09 juin 2011

Le devoir : dans la bibliothèque de Diane Tell

« Il y a quelques mois, on s’en rencontré dans le lobby d’un hôtel de Montréal pour parler livres et lecture. Le temps a passé et le résultat de cette rencontre est désormais en ligne (depuis aujourd’hui) par abonnement gratuit via iTunes ou encore sur le site du Devoir, plus tard dans la journée.

Merci encore pour cette rencontre, pour ce voyage dans les bouquins qui ont marqué votre vie et pour votre participation à ce projet de balado du Devoir.

Vous pouvez bien sûr largement diffuser ce lien »

DANS LA BIBLIOTHÈQUE DE DIANE TELL

Fabien Deglise
Journaliste
Le Devoir

Je viens de recevoir ce mot de Fabien et d’écouter l’entretien qu’il a réalisé dans le hall de l’hôtel Germain à Montréal le 9 août 2010, la veille de mon départ pour Val d’Or à l’occasion du 75 ème anniversaire de MA ville ! Je me souviens de cette rencontre, quelques minutes après l’atterrissage ! Quel bonheur de redécouvrir ces livres ! Tendez l’oreille, ça vaut le coup ! Il suffit de cliquer sur le premier lien : Dans la bibliothèque de Diane Tell.

Les 5 livres de Diane

1 Friedrich Nietzsche – Poésies – Editions Gérard Lebovici 1984

2 José Ortega y Gassset – Ecrits en faveur de l’amour – Distance 1986

3 Mireille Havet – Journal (en plusieurs volumes) Editions Claire Paulhan – 2003/2010

4 Boris Vian – En avant la zizique – Le livre contemporain – 1958

5 Nik Cohn – A wop bop a loo bop a lop bam boom – Editions Allia – 1969 -1999 pour l’édition française.

13 août 2010

Val d’or 2010 – 2035

Les Valdoriens sont des gens très prévoyants ! Nous allons célébrer le soixante quinzième anniversaire de la ville de Val d’Or les 14 et 15 août prochains et déjà, se prépare le 100 ème… de 2035 ! On nous a demandé de proposer un leg (lettre, document, objet précieux, ou autre….) qui sera mis en terre dimanche au parc du 75ème. Dans 25 ans, le tout sera révélé au grand public… comme je ne peux rien vous cacher, voici ce que j’ai proposé…

Val d’or

Vallée de ma jeunesse dorée
Pays de tous mes premiers
Bassin de mes amours endormies
Dans le creux de tes vagues infinies

Petite jeune fille de l’humanité
Tu as aujourd’hui cent années
Cent ans d’histoire boréale
Et combien de vies vécues en ton val

Combien d’âmes planent encore
Au dessus de tous tes trésors
Du souvenir de tes richesses envolées
De ta fragile splendeur anémiée ?

Ta nature souffre de l’appétit
De nos désirs inassouvis
Pourquoi toujours en est-il
Ainsi de la survie d’une ville ?

Mais… en cet anniversaire
L’heure n’est pas aux vers
Alourdis de nos larmes
Fêtons plutôt tes charmes

Prenons le temps de vivre
Sur nos canoës ivres
Descendons l’Harricana
Jusqu’à sa source Ozawaconia Odena

Ô Val d’or
J’ai été ton amoureuse ton élève
Ton enfant gâtée de beaux rêves
Mon tsunamour d’enfance mon inspiration divine
Ne quitte jamais mon cœur tendre de gamine

Diane Fortin
Val d’or
Vendredi 13 août 2010

- 75 ème de Val d’or le site

- Le samedi 14 août, 20 h 30 -Spectacle à grand déploiement
La Société du 75e a le plaisir de vous offrir un spectacle à grand déploiement. Au crépuscule, près de 20 artistes offriront une prestation unique pour un spectacle à ne pas manquer. La scène extérieure de la Cité de l’Or accueillera pour la première fois simultanément Raôul Duguay, Diane Tell, Dany Bédar, Martin Bédar, Châkidor, Anodajay, Serge Fortin, Norman Crépeault, Barbara Secours, Melisa Pash, Dany Aubé, Rick Joncas et Alain Dessureault. Bref, ce spectacle offrira des images impressionnantes et une présentation pyromusicale à couper le souffle.

- Le dimanche 15 août, je serai en concert solo au Bar Bistro l’Entracte. Cette belle maison située dans le quartier historique de Bourlamaque est tenu par Louiselle Blais, la soeur de Ginette Blais, l’épouse de mon frère Paul et maman de mes deux petits neveux Antony et Michel… c’est donc une histoire de famille… Réservation au  819-825-9078

(Seul bémol, en cas d’orage électrique le 14 août, le spectacle du 75ème sera reporté au dimanche, et dans ce cas, ma petite prestation bonus ne pourra avoir lieu.)

09 août 2010

Préface – Fortunes de sable de Bernard Bacquié

Maquette d’avion, L’amour et la mort, des les caves d’Alphonse Mellot à Sancerre

Fortunes de sable

de Bernard Bacquié (roman à paraître)

Préface

Juillet 2010. Le commandant de bord du vol AF7834 s’adresse aux passagers pour annoncer le début de notre descente vers l’aéroport Nice-Côte d’Azur. Le capitaine est une femme. J’étais plongée dans le manuscrit de Fortunes de Sable de Bernard Bacquié quand cette voix féminine attira mon attention : « Bonsoir, je suis Madeleine Dorat votre commandant de bord… » J’abandonne ma lecture, les années folles de l’aviation, Latécoère, Casablanca, St-Ex, Dorat et leurs potes… Drôle de coïncidence ce patronyme…

La côte paisible plus dorée que d’Azur défile dans le petit cercle formé par le hublot sur ma gauche. D’un coup, tout me revient. Il y a 10 ou 15 ans, nous rentrions d’Afrique Gabriel et moi et sur le même trajet, à la même heure du soir, aux commandes d’un petit Cesna Cardinal, nous avons fait l’expérience du P.S.V. ! Le pilotage sans visibilité ! Le jour s’écroulait sous nos yeux impuissants. Le ciel n’en finissait pas de dégouliner, avec pour partenaire de jeu de la mort un vent fort en rafales et en travers. Nous survolions à basse mais décente altitude la mer sans perdre de vue la côte pour maintenir la hauteur et le cap. Deux repères sur le point de disparaître dans la sombre grisaille. Mal au cœur la demoiselle avec ses deux petites ailes toutes mouillées. Sale temps. On s’en est sorti comme dans un film qui finit bien.

Je reviens au manuscrit, aux exploits et mésaventures de Reine, Gourp, Dorat, Lécrivain, Tête, Serre et les autres. Bonnes ou mauvaises fortunes des uns, c’est le destin du groupe qui l’emporte au paradis des aviateurs. Des hommes intrépides, sans peurs ni pleurs mais néanmoins sensibles. Des hommes à femmes au moral d’acier avec un cÅ“ur d’artichaut. Des hommes à veuves aussi car beaucoup de ces fous volants se sont perdus au sol. Des hommes courageux, téméraires, épris d’un rêve, portés par un seul désir : voler. Je me souviens encore. La beauté arrogante du gigantesque désert du Sahara, le slalom entre les épaves de navires alignées le long des côtes de Mauritanie, les groupes de flamants roses au ras de l’eau, la nuit à l’hôtel de la Poste de St-Louis du Sénégal, l’escale à Cap Juby pour un ravitaillement express, le décollage des hauteurs d’Addis Abeba, les énormes cumulonimbus au dessus du lac Victoria, l’approche de Zanzibar… Des souvenirs recouverts d’autres souvenirs. Des heures de vol que le temps n’a pas effacées de ma mémoire. Il suffit d’ouvrir un livre et tout me revient.

Il est fort probable que mon expérience de pilote-navigateur-amateur sur les traces de la ligne Latécoère et des mots d’Henry de Monfreid me prédispose à aimer les récits qui causent de Mermoz et chantent les refrains de ses audacieux copains. J’aime les histoires qui planent et les impressions d’Afrique vues du ciel. Fortune de Sables est l’un de ces romans Rio de Oro où se côtoient, comme si on y était, tous les héros solidaires et indomptables de l’épopée de la ligne Latécoère, de son apogée jusqu’à la création de l’Aéropostale sous l’impulsion d’André Bouilloux-Lafont qui reprit « la Ligne » en 1927 et lança la liaison Europe-Amérique du Sud. Passage du vol à vue au vol par-delà les nuages et les océans. Si Saint-Exupéry, Mermoz et Guillaumet mettent le cap sur Buenos Aires, c’est le destin de la belle Yasmina qui prend les commandes du roman et nous entraîne vers l’Afrique de l’est et à la rencontre d’autres grands personnages de la littérature du voyage, Monfreid, Kessel… Notre héroïne n’a pas froid aux yeux ni aux fesses qu’elle sait fort jolies et n’hésite pas à s’offrir toute entière aux plus méritants des hommes qu’elle croise. L’histoire danse autour de cette amoureuse à la fois douce et endurcie, saharienne de cœur mais universelle de corps comme le disait autrement la belle Arletty à propos de ses amours jugées illicites lors de son procès d’après-guerre.

Plus qu’un roman, ce docu-roman a beau interpréter à sa manière les échanges entre ses prestigieux protagonistes et autres personnages de fiction, les faits sont avérés. Bernard Bacquié s’appuie sur du solide comme l’acier d’un Breguet 14 ou d’un Laté 26. Il connaît sur le bout de ses doigts de pilote expérimenté tout ce qui a été dit ou écrit sur le sujet qu’il affectionne tant : l’histoire des anciens. Il recoupe les témoignages d’époques, les versions d’écrivains, les documents d’archives et les photographies pour faire se croiser de réels destins à des carrefours souvent historiques, parfois imaginaires. L’auteur-pilote a sa licence poétique pour inventer des plans de vol au dessus d’un Western Talara avec : le bon Gourp, la brute Ould Hadj Rab et ces truands de R’Gueïbat. Les machines volantes aussi gracieuses que capricieuses, les chameaux des Maures et les troublantes Arabes dévoilées y jouent les rôles des locomotives, chevaux de cow-boys et autres belles de saloon du grand Far West.

Mon avion va bientôt se poser sur la piste de l’aéroport de Nice. J’attrape le Libé du jour à peine entre ouvert. Tiens le Sahel fait sa une. Même territoire, autres tribus. Les conflits de sang ou de sol changent de poignes. Les otages ne sont plus ces pilotes livreurs de courrier mais des humanitaires porteurs d’idéaux. Leurs libérateurs n’ont rien des frères d’équipage d’antan prêts à mourir pour sauver la vie d’un des leurs. Ils sont militaires, n’ont jamais rencontré les victimes ou leurs bourreaux, sont armés jusqu’aux dents et c’est pas pour mordre la poussière. Le désert avance et le vent des Fortunes de sable continue de souffler.

Diane Tell