !

C’était là ma manière de vous dire au revoir, vous qui m’avez si bien reçue et tant donné.

De haut en bas ! Karkwa, Patrick Watson, Eve Cournoyer, Zaz, Catherine Major, Mara Tremblay, Serge Fortin, Mumford & Sons, Damien Robitaille, Martha Wainwright, Bernard Adamus, Amylie, Ivy, Laurie Anderson, Guillaume Arsenault, Elisapie Isaac, Fred Fortin, Martin Léon, Samian, Natalie Merchant et absents sur la photo mais bien présents dans la valise depuis le premier voyage de juin (ils ont beaucoup voyagé) les albums d’Andréa Lindsay de Karen Young & Eric Auclair.

24 avril 2010

Vous avez aimez les sans-papiers ? Vous adorerez les sans-nationalités !

Buzz numéro 195 de l’année 2010 ! C’est l’histoire d’un fille verbalisée pour avoir conduit en état de niqab dont le mari serait polygame et pour ce fait risque de se voir déchoir sa nationalité française. Voir l’article détaillé sur Libé.Fr.

Peut-être que le seul but ici recherché est de faire peur aux français naturalisés. Cette femme verbalisée n’aurait pas due l’être d’après ce qu’on en dit. Elle décide (on lui souffle) de rendre public son histoire. Le sujet est chaud, il colle à l’actualité, elle n’aura aucun problème pour trouver preneur. Y’a ka. Réaction des officiels à cette bourde d’un policier transformée en boule de neige médiatique ? Plutôt que d’admettre l’erreur d’interprétation de la loi, on va attaquer fort. Petite enquête sommaire, un conseiller propose l’angle du mari qui est en réalité le témoin vu au télé-journal. C’est parti pour un tour de manège.

La sortie de Monsieur H. est un message adressé à tous les français naturalisés qui ne respectent pas la loi : « Vous êtes prévenus : La nationalité française n’est pas un acquis définitif. On peut vous la retirer ! » Pas la peine de vérifier si c’est juridiquement possible, le message passe comme un coup de poing sur la face. Tant pis si vous n’en avez pas d’autre sous le voile ou le keffieh de nationalité au cas où.

Vous avez aimez les sans-papiers ? Vous adorerez les sans-nationalités !

Abracadabrantesque comme disait l’autre !!!

Au journal de la mi-journée du 24 avril, un journaliste a dit que ce monsieur pourrait avoir entre 4 et 7 femmes !!!! Je demande à voir ! Déjà, passer une fois devant monsieur le maire, ça représente pas mal de paperasse… 4 à 7 fois sans divorcer, c’est Barbe Brune et les 7 Noire-Neiges ! Ou bien ce sont des femmes sur Second Life. Si Monsieur H. affirme avec autant d’assurance ce que l’on croit entendre, c’est que quelqu’un quelque part a (encore) mal fait son boulot ou alors c’est une scène du prochain film de Luc Besson : l’Edit de Nantes 2.0 ! De la haute voltige en 3D ou du bas de gamme mineure cette histoire ! On a tiré du même chapeau l’affaire Ali Soumaré !

Pour sûr, ce monsieur présumé polygame « Vu à la Télé » sera l’invité du Grand Journal de Canal+ dès lundi, accompagné de l’un de ces avocats très en « Vue à la télé » et friands de ce genre de dossiers ! En boucle au zapping ! Des colonnes d’éditoriaux au conditionnel ! Je vois d’ici tous les stagiaires qui vont passer le week-end à chercher des invités pour meubler les plateaux télé de la semaine prochaine. J’imagine toutes les équipes de tournages dépêchées sur Nantes à la pêche au poisson témoin exclusif ! Du bon grain pour les chroniqueurs ! Des milliers de commentaires ! Même moi je m’y suis mise !!!! Comment taire cette affaire maintenant que le buzz buzze ! Ne nous voilons pas la face ! Ce compte est (encore) une farce ! Même pas drôle !

Cette réflexion fut d’abord publié sur Rue89 en réaction à l’article – Mari polygame : qui peut être déchu de sa nationalité ?

18 octobre 2009

LE NET EN CLAIR (première partie)

« Comment No Comment » la presse écrite sous le coup des commentaires.

Le fond, la forme, le modèle économique… la presse écrite évolue avec son temps, pour le meilleur : XX1 et pour le pire : Closer… Les supports, off-line, on-line ou les deux mon capitaine, le buzz, la COM, l’intox, les sites communautaires, participatifs, etc… Le grand mixeur médiatique brasse aujourd’hui beaucoup d’information dont il ne reste au final pas grand chose de concret. Attention aux courants d’air, ça va souffler force 8 sur les plates-formes et c’est la faute au réchauffement médiatique !

Quelle différence y a-t-il entre Libé d’hier et Libé d’aujourd’hui, et c’est vrai pour la plupart des journaux et hebdomadaires ? Pour moi, c’est la place des lecteurs ou plutôt celle qu’occupent leurs commentaires. (Idem à la radio où les réactions d’auditeurs remplacent de + en + l’analyse de personnes compétentes. Au JT : témoignages et commentaires dominent l’information.) Parmi tous ces commentaires : à boire et à manger, à vomir et du saoulant. Voyage au pays des brèves Comment No Comment.

La presse Santiago-D.TellAvant le WEB 2.0, l’espace « courrier des lecteurs » d’un quotidien se limitait à quelques réactions triées sur le volet autour de sujets évoqués dans les numéros précédents. Aujourd’hui, à peine publié sur le net, un papier se voit commenté presqu’instantanément par des dizaines voire des centaines de lecteurs pressés de partager leurs impressions avec le monde entier. C’est impressionnant cette revue de presse permanente qui prend le dessus sur l’information. Le papier publié n’est plus que la rampe de lancement d’un débat incontrôlé (quoi que) où se mélangent propos idiots et remarques sensées… On ne peut plus lire un article aujourd’hui sans entendre l’écho du peuple résonner dans une cacophonie raisonnable ou déraisonnée balayant d’un trait d’humour ou d’un coup de couteau dans le cÅ“ur du sujet l’information elle-même. Tout le monde veut faire du Stéphane Guillon. Parfois, certains commentaires volent bien au dessus du niveau de l’article « officiel » mais c’est assez rare et ce qui frappe, c’est la quantité des réactions et la place qu’on lui accorde. Oublié le propos, le commentaire du commentaire s’impose sur un ton et avec un vocabulaire qu’aucun journaliste n’oserait utiliser. Derrière son écran, sous couvert d’un pseudo, des ovnis non identifiables se lâchent, lapident, dénigrent, encensent, déconnent… Peut-on s’étonner ensuite de l’arrogance avec laquelle s’expriment les politiques, y compris le chef de l’état, lorsqu’ils répondent sur le même ton ?… Nous vivons dans un monde ou la réaction massive écrase toute action… On en arrive à commenter les commentaires des lecteurs. (épisode : Edito d’Etienne Mougeotte – lynché par les lecteurs du Figaro)

Deux exemples, pas très exemplaires je l’avoue, de commentaires aux sujets du jour… On est dimanche, la machine médiatique sommeille…

Sujets : Les fichiers de la police nouvelle formule et le droit des femmes…

LIBÉRATION

Fichiers, Facebook et ta mère

En général, ceux qui crient au loup dès que l’on aborde le sujet des fichiers sont les mêmes qui exposent leurs vies sur Facebook et alimentent leurs blogs de conneries sans nom.

Facebook est le plus grand fichier de monde, bande de crétin.

En réaction à Deux nouveaux fichiers de police créés

Ginette, qu’est ce que l’on mange ce soir?

Ouais…bof..Ginette? Tu fais quoi à manger ce soir?

Andouillette purée? Tu te fous de moi, chérie.

J’amène pas une paye à la maison pour bouffer cette merde.
Sois gentille, fais nous une omelette campagnarde.

Merci ma biche.
And don’t forget the salad!

Bon…ok ok…mon accent laisse à désirer. N’oublie pas la salade.
Au boulot, maintenant, le match va commencer.

En réaction à «Les droits des femmes sont toujours mis en cause»

Le type qui a écrit ces deux crottes se « pseudo-nomme », Cash… quand je lis un truc comme ça, j’ai envie de regarder dans les yeux de la tête de cet individu, j’aimerais bien fouiller à l’intérieur pour voir de quelle matière grise, marron, rouge ou noir elle est fabriquée… que fait-il dans la vie, pourquoi ressent-il le besoin un dimanche matin de bonne heure de me traiter de crétine ou de Ginette casse-toi pauv’conne …  c’est un contributeur assidu de Libé, il écrit sur tous les sujets un peu toujours la même chose, tous des cons, moi le premier etc… il n’est pas tout seul à écrire ce qu’il pense sans réfléchir.

Autre exemple sur LE sujet PRIME TIME depuis son élection en la personne du président de la république. Ici un type, à contre courant défend le boss et la réaction ne se fait pas attendre…

MARIANNE2

En réaction à l’article : Sarkozy plus déconnecté que jamais

81. Posté par pilou le 18/10/2009 10:28


Encore une fois les frustrés et les jaloux s’expriment!!! On en veut vraiment à Nicolas SARKOZY. Les gens qui font ce qu’ils disent dérangent.
Que Jean ait 23 ans n’est pas un problème surtout quand on constate l’âge de tous les éléphants de gauche et comment ils ont amené la France dans le mur!!!
Oui pour un renouvellement de la classe politique et tant mieux si cela passe par Jean SARKOZY

89. Posté par victor57 le 18/10/2009 10:37


@ pilou
Tu es aussi aveugle et borné, coupé de la réalité et narcissique que ton dieu vivant Sarkosy 1er !! Incroyable de voir la « merde » que tu oses écrire ! Quelle connerie doublée d’une bonne dose de Sarko-narcissisme coupé de la réalité, du monde réel! La coke peut – être?

A la décharge de pilou, de victor56 et même du journaliste blogueur associé de Marianne, on ne sait plus trop quoi dire sur le sujet de sa majestueuse personne… mais c’est LE sujet qui buzz en permanence alors on continue « d’alimenter la bête », cela même que l’on reproche à l’intéressé…

Pourquoi les sociologues, les psychologues et autres spécialistes de nos parties molles n’analysent pas l’état d’esprit des anonymes qui s’expriment H 24 sur le net ? Ce serait tellement plus intéressant et révélateur que de publier les résultats de sondages dont les commanditaires, toujours les même, écrivent les réponses avant de poser les questions.

La presse pour un monde meilleur-D.TellPeut-on aujourd’hui parler de « dictature » des commentaires ? N’ayons pas peur des gros mots qui tachent, on nous le répète assez dans tous les domaines, on a ce que l’on mérite, Médiamétrie, sensée représenter la majorité des téléspectateurs, serait responsable mais pas coupable des décisions prises par tous les directeurs des programmes des grandes chaines, nous infligeant les affligeants programmes qu’on nous propose. Pardon. On ne nous propose rien, on ne nous impose rien, c’est « nous qu’on décide » puisque Médiamétrie c’est toi, c’est moi, c’est nous… Nous sommes donc les responsables des programmes à la télévision, responsables de nos élus aussi, de nos médias… Les commentaires des lecteurs sont à la presse écrite ce que le nombre des entrées du mercredi est au cinéma, ce que Médiamétrie est à la télévision. Seulement voilà. Je suis convaincue qu’il existe dans notre société une très large majorité de gens qui n’écrivent pas ou peu de commentaires sur les sites d’information qu’ils fréquentent. Je surfe tous les jours sur Rue 89, Arrêt sur image, Bakchich, The Media Trend, Libé, Marianne2, les blog de Gilles Klein, Riwal Ferry,  et beaucoup d’autres. Je lis leurs papiers ainsi que les commentaires de leurs lecteurs et je les Twitt, je fais passer. J’ai beaucoup de respect pour ces journalistes/blogueurs, pour leurs lecteurs et leurs contributions. Les premiers souvent écartés des titres officiels continuent de faire leur métier et les seconds, ne cherchent qu’à s’informer. Pour ma petite part, je soutiens mordicus le bon, le vrai, le pur journalisme et ignore ses clones.

Par ailleurs, je suis à peu près certaine que ceux qui écrivent des commentaires particulièrement odieux, compte tenu du contexte anonyme qui leur est proposé, sont d’un type très particulier et non représentatif de l’ensemble des citoyens.

La question que je me pose souvent lorsque je vais (le moins souvent possible) sur le site de Morandini prendre la température de la télévision : est-ce qu’on ne laisse pas dire n’importe quoi aux internautes pour alimenter, justifier une polémique qui ne pourrait exister sans ces commentaires violents ? Un journaliste ou un chroniqueur en a rêvé, un internaute l’a fait…

Mon impression primaire : donner une tribune aux gens c’est leur donner l’impression qu’ils agissent alors qu’en fait, on peut dire ce que l’on veut, ils (le pouvoir politique) font ce qu’ils veulent.

Oui à la liberté de la presse, non aux commentaires violents dont le but n’est pas de débattre mais d’abattre les idées.

Polémique mique mique
S’emballait tout simplement
Routiers, pauvres et puissants
D’un coup clic que clic que clic
Sur le net et en tous lieux
On n’en parle comme du Buzz dieu !

Sur le sujet « Net en clair » je recommande ces articles, ces blogs, ces trouvailles…..

1 – Pourquoi Internet agace Finkelkraut, Séguéla et les autres


lecture proposé par Enikao : In Defence of Principled Anonymous Blogging
15 septembre 2009

Hadopi adoptée ! té !

IMG_0944Aujourd’hui, l’assemblée adopte la nouvelle version de la loi Hadopi. Mes réactions aux articles suivants à lire en cliquant sur le lien correspondant :

ecrans.fr

lundi 14 septembre 2009 13:22

Hadopi 2, au pas de télécharge

Après moult rebondissements, la loi instaurant des sanctions contre les internautes pirates devrait être votée demain. Saga.

par Astrid Girardeau

Ne pas se fier à la violente sortie de Christophe Lameignère, président du Syndicat national de l’édition phonographique (Snep) et PDG de Sony Music France, qui, selon Metro, aurait ainsi assaisonné les anti-Hadopi : « Ils auraient vendu du beurre aux Allemands pendant la guerre. » Nuancé.

le 15 septembre 10:33:56

mon premier commentaire

Je suis artiste et internaute passionnée de musique et d’informatique depuis des lustres… j’ai écrit quelques mots sur le sujet… mais… depuis toujours dans l’industrie chacun sa place : la mienne (celle de nombreux artistes) ? Chante et tais-toi ! Laisse-faire les pros….

Pour commenter brièvement cet article, il me semble raisonnable de dire que c’est à l’industrie de la musique enregistrée et du cinéma de s’adapter à l’évolution de l’humanité et non le contraire, aucune loi, taxe, règlementation… n’entraînera un retour en arrière… allons de l’avant ! écrivons le futur ! ces allusions (comparaisons avec) à la collaboration me choquent profondément…

Je termine par une citation de Paul Krugman à méditer :

« Lorsqu’on partage un bien matériel, il se divise. Lorsqu’on partage un bien immatériel, il se multiplie. »

« Octet après octet, tout ce qui peut-être numérisé sera numérisé, rendant la propriété intellectuelle toujours plus facile à copier et toujours plus difficile à vendre plus cher qu’un prix nominal. Et nous devrons trouver les modèles économiques et les modèles d’affaires qui prennent cette réalité en compte »
— Paul Krugman

second commentaire le 15 septembre 17:01:29 – En réponse au commentaire de WiZZarD !

Vous dites : « Bref, le problème n’est pas le piratage, mais la taxation excessive de l’industrie musicale! »

Vous avez raison de parler de prix. Les grandes inconnues de l’industrie de la musique enregistrée sont les prix. A mon très humble avis d’artiste c’est la base du problème. Quelle est (1) la valeur d’un enregistrement, (2) d’un phonogramme, (3) d’un fichier ?

1)    La valeur de l’enregistrement
Un enregistrement est-t-il un produit ? Oui mais pas un produit comme les autres. Le coût de réalisation d’un enregistrement ne joue pas sur le prix payé par les consommateurs pour l’acquisition de cet enregistrement. Ce qui n’est pas le cas d’un sac à main, d’une voiture, d’une maison… On peut investir 10 000€, 100 000€ ou 1 000 000€ dans la production d’un album, à l’arrivée, il sera vendu au même prix. Quel prix ? Celui du marché ? Le bât blesse.

2)    La valeur d’un phonogramme.
Le phonogramme est l’objet. La reproduction de l’enregistrement sur un support physique (du 78tours au CD). Une chose que l’on peut acheter, posséder et ranger dans sa discothèque. L’industrie joue au yoyo avec les prix depuis des années. A un point critique depuis l’arrivée du format CD. Le même album sur un support identique est vendu tantôt prix vert, tantôt full price, prix découverte, prix vu à la télé, prix exclusif, prix club, de nouveau full price, puis mid price durée limitée, puis low budget, puis ré-édité en mid- price, puis re full price… Bref. Des pages d’abattements dans un contrat d’artiste ou de licence décrivent toutes ces possibilités en full détails et le tout se conclut par un formidable : « sur tous supports connus ou inconnus… ». Peu importe. A l’arrivée, le consommateur a une idée confuse de la valeur d’un phonogramme. On peut le comprendre. Une place de ciné vaut + ou – « y ». Le prix d’un livre varie en fonction de la qualité du support physique (livre de poche, beau livre, impression sur papier spécial, livre d’art…).

Je viens tout juste d’acheter sur le site de la FNAC une nouveauté :  « On n’est pas là pour se faire engueuler – Livre disque – Edition limitée – Prix – TTC 19,99 », livraison gratuite Colissimo. A l’intérieur, deux CD, un livre couleur de 60 pages avec couverture rigide, un très bel objet. Tous les chanteurs côtés de Paris y ont participé. Une grosse prod. comme on dit. A côté de cela, mon dernier album Popeline (2005-CD boîtier cristal-livret 16 pages),  est actuellement en vente sur le même site pour la modique somme de 21,80. Que voulez-vous que j’vous dise ? !!! Il est où le prix du marché ? On trouve tous les prix, n’importe quoi, n’importe comment, peu importe la qualité du support, la date de parution, la notoriété de l’artiste, le lieu de vente, la valeur de production ! J’en arrive à plaindre les commerciaux tentant d’expliquer aux acheteurs des magasins : comment ça marche !

3)    La valeur d’un fichier.
Tout ce qui précède étant dit, quelle est la valeur d’un fichier ? Je crois que vous l’avez compris… de Zero à… 1.29€. Pour les fichiers téléchargeables. Ensuite vous avez la formule streaming. Deezer par exemple. Site légal. Si j’ai bien compris, Deezer reverse un pourcentage de leurs recettes publicitaires aux ayants-droits de millions de fichiers ou à leurs représentants (la Sacem pour les auteurs, compositeurs, éditeurs, -les majors pour les artistes majeurs, par exemple) et avec lesquels ils ont signé un accord. Bon. Je ne suis pas qualifiée pour dire ce que ça représente en gros ni combien de temps Deezer va durer, mais je suis certaine de ne pas pouvoir répondre à la question : combien vaut un fichier?

Quand je raconte tout ça à mon mari, épicier, il me dit que dans son épicerie, s’il changeait tous les 3 jours le prix de la moutarde, il aurait des problèmes de gestion de stock et avec la clientèle. Il ajoute toujours : « mais je ne suis qu’épicier » !

En conclusion, je dirais que cette industrie de la musique enregistrée aux méthodes arrogantes s’est auto-détruite et aujourd’hui, tout comme le monde de la finance, elle souhaite que le gouvernement lui vienne en aide sauf qu’elle n’a pas le même poids dans le paysage industriel mondial et qu’il est probable que cette loi sera votée pour faire plaisir à quelques uns (lobby?) puis non appliquée pour ne pas froisser quelques autres (électeurs?) et que le fond du problème ne sera pas réglé pour autant. De tous les temps les droits dits d’auteurs sont réglés sur le prix des supports et la quantité des ventes. Retirez l’un et l’autre vous n’avez plus grand chose sur laquelle évaluer la valeur de ces droits. Le problème il est là. C’est le bordel ! + qu’hier – que demain !

Au moment exact où j’écris ces lignes, je reçois un sms du Monde : « Dernière minute : L’assemblé adopte la nouvelle version de la loi Hadopi. » On en reparle ?

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Internautes : et à propos, combien donnent-ils ?

De Wikipedia à Nine inch nails, ce qui marche (ou pas)

observatoire le 13/09/2009 par Sophie Gindensperger

mon commentaire

Don et fondation : petite remarque concernant la réussite de Wikipédia. Aux Etats-Unis, on peut attribuer le titre de fondation à toutes sociétés donnant chaque année un minimum de 5% de sa valeur. Les autres 95% peuvent faire l’objet de n’importe quel type d’investissement. Ces fondations et leurs donateurs bénéficient d’avantages fiscaux très intéressants. Il va sans dire que la mise en avant exclusive de l’activité non lucrative de ces sociétés donne au public une image flatteuse mais on peut imaginer que la motivation première de nombreuses fondations (pas toutes bien sûr) et donateurs (ni tous) est tout simplement l’avantage fiscal.
(Voir le dossier du LA Times concernant la fondation Bill Gates.) [www.latimes.com]

Jimmy Wales, l’un des 2 fondateurs de Wikipedia (l’autre a démisionné), a fait fortune dans la spéculation financière et avec la création d’un site de diffusion de photos coquines : bomis.com. Il fait l’objet de nombreuses critiques.

Voici ce que l’on peut lire sur le sujet :

Selon Jeff Merkey (Novell), Jimmy Wales lui aurait demandé de faire une donation à Wikipedia afin de modifier son profil en des termes plus favorables. Jeff Merkey aurait ainsi apporté chaque année une contribution de 5.000 dollars pour voir son profil modifié par les éditeurs de Wikipedia et verrouillé de sorte qu’aucun utilisateur ordinaire ne puisse y ajouter de commentaires.

Il a déclaré dans un communiqué :

« Jimmy Wales a accepté que je verse de l’argent à la Fondation Wikimedia afin qu’il use de son influence pour que soient retirés les propos diffamatoires de ma biographie et qu’elle soit protégée pour éviter que d’autres modifications puissent y être apportées », a déclaré Jeff Merkey dans un communiqué. « Plus tard, j’ai décidé de cesser de financer le projet Wikipedia après avoir eu connaissance de preuves de détournement et de mauvaise utilisation des fonds par Jimmy Wales et le conseil d’administration de Wikimedia. J’ai été immédiatement interdit du site Wikipedia par le comité d’arbitrage pour demandes frivoles et infondées après avoir mis un terme au versement annuel de 5.000 dollars au profit de la Fondation Wikimedia. »

IMG_0939télérama.fr

Débat telerama.fr
Hadopi, c’est pas fini
Comment sauver les créateurs sans museler les internautes ? Les avis sont partagés
Le 15 septembre 2009 à 10h45

commentaire du 15/09/2009 à 12h43

extrait….

On nous parle dans cet article d’éthique, de rémunération équitable, de justice pour les créateurs, de règles… C’est vrai qu’avant Internet, le showbizness avait la solide réputation d’être une profession d’éthique, avec un système de rémunération équitable, régis par une règlementation juste, un monde merveilleux où tous les artistes notoires ou en herbe étaient respectés, reconnus pour la qualité de leur travail… par l’ensemble de la profession en toutes circonstances….

voir aussi : St-Hadopi priez pour nous

De la cassette audio à la loi Hadopi

photos : D.T.

06 septembre 2009

St-Hadopi priez pour nous !

Le Quotidien L’Humanité  du 5 septembre 2009 publie :

Mitterrand lance un HADOPI III
(extraits en italique)
Le ministre de la Culture confie une mission « création et Internet » … (devant une salle bondée avec au premier rang un Pascal Nègre, PDG d’Universal, ravi,) … à Patrick Zelnik, PDG de Naïve (producteur entre autres de Carla Bruni), aux côtés de Jacques Toubon (1) et de Guillaume Cerutti, président de Sotheby’s France (2).

1 (politicien, ex ministre de la culture)
2 (société de vente aux enchères d’Å“uvres et d’objets d’art très haut de gamme)

Questions. Pourquoi avoir choisi ces trois éminentes personnes pour présider une commission censée «  faire des propositions concrètes sur des nouveaux outils de rémunération des créateurs » ?  Pourquoi ne pas avoir nommé à la tête de cette commission entre autres  compétentes personnes, un seul créateur ou un informaticien ou un représentant des internautes consommateurs de culture sur Internet ? Est-ce parce que tous ceux qui ne sont pas d’accord avec le texte de cette loi sont des pirates ? Des terroristes ? Qu’il serait inadmissible qu’un groupe terroriste puisse être représenté à la table des négociations ?

Le tout premier début de réponse à ces questions venant à l’esprit est que le but recherché n’est pas de faire des « propositions concrètes » mais de rendre un texte controversé qui ne passe pas, « votable » à l’Assemblée Nationale.  Ca passe ou bien… on repassera… jusqu’à ce que ça se passe.

Remarques. Si le terme « création » utilisé par nos as de la communication ministérielle est légitime, celui de « créateur » associé aux rémunérations n’est pas du tout adapté. Mieux vaut désigner les bénéficiaires de ces revenus par les bien nommés : ayants-droits, soit : les créateurs et interprètes bien sûr, mais aussi les producteurs, labels, distributeurs, éditeurs, sociétés de perception, agents, personnes ou sociétés propriétaires de tout ou partie d’une œuvre et … ils sont nombreux dans cette liste à ne pas être créateurs. Alors ne parlons plus de droits d’auteurs mais d’ayants droits.

« … le ministre de la Culture a déploré, jeudi, « des controverses déraisonnables, déraisonnées » .

Comprenez :  nous les politiques et les industriels sommes raisonnables et nos décisions raisonnées, vous les opposants contestataires êtes des irresponsables qui avez perdu la raison. C’est vrai que le merdier « dit : la crise » dans lequel se débattent des millions de gens n’est pas le produit des décisions des politiques, des industriels et des financiers… Non, c’est assurément à cause d’Internet et la faute aux geeks, coupons leur la connexion, on sera plus tranquille !

Je vous salue Hadopi pleine de grâce et la bise à St-Jude !

(voir plus loin dans mon commentaire – Popeline du 13 septembre – une information complémentaire de dernière minute)

06 août 2009

Jean-Marie Benoît, la fin de son jeu

Je viens tout juste d’apprendre que le compositeur et guitariste Jean-Marie Benoît nous a quitté cette semaine. C’est une bien triste nouvelle…. Si jeune. Il a créé toutes les guitares sur les albums « Chimères » et « En flèche ». Il a joué sur « Si j’étais un homme »… et sur … « Souvent, longtemps, énormément » à toi pour toujours.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Presse Canadienne : Arts et spectacles Musique

Jean-Marie Benoît n’est plus

Mise à jour le jeudi 6 août 2009 à 15 h 21

Le guitariste et compositeur Jean-Marie Benoît est mort en début de semaine d’une crise cardiaque, à l’âge de 54 ans.

On lui doit plusieurs musiques de films, dont celles de La Grande Séduction, La Conciergerie, Cruising Bar 2 Louis 19, et Jésus de Montréal. Il a figuré dans le film Night Magic (1985), de Lewis Furey, pour lequel il a également été guitariste sur la bande sonore.

Jean-Marie Benoît a travaillé avec les grands noms de la musique québécoise et canadienne, dont Robert Charlebois, Ginette Reno, Diane Dufresne, Rock Voisine, Céline Dion, Edith Butler et Garou. Il a aussi collaboré avec Starmania et Le Cirque du Soleil.

Il a également été chef d’orchestre de plusieurs émissions de télé, comme Le train de 5 heures.

L’Académie canadienne du cinéma et de la télévision a souligné la qualité de son travail, lui remettant trois fois le prix de la meilleure musique originale:

  • pour la série La fin des jeux, de Gilles Sénécal (1990)
  • pour le téléfilm Un autre homme (1991), de Charles Binamé
  • pour la série Zap (1994), produite par Lise Lafontaine